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EN TETE A TETE AVEC PHILIPPE DOUCET

Quel plaisir d’avoir pu échanger avec Philippe Doucet! En effet, le journaliste, créateur de « La palette à Doudouce », a été le pionnier dans l’utilisation d’outils techniques pour analyser des matchs de football. Très disponible pour répondre à mes questions, malgré son investissement dans la Coupe d’Afrique des Nations qui se déroule actuellement, c’est l’interview d’un grand monsieur du journalisme que je vous présente aujourd’hui. Interview sans langue de bois et sincère d’un amoureux du football africain.

 – Bonjour Philippe, tu es né à Vannes, mais tu passes ta jeunesse dans la ville de Rouen. Comment s’est déroulée ton enfance? Pratiquais-tu un sport? Si oui lequel?

Je n’ai jamais vécu dans ma région d’origine, la Bretagne. J’y ai passé toutes mes vacances, mais j’habitais à Rouen, d’où mon attachement pour le FC Rouen. J’ai toujours été bercé dans le sport, avec le tennis et le foot qui étaient déjà mes sports de prédilection.

– A 23 ans, tu obtiens ton diplôme à l’Ecole Supérieure de Commerce de Rouen. C’est à ce moment-là que tu vas t’orienter vers le journalisme sportif. Pourquoi être passé du commerce au journalisme sportif?

J’ai tout simplement fait de deux hobbies, un métier. L’Ecole de Commerce ne me passionnait pas, au contraire du sport et de l’écriture. Après l’armée, je me suis dit que faire journaliste sportif dans la presse pouvait réunir ces deux passions.

– Tu fais tes premiers pas dans le monde des médias, en intégrant le journal « Golf Magazine ». Comment es-tu rentré au sein de ce journal? A cette époque t’intéressais-tu déjà au football?

Bien sûr, ma passion était déjà le football, mais il fallait rentrer dans un métier que je ne connaissais pas. J’ai eu une opportunité dans le golf, qui était mon troisième sport. Cela a été ma porte d’entrée dans le journalisme.

– En 1987, tu rentres au quotidien « Le Sport ». Que peux-tu nous dire sur cette expérience d’un an au sein du journal?

C’est vraiment là que j’ai appris le métier. J’ai notamment appris à vivre dans une rédaction, sous les commandes de grands talents comme Gérard Ejnes, Jerome Bureau, Didier Brau, Patrick Blain. Des hommes qui ont fait l’Equipe et qui faisaient aimer le métier.

« Charles Biétry a vu en moi des choses que je ne soupçonnais pas »

– C’est en 1989, que ta carrière va vraiment décoller, lorsque tu rejoins l’équipe de « Canal + ». Comment s’est réalisé ton arrivée sur la chaîne? Quelles étaient tes fonctions au début de l’aventure?

J’ai été recruté sur un terrain de foot (Sourire). J’exagère un peu, mais je jouais dans des matches où il y avait Charles Biétry et il suivait ce que je faisais. Un jour, il m’a dit qu’il allait engager un journaliste et que je ferais bien d’appeler sa secrétaire.
J’ai passé le test et il m’a engagé. Il voulait d’abord des bons journalistes et en faire des hommes de télévision ensuite. Voilà comment je me suis retrouvé à la télévision sans l’avoir cherché, juste parce que Charles Biétry avait vu en moi des choses que je ne soupçonnais pas.
Je suis rentré comme simple journaliste, mais il m’a donné très vite de belles opportunités.

– Tu as travaillé de longues années sur Canal + en tant que commentateur et consultant. Quels souvenirs gardes-tu de cette période? Peux-tu nous raconter deux ou trois anecdotes rigolotes que tu as vécu sur Canal +?

Les premiers souvenirs marquants, c’est la vitesse à laquelle on peut grimper et descendre dans ce métier. Après six mois de télévision et peut-être, trois ou quatre matches commentés, j’ai commenté Suède-France avec Michel Denisot. C’était incroyable!

C’est quelques dix années plus tard, où j’étais davantage dans le trou, que j’ai eu simultanément les idées de développer les statistiques et la palette et c’était reparti pour un (long) tour.

J’ai connu des hauts et des bas avec des moments géniaux, notamment avec Thierry Gilardi. Au niveau des anecdotes, il faudrait écrire un livre sur notre voyage au Japon pour la Coupe Intercontinentale.

– Tu vas être le pionnier dans l’utilisation d’outil technique afin d’analyser les matchs de football. Cette séquence culte s’appellera « La palette à Doudouce ». Comment as-tu eu l’idée de ce système d’analyse? Qui a eu l’idée de nommer cette séquence comme cela?

En fait, l’outil existait déjà (foot US, notamment) et Charles Biétry ou Didier Roustan l’avaient déjà utilisé dans des sujets faits longtemps après un match. Mon idée a été d’en faire un outil de direct, dès la mi-temps ou la fin d’un match, lors des rencontres de Ligue des Champions que nous avions acheté en 1999. Ensuite, j’ai voulu en faire un outil d’analyse, où on explique le jeu (ce qui s’est un peu oublié avec le temps) et aussi un moment culte avec Michel Platini, ce qui n’était pas gagné d’avance.

