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LE KESTU2VIENS AVEC ERMIN SILJAK

Il n’a passé que deux ans au Sporting Club de Bastia, mais Ermin Siljak a gardé de très bons restes de notre langue. Très gentil et attachant, j’ai eu beaucoup de plaisir à discuter avec lui. L’entendre me raconter son histoire et sa carrière, fût un merveilleux moment depuis ma création du Blog de Jayjay. Désormais entraineur, il est très motivé et à la recherche d’un défi de taille pour mettre en pratique ce qu’il a appris lors de ses stages d’entraîneurs auprès de Fatih Terim et José Mourinho notamment. Actuellement en Slovénie, il espère trouver un challenge et m’a précisé qu’une expérience en France ne serait pas pour le déplaire. Entretien avec l’ancien international slovène…

– Bonjour Ermin, tu es né à Ljubljana, en Slovénie et c’est là que tu vas faire tes premiers pas de footballeur. Peux-tu nous raconter ta découverte du ballon rond dans ton pays de naissance?

J’ai commencé le football à six ans et demi, dans le club du NK Ilirija en Slovénie. Puis j’ai rejoint le NK Olimpija Ljubljana où j’ai évolué jusqu’à l’âge adulte.

– Après ta formation, tu restes au pays où tu vas continuer à évoluer au NK Olimpija Ljubljana pendant trois ans. Que peux-tu nous dire de cette période?

Je suis dans le plus grand club de Slovénie et je découvre la première division slovène. Petit à petit, je prends mes marques. Je finis deux fois champion de Slovénie et je suis meilleur buteur du championnat avec 28 buts lors de ma dernière saison au club.

– Puis à 23 ans, tu choisis de rejoindre la France et plus précisément le SC Bastia. Comment s’est réalisé ton transfert sur l’île de beauté?

Je jouais dans l’équipe nationale de Slovénie des -21 ans. On était dans le même groupe de qualification pour le Championnat d’Europe que l’Italie de Christian Vieiri, Christian Pannucci, et que l’Ukraine de Serguei Rebrov et Andrei Chevtchenko. Or, je finis meilleur buteur du groupe avec sept buts. Je signe pour trois ans au SC Bastia, qui cherchait un vrai buteur pour remplacer Anto Drobnjak, en partance à Naples.

– Tu vas rester deux saisons en Corse, où tu ne vas pas beaucoup jouer (35 matchs de Ligue 1, 15 buts), cependant tu vas marquer quasiment un but tous les trois matchs. Comment expliques-tu ton faible temps de jeu au SCB? As-tu des regrets sur ces deux saisons?

Comme je le disais précédemment, je devais succéder à Drobnjak à la pointe de l’attaque bastiaise. Au final, son transfert capote et il reste au club. A l’époque, on n’avait droit qu’à trois joueurs étrangers, or nous étions quatre (Anto Drobnjak, Piotr Swierczewski, et Lubomir Moravcik). On m’explique que je ne serais pas inscrit pour jouer dés le début de saison. C’est seulement en novembre que j’ai pu jouer car Moravcik a été naturalisé. La deuxième saison, avec le départ d’Anto Drobnjak, je deviens l’attaquant numéro 1, mais l’entraîneur, Frédéric Antonetti, avait l’habitude de beaucoup faire tourner ses attaquants, donc je ne joue pas autant que je le souhaite.

– Après deux saisons au SC Bastia, tu rejoins la Suisse et le Servette de Genève où tu vas rester trois ans et demi. Pourquoi avoir quitté le SC Bastia? Comment se sont passées tes trois saisons et demi du côté du Servette?

Un jour, je demande des explications à Frédéric Antonetti sur son turnover et je lui explique que ça ne me plait pas de jouer un match et d’être remplaçant le match d’après. Il me répond que c’est lui l’entraîneur et que c’est que lui qui décide. A cette réponse, je décide d’appeler mon agent pour qu’il me cherche un nouveau club. J’étais peut-être impatient, mais je ne comprenais pas sa façon de faire.
Ce fût un choc car ce n’était pas la même chose qu’en France. Par exemple, c’était moins médiatisé et le niveau était moins élevé qu’en Division 1 Française.
Lors de ma deuxième saison en Suisse, nous sommes champion de première division. Malheureusement, lors d’un match en sélection face à la Grèce, je me blesse gravement à la cheville et je suis absent durant dix-neuf mois. Tout le monde m’a oublié, ce fût la pire période de ma carrière.

– Tu vas pas mal voyager par la suite, en passant de la Suède (Hammarby) à la Grèce (Panionios) pour arriver en Chine (Dalian Shide) et tout cela en trois ans. Que peux-tu nous dire de ces trois expériences? Pourquoi avoir tant changé de club en si peu de temps?

