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EN TETE A TETE AVEC CANDICE PREVOST

C’est un vrai bonheur d’avoir Candice Prevost au téléphone. Extrêmement gentille et disponible, j’ai pris énormément de plaisir à l’écouter se remémorer ses souvenirs. C’est la première footballeuse que j’interview pour le Blog de Jayjay et j’ai été ravi de pouvoir échanger avec cette femme pleine d’entrain et de joie de vivre. La native d’Evreux se livre dans une interview sincère et parfois émouvante, pour le plus grand bonheur des lecteurs du Blog de Jayjay.

– Bonjour Candice, tu commences le football à Evreux dans ta ville de naissance avant de rejoindre le Paris Saint-Germain. Comment es-tu arrivée au football? Peux-tu nous expliquer cette période où tu découvres le ballon rond?

J’ai commencé par pratiquer le tennis en club, mais je jouais très souvent au football dans la rue avec mon frère, mes voisins ou dans la cour de récréation. Comme je voyais peu de filles sur les terrains, il ne m’est pas venue à l’idée de jouer au foot .Il faut dire qu’à l’époque, il n’y avait que très peu de filles qui jouaient. C’est grâce à la Coupe du Monde 1998, que j’ai été amenée à jouer dans un club. En effet, lors de cet événement, des fonds ont été débloqués pour la création de sections féminines. Le père de ma meilleure amie était président du club de foot à Evreux, j’ai donc décidé de me lancer avec elle et j’ai effectué mon premier entrainement à l’âge de 16 ans. Ça m’a tout de suite beaucoup plu.

– Puis, à l’âge de 20 ans, tu rejoins le PSG. Comment s’est réalisé le transfert? As-tu reçu des offres d’autres clubs?

 Je faisais mes études en STAPS et j’avais le choix d’aller à Angers ou à Cergy Pontoise. J’ai choisi Cergy, car le Paris Saint-Germain était juste à côté. Au PSG, il y avait Ingrid Boyeldieu, qui avait joué avec moi à Evreux et qui m’avait un peu servi de modèle. Je lui ai demandé  de me mettre en relation avec Sébastien Thierry, le coach de l’époque, afin de faire un essai. J’ai été acceptée et j’ai donc rejoint le PSG pour évoluer en National 1A (Division 1).

– Tu vas rester toute ta carrière au PSG, quels sont tes meilleurs souvenirs au sein du club parisien?

Ce sont principalement des souvenirs de vie de groupe. Notamment, lors de nos déplacements en bus avec des merveilleux moments de vie. Au niveau sportif, c’est la victoire au Challenge de France 2010, qui reste le seul à avoir été remporté par le PSG à l’heure d’aujourd’hui. Jouer au Stade de France aussi a été exceptionnel.

– Tes belles performances au sein du club parisien t’ont permis d’intégrer l’équipe nationale. Que représente pour toi l’équipe de France? Peux-tu nous raconter ta première sélection?

C’est une sensation très puissante. C’était en plein mois de décembre, on jouait à Compiègne face aux Pays-Bas. Il faisait froid, le terrain était gras et je m’attendais à un match rude, mais j’avais mes proches autour de moi et c’était un grand moment. J’étais sur le banc de touche lorsque ma première Marseillaise a retenti et j’ai tellement chanté fort que mes coéquipières m’ont regardée en souriant! (Rires). Lorsque je m’échauffe à la mi-temps, tout le monde m’encourage, les filles étaient bienveillantes avec moi. J’ai de très bons souvenirs, mais c’était assez particulier car après le match, mes parents m’ont annoncé que la veille, ma grand-mère était décédée des suites d’une longue maladie. Du coup cette date est symbolique pour moi, elle représente quelque chose de magique avec ma première sélection et en même temps la perte d’un être cher.
C’est toujours émouvant pour moi de penser à ce moment.

« Pour moi, le football est avant tout un jeu »

– Tu as pris ta retraite sportive à l’âge de 29 ans. Pourquoi avoir arrêté ta carrière si tôt?

Je travaillais la semaine en tant que professeur d’éducation physique et sportive. Or, on s’entraînait trois ou quatre fois par semaine avec le PSG, plus les matchs le week-end. J’étais arrivée à la fin de ce système et j’avais moins envie d’aller aux entraînements. De plus, J’avais vraiment prévu d’arrêter ma carrière à ce moment-là, car je ne voulais pas en faire mon métier, le football restera un jeu pour moi. J’avais fait le tour du football et j’avais juste envie de profiter de ma vie différemment.

– Pourquoi être resté toute ta carrière dans le club de la capitale?