Le nom « La Palette a Doudouce » a servi aussi ce côté culte. Autant le nom « Jour de Foot », je l’ai créé, ce qu’on ne m’a jamais reconnu d’ailleurs, j’aurais mieux fait de le déposer (Sourire), autant, « la Palette a Doudouce », ce n’est ni moi, ni Michel Denisot, ni Thierry Gilardi, les présentateurs de l’émission qui en avons eu l’idée. C’est la script, Cristelle Zoz, qui dans son conducteur a commencé à l’appeler comme ça en mélangeant le nom de l’outil et mon surnom.

Thierry Gilardi a fini par l’appeler comme ça goulument à l’antenne. Inutile de dire que j’ai surfé dessus. c’est devenu « Die Palette von Doudouce » lorsque c’était un but allemand, « la paleta » espagnole, etc… Et Platini se marrait…

– De nombreuses émissions utilisent, aujourd’hui, des moyens techniques pour imager l’analyse tactique d’une action ou d’un match. Qu’est-ce que cela t’inspire? Es-tu fier d’être l’un des premiers à instaurer cela dans une émission?

En France, en tout cas, j’incarne cette manière de traiter le sport. J’en suis évidemment fier et être une marque de fabrique, c’est assez honorifique dans ce métier où il n’est pas si facile de laisser une trace.

J’apprécie évidemment que la palette et les statistiques aient aujourd’hui autant de place dans les medias. Par contre, je n’ai pas voulu qu’elles remplacent la mise en avant du jeu. Parfois, je trouve l’utilisation des outils un peu massive, un peu systématique et pas assez éducative à mon goût. Mais je ne veux pas jouer aux anciens combattants.

– Quels sont les joueurs que tu as rencontré qui te laissent les meilleurs souvenirs?

Le jeu étant ma priorité absolue dans mon amour du foot, c’est bien sûr Johan Cruyff qui occupe une place très spéciale dans ma carrière. Je ne tournerais jamais le dos au fantastique joueur et « homme de palette » que fut Michel Platini.

– En 2002, tu deviens président du SCO d’Angers.  Comment s’est déroulée ta prise de fonction? Pourquoi avoir opté pour le SCO? Que peux-tu nous dire sur cette expérience?

Je ferai court car c’est à la fois un grand et un pénible souvenir. J’ai passé une année fantastique au cœur de ce qui était devenu un tout petit club et que j’ai contribué à redresser pour le faire remonter en Ligue 2. Tout ça pour ne pas pouvoir en profiter car je suis tombé sur des gens comme malheureusement on en croise dans le foot. J’ai choisi de tourner le dos à cette expérience, n’en parlons plus, c’est loin.

« J’adore l’Afrique et le foot africain en général »

– Tu es un spécialiste du football africain. Tu as couvert de nombreuses Coupe d’Afrique des Nations en tant que journaliste ou commentateur. Quels sont tes meilleurs souvenirs personnels de cette compétition? Qu’est-ce qui t’attire tant dans le football africain?

J’adore l’Afrique, d’abord. Le foot africain, ensuite. C’est une ambiance, une atmosphère, une proximité des joueurs incomparable. C’est ma quatorzième Coupe d’Afrique des Nations, je dois bien aimer cela (Sourires).

– Actuellement, où en es-tu au niveau professionnel? Es-tu toujours proche du milieu footballistique? 

Aujourd’hui, je fais beaucoup moins de choses avec Canal+, mais plus avec Canal+ Afrique. Est-ce un tournant dans ma carrière ? Je ne me sens pas du tout en retraite et je ne renonce à rien.

– Quels sont tes amis dans le domaine du football (joueurs, entraineurs) ?

Evidemment, on va les trouver dans le foot africain, mais globalement, je ne suis pas trop un homme de réseau. Très proche des uns, dont il faudrait dire toujours du bien et très loin d’autres, qu’il faudrait tailler à loisir. Je ne mange pas de ce pain-là, c’est un journalisme qui ne m’intéresse guère. Je joue mon petit rôle, sans croire que le foot et la télévision soient tout dans la vie.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

 Le nom de Jayjay…Voilà qui me dit des choses. Ca me rappelle une des finales les plus incroyables vécues à Lagos pour Nigeria/Cameroun en 2000, avec la présence de Jayjay Okocha.

Restez passionnés, c’est le secret le plus fondamental du foot. Dès qu’on croit tout savoir, qu’on ne doute plus, on devient blasé et donc un mauvais journaliste. Au plaisir.

JayjayEN TETE A TETE AVEC PHILIPPE DOUCET

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2 comments

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  • Serigne Dame Gning - 5 novembre 2017 reply

    Salut je suis un fou fans de Mr philippe Doucet. Je suis senegalais et suis de tout mon possible ses emissins surtout ses repotage.a l’instant meme avec CHE vs MUN. Jaimerai bien entretenir avec Mr Phillipe Doucet si possible.

  • Alexis - 9 avril 2018 reply

    Salut je suis un fan de doucet. Suis ivoirien vivant en France. Doucet s’implique vraiment du foot africain. Par son biais je voudrais le développement de notre football surtout notre championnat pour qu’il soit plus attractif. Merci pour tout ce que tu fais pour le foot africain.

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