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LE KESTU2VIENS AVEC JOEL CORMINBOEUF

Lorsqu’on évoque Joel Corminboeuf, on pense forcément au club de Neuchâtel Xamax. En effet, le portier suisse a passé quatorze ans au sein de ce club où il a remporté deux fois le championnat de Suisse. Dans les années 1990, il faisait parti des meilleurs gardiens européens et a même participé à une phase finale de Championnat d’Europe. Signe de son sens du partage et de son envie de transmettre son expérience, il n’hésite pas à mettre son savoir au service des plus jeunes. Disponible et très attaché à ses racines, l’ancien portier de la sélection helvétique se livre sur le Blog de Jayjay, pour le plus grand plaisir de nos lecteurs.

– Bonjour Joel, tu nais à Fribourg, en Suisse et débutes ton apprentissage du football dans le petit club du FC Domdidier. Puis, tu vas jongler entre tes études et le football, jusqu’à devenir professionnel.  Peux-tu nous parler de cette période qui va t’amener jusqu’à ta signature au Neuchâtel Xamax?

J’ai fait trois apprentissages : ferblantier, installateur sanitaire et dessinateur en installation sanitaire. En parallèle, je jouais dans le club de mon village, le FC Domdidier. En dernière année d’apprentissage, le FC Lausanne s’est approché de moi afin que je signe un contrat avec eux. Mais, mon papa a souhaité que je termine mon apprentissage avant de m’engager dans le football. A contrecœur, j’ai donc poursuivi mon apprentissage et renoncé à signer un contrat avec le FC Lausanne-Sport. Mais, une année plus tard, j’ai été récompensé puisque, mes CFC en poche, Neuchâtel Xamax m’a contacté et j’ai signé un contrat professionnel.

– A 21 ans, tu arrives donc au Neuchâtel Xamax FC et découvres le monde du football professionnel. Comment se passe ton adaptation au sein de l’effectif? Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans cette découverte?

L’adaptation s’est très bien déroulée car les joueurs étaient très ouverts. Cependant, du point de vue de la condition physique, cela a été très difficile car la différence entre la Deuxième Ligue et la Ligne Nationale A était énorme. Lors de mon arrivée au camp d’entraînement à Durbach (Allemagne), je participais avec l’équipe réserve à la Coupe des Alpes et je suis donc arrivé après l’équipe professionnelle en stage. J’ai été accueilli sur le seuil de l’hôtel par Uli Stielike, un gars qui trois semaines auparavant remportait la coupe UEFA avec le Real Madrid. Lorsqu’il m’a tendu la main, je lui ai dit : « Bonjour Monsieur », mais Uli m’a tout de suite répondu : « On est dans la même équipe, donc on se tutoie et tu peux dire salut ».

– Dés ta deuxième saison au club, tu gagnes ta place de titulaire dans les buts. Comment s’est passée cette « prise de pouvoir » au niveau des gardiens? Peux-tu nous raconter comment as-tu appris la nouvelle?

Comme le gardien titulaire Karl Engel avait émis le souhait de quitter le club, Neuchâtel  n’a rien fait pour le retenir. En effet, ils avaient décidé de tenter l’aventure avec moi en tant que titulaire dans les cages. Cela faisait une année que j’étais au club, que je m’entraînais avec la première équipe et que j’avais démontré que j’avais des qualités certaines. Le club décida aussi d’engager un gardien d’expérience en la personne de Roger Läubli, qui jouait depuis de nombreuses saisons à La Chaux-de-Fonds en Ligne A. Du coup, Roger me servait à la fois de « papa » du football, d’entraîneur de gardien, de conseiller, etc… Et si, au final, je n’avais pas été au niveau, il était là prêt pour jouer.

« Je n’ai pas été épargné par les blessures »

– Tu vas évoluer durant quatorze saisons du côté de Neuchâtel Xamax FC. Tu vas être souvent éloigné des terrains par de sérieuses blessures. Quels sont tes meilleurs souvenirs dans ton club de cœur? Pourquoi ne pas avoir décidé de quitter le navire lorsque tu as été sollicité par d’autres clubs notamment?