Durant dix années, je suis restée au PSG  parce que je n’avais pas forcément envie de quitter ce club avec beaucoup d’amies. C’était comme une famille. De plus, comme je l’ai dit précédemment, étant professeur d’EPS, je ne pouvais pas faire de mutation professionnelle comme je le voulais.
Ce qui rendait encore plus difficile une mutation dans une autre équipe.

– Quelles sont tes meilleures amies dans le milieu du football?

J’ai adoré mes débuts à Evreux avec Angeline Lecomte, Aurelie Badier, Celine Verne, Bérangère Sapowicz, Laure Lepailleur, Julie Soyer. On avait une équipe de dingue en – 16 ans. J’ai gardé contact avec elles. Puis à Paris, dans mes années 2008 à 2011, j’ai rencontré également de belles personnes avec une mention spéciale à Ella Masar, que je considère comme quelqu’un de ma famille. Je ne les citerai pas toutes mais j’ai passé dix années inoubliables avec toutes mes ex-coéquipières.

– En passant neuf ans au sein du club parisien, tu as du connaître des effectifs qui devaient évoluer dans de très bonnes ambiances. Quelles sont les joueuses les plus drôles avec qui tu as joué? As-tu des anecdotes à ce sujet?

Pour l’ambiance, je pense tout de suite à « Zouzou » alias Stéphanie Legrand. C’était le clown de l’équipe.  Après, concernant les anecdotes : lors d’un match à Peamount United, en Irlande, lors de notre premier match de Ligue des Champions, comme il n’y avait pas la musique de la compétition à l’entrée des joueuses, on la mettait dans le vestiaire pour se mettre dans l’ambiance!(Rires).

« La Coupe du Monde 2019 en France, ça va être énorme »

– Le foot féminin est en plein essor, on voit notamment de plus en plus d’équipes féminines qui se créent dans les clubs. Toi qui a été l’une des investigatrices de ce mouvement, qu’est-ce que cela t’inspire?

J’en suis ravie! Si j’ai accepté, à la fin de ma carrière, de devenir consultante, c’est dans l’optique de promouvoir le foot féminin. Je suis la première à essayer de le mettre en avant, en essayant de trouver les bons arguments. Ça vient d’une politique globale de féminisation, mais aussi des performances des clubs français en Coupe d’Europe notamment. Il y a des échéances importantes qui arrivent avec l’Euro 2017 et surtout la Coupe du Monde 2019, organisée en France. On a encore du travail et il ne faut surtout pas que son intérêt et son développement retombe.

– Tu es consultante pour la chaîne Eurosport. Dans un milieu assez « macho », as-tu eu du mal à t’adapter? Qu’est ce qui te plait dans ce travail?

 Au sein d’Eurosport, j’ai été très bien accueillie. C’est une chaîne qui fait énormément de place au foot féminin. Je me suis régalée au sein
d’un groupe assez familial où je n’ai pas énormément ressentie de pression. J’ai pris énormément de plaisir à commenter les matchs de mes ex-coéquipières et de partager ça avec les téléspectateurs.

– Issue du milieu du sport et de l’éducation, tu es notamment directrice nationale adjointe de l’UNSS. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet? Quels sont tes objectifs dans ces fonctions?

Je représente mon directeur sur mes différents déplacements. Mon objectif est de développer mes différents dossiers sportifs que j’ai sur toute la France. L’idée est de travailler avec les fédérations sur nos dossiers sportifs, pour mettre en place des événements de type championnat de France UNSS. On développe nos dossiers sur du sportif, de la formation, de la responsabilisation. Je gère aussi le dossier sur l’handicap, qui est passionnant.

– Tu es très occupée par tes obligations professionnelles, mais qu’aimes-tu faire lorsque tu es en mode « off »?

Je fais de la musique dans un groupe. Je chante et même si en ce moment, on a un peu moins de temps pour jouer, on se produit parfois dans des bars. Je m’éclate à faire ça. On a même joué une heure, à une soirée de bénévole de la Ligue de Bretagne, devant 1200 personnes! C’était assez fou avec une grosse ambiance!

– Si tu devais choisir une seule personne pour être avec toi sur une île déserte. Qui choisirais tu?

Je ne peux pas choisir! En plus, personne ne me supporterait sur une île déserte! (Rires). D’ailleurs, tu ne me verras jamais faire Koh-Lanta. Quelle horreur d’aller sur une île déserte!

 – Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

 Je vous souhaite une bonne lecture sur le Blog de Jayjay.  Avec des histoires de foot sincères comme on les aime. Au plaisir de vous voir autour des terrains. D’ailleurs, je vous laisse, je file voir PSG/Juvisy en Division 1 Féminine. Je suis à la bourre 😉 . Bises.

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