J’ai eu du mal à me remettre de cette période, mais sur les conseils de mon agent, je choisis de me relancer en Suède. Là-bas, je suis censé remplacer un joueur gravement blessé. Seulement, la blessure du joueur en question n’était pas si grave que prévu. On finit champion pour la première fois de leur existence, mais il décide de ne pas me garder à la fin de mon contrat pour des raisons financières.
Je pars à Panionios où je reste un an et demi. J’arrive en Grèce dans une période où il y avait de gros problèmes financiers dans le championnat. C’était la guerre entre les clubs et l’état grec pour une histoire d’impôt non-payé par les clubs. A la fin des négociations, on nous a divisé nos salaires de moitié.
Je choisis de prendre la direction de Dalian Shide, le plus grand club chinois à l’époque, où je vais rester quinze mois. On est arrivé jusqu’en quart de finale de la Ligue des Champions Asiatique.

« Je n’ai jamais eu une chance dans un club de m’exprimer totalement »

– A cette époque, tu te fais remarquer avec l’équipe nationale de Slovénie en inscrivant neuf buts durant les éliminatoires du Championnat d’Europe 2004. Ce qui fait de toi le meilleur buteur des éliminatoires. Comment expliques-tu cette réussite en sélection?

J’étais un bon buteur, mais malheureusement je venais d’un petit pays et je n’avais pas la reconnaissance que je méritais. La Slovénie n’intéressait personne à l’époque, médiatiquement c’était le néant pour nous. Par exemple, dans notre poule, il y avait la France avec Thierry Henry notamment, or il n’inscrit que six buts en jouant les mêmes équipes que moi. Lui jouait à Arsenal et moi en Chine! (Rires). Je n’ai jamais eu une chance dans un club de m’exprimer totalement.

– Tu vas revenir en Europe, où tu vas finir ta carrière en Belgique, à Mouscron. Durant deux saisons, tu vas évoluer en première division Belge. Comment se sont déroulées ces deux années à Mouscron?

Culturellement, c’était très difficile pour moi en Chine. J’avais 32 ans et j’ai décidé de quitter la Chine. Je signe à Mouscron qui essaie d’éviter la descente en deuxième division et on arrive à se maintenir.

– Tu es le troisième meilleur buteur de l’histoire de la sélection slovène, derrière notamment l’excellent Zlatko Zahovic. Qu’est ce que t’évoque cette place historique dans le football slovène?

Ça ne m’évoque pas grand chose. C’est très bien, mais je vais être dépassé d’ici peu. Ma déception, c’est que j’aurais pu faire mieux si je n’avais pas été absent durant deux ans à cause de ma blessure à l’époque où j’évoluais au Servette. Mais c’était mon destin.

– A la fin de ta carrière de joueur, tu prends ton temps pour choisir ce que tu vas faire. Au final, tu vas choisir de passer tes diplômes d’entraîneur. Quel est ton parcours?

Quand je termine ma vie de footballeur, j’étais un peu perdu car je n’avais fait que jouer au football dans ma vie. J’ai donc pris la décision de me lancer dans une carrière d’entraineur et je suis allé à l’école pour apprendre le métier. Durant six mois, j’ai été entraineur-adjoint dans le petit club de Domzale, en Slovénie, pour prendre mes marques. Puis, j’ai été sélectionneur de la Slovénie moins de 16 ans et moins de 19 ans, durant un an et demi. Et pour finir, j’ai été entraineur du NK Olimpija Ljubljana où je finis second du championnat de première division de Slovénie.

« L’année dernière, j’ai eu des contacts pour entraîner Troyes »

– Tu as obtenu tes diplômes d’entraîneur et il y a deux ans, tu as entraîné le club bulgare du Botev Plovdiv. Comment s’est passée cette nouvelle expérience pour toi? Quels sont tes objectifs dans ce nouveau rôle?

Pendant deux ans et demi, j’ai investi de ma poche pour faire le tour du monde des clubs. J’ai assisté à des séances d’entraînements dans de nombreuses équipes et ça m’a permis d’emmagasiner de l’expérience. Puis, j’ai eu une offre du Botev Plovdiv pour entraîner en première division bulgare. Arrivé sur place, on m’annonce que le richissime président qui m’a contacté, a quitté le pays pour éviter la prison. Je passe donc d’un club avec 13 millions d’euros de budget avec l’ancien président, à une équipe à 1.8 millions d’euros. Tous les meilleurs joueurs sont partis. Au bout de six mois, je prends la décision de quitter le club car je sens que ça ne va pas le faire et que je ne vais pas progresser.
En Mars dernier, j’ai eu des contacts avec le président de Troyes qui s’est donné du temps pour réfléchir, mais entre-temps, j’ai reçu un appel des dirigeants chinois du Dalian Transcendance FC et je suis parti en Chine.
– Que penses-tu du football slovène actuel et notamment de l’équipe nationale qui réussit un bon début de qualification pour la CM 2018 (2éme de leur groupe derrière l’Angleterre)?

On a bien démarré, c’est positif et psychologiquement c’est très important. C’est quand même très serré et il nous reste des déplacements difficiles en Ecosse, en Slovaquie et en Angleterre.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

Merci pour l’interview, j’espère qu’elle plaira aux lecteurs du Blog de Jayjay. J’espère vous retrouver bientôt sur les stades en France, lorsqu’un président fera appel à moi  ! (Rires)

JayjayLE KESTU2VIENS AVEC ERMIN SILJAK

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