Malheureusement, le domaine des blessures m’est très familier. J’ai eu de graves blessures (ligaments croisés deux fois, ligaments de la cheville, doigts cassé, épaule, coude, etc.). Ça n’a pas été toujours facile. Mes meilleurs souvenirs sont les deux titres gagnés avec Neuchâtel Xamax car ils seront uniques dans l’histoire du club. Il y a aussi tous les matchs de Coupe d’Europe disputés, à la Maladière, contre de prestigieuses équipes (Bayern de Munich, Inter de Milan, AS Roma, Etoile Rouge Belgrade, Dynamo Kiev, Real Madrid, etc). C’était difficile de quitter un club quand le président, Mr Facchinetti, vient, lorsque vous êtes gravement blessé, vous proposer de prolonger votre contrat de cinq ans. C’était un club très familial où l’on se sentait bien.

– Lors de la saison 1993/94, tu vas évoluer du côté du Racing Club de Strasbourg. Pourquoi avoir choisi d’être prêté en Alsace? Que peux-tu nous dire de cette saison en France? Aurais-tu aimé continuer l’aventure du côté du RCS?

C’est le RC Strasbourg qui cherchait un gardien par l’entremise de son entraîneur Gilbert Gress. Comme celui-ci me connaissait bien, il m’a proposé de le rejoindre en Alsace. Pourquoi un prêt? Franchement, je n’en sais rien. C’était peut-être la crainte que je ne m’adapte pas et que je sois bloqué dans un club. Ce fût une saison « magique » pour moi. La découverte d’un monde professionnel, car là j’ai changé de niveau. Une très grande présence des médias aux entraînements, dans les matchs, des adversaires d’un autre niveau, des stades plus grands, des supporters fantastiques.

A la pause hivernale, il y a eu une première entrevue avec les dirigeants de Strasbourg, ceux-ci désirant connaître mes intention pour le futur. Durant cette réunion, j’ai laissé entendre que je serais très intéressé de poursuivre l’aventure. Mais, malheureusement une grave blessure au genou en a décidé autrement.

« L’EURO 1996 en Angleterre, c’était extraordinaire »

– Tu vas participer au Championnat d’Europe des Nations en 1996 avec la Suisse. Le tournoi se déroule en Angleterre et vous êtes éliminés au premier tour, dans un groupe assez difficile. Que retiens-tu de cette compétition? Comment expliques-tu la performance de la sélection helvétique?

C’était extraordinaire car c’était le retour du football dans son pays d’origine, l’Angleterre. Quand on connaît le football anglais, les supporters, les ambiances magiques dans les stades, c’était un événement exceptionnel! La Suisse était dans un groupe difficile, elle a fait de son mieux. On a bien commencé en faisant un match nul contre l’Angleterre, puis nous avons perdu les deux matchs suivants.

– Actuellement, tu interviens auprès des gardiens de la sélection suisse des -15 ans au -19 ans. En quoi consiste ton rôle? Qu’est-ce qui te plaît dans cette action avec les jeunes?

Mon rôle est d’observer les gardiens le week-end dans leur club respectif, afin de suivre leur évolution. Je ne me définis par comme entraîneur des gardiens, mais bien comme préparateur. J’agis pour que le gardien soit dans les meilleures conditions pour disputer une rencontre internationale.

– Tu possèdes tes diplômes d’entraineur. Quels sont les entraineurs qui t’ont le plus marqué durant ta carrière? Penses-tu être prêt à prendre les rennes d’une équipe professionnelle?

Les entraîneurs qui m’ont le plus marqué sont : Gilbert Gress, Herbert Neumann, Yves Débonnaire. Je possède la licence UEFA-Pro, diplôme qui te permet d’entraîner dans tous les pays européens au haut niveau. Je me sens bien évidement prêt à entraîner une équipe professionnelle. Toutefois les postes sont rares.

– Quels ont été les attaquants qui t’ont posé le plus de problèmes durant ta carrière?

Alexander Frey, Karl-Heinz Rummenigge, Ronaldo.

– Actuellement, quels sont les gardiens que tu apprécies le plus?

Yann Sommer, Gianluigi Buffon et Manuel Neuer.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

Avec de la discipline, de la volonté et de la rigueur, on peut réaliser ses rêves. Il faut oser et se faire confiance. La positivité permet de déplacer des montagnes. C’est valable dans le sport comme dans la vie de tous les jours. Dans notre monde actuel, il est important d’avoir des rêves pour nos jeunes. Comme dirait St-Exupéry : « fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité ».

JayjayLE KESTU2VIENS AVEC JOEL CORMINBOEUF

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