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EN TETE A TETE AVEC LUDOVIC GUERRIERO

S’il y avait une qualité pour qualifier Ludovic Guerriero, ça pourrait être respectueux. En effet, durant l’entretien, j’ai pu m’apercevoir que c’était une personne qui n’avait pas oublié d’où il venait et qu’il était très reconnaissant envers ses différents entraineurs. Le natif de Forbach, qui fait désormais les beaux jours du Pau FC en National, s’est livré avec sympathie sur sa belle carrière et dévoile quelques anecdotes sur certains de ses anciens et actuels coéquipiers. Une interview savoureuse pour le plus grand bonheur des lecteurs du Blog de Jayjay.

– Bonjour Ludovic, tu vas commencer ta carrière professionnelle à l’AS Nancy-Lorraine, en Division 2, à l’âge de 18 ans. Peux-tu nous raconter comment en es-tu arrivé là et notamment où as-tu évolué dans les catégories de jeunes?

J’ai commencé le football dans ma ville de Forbach où j’ai joué de débutant à -15 ans. En même temps, j’étais en sport étude à l’Hôpital en classe de sixième et cinquième. Ensuite, j’ai intégré le centre de préformation de la Madine en quatrième et troisième, je vivais là-bas toute la semaine et le week-end, je rentrais chez moi pour jouer avec mon club de l’US Forbach. En 2000, j’intègre le centre de formation de L’ASNL et je quitte donc mon club de Forbach.

– Tu vas évoluer durant deux saisons à l’ASNL, mais en manque de temps de jeu, tu décides de te faire prêter à Raon l’Etape qui évolue en National. Tu vas réaliser une saison pleine en disputant 34 matchs et en marquant six buts. Que peux-tu nous dire sur cette saison-là?

Lors de la saison 2003/2004, j’ai connu mon premier match en professionnel, lors d’un match de Ligue 2, où l’ASNL se déplaçait à Caen. Lors de la deuxième partie de la saison suivante, je m’entraînais régulièrement avec les professionnels. C’est le club qui a décidé de me prêter à Raon, pour avoir toujours un œil sur nous. Je pars donc en prêt à Raon, en compagnie de mon coéquipier à l’ASNL, Rachid Hamdani. Personnellement je mets cinq matchs pour m’adapter, ensuite j’ai réalisé une belle saison personnelle, mais aussi collective. (9ème de National)

– Puis tu retournes à l’AS Nancy Lorraine qui évolue alors en Ligue 1 pour essayer de t’y imposer. Après une première saison blanche, tu fais huit apparitions en L1. Peux-tu nous parler de ces deux saisons? Selon toi, comment expliques-tu le fait que tu n’es pas eu ta chance à l’ASNL?

Ma première saison en Ligue 1 a été frustrante pour moi, car quand l’entraineur Pablo Correa veut me donner ma chance, je me fais une entorse du genou. Ensuite, je reviens bien, je fais notamment de bons matchs avec l’équipe réserve et l’entraineur m’annonce qu’il compte m’utiliser lors du prochain match. Malheureusement, le mardi à l’entrainement, je me tords la cheville en contrant un ballon.

La saison d’après, le coach me fait confiance, je rends même service en défense centrale contre Lorient à domicile et arrière latéral droit à Valenciennes. Par la suite, l’équipe tournait super bien cette année-là, on fait quatrième de Ligue 1, donc c’était difficile de revendiquer du temps de jeu quand l’équipe tourne à plein régime. En plus, le coach m’a toujours fait sentir qu’il comptait sur moi, car il savait que je travaillais dur la semaine pour être prêt au cas où.

« Je suis parti à l’AC Ajaccio pour voir ce que j’avais dans le ventre »

 – A 23 ans, tu choisis de quitter la Lorraine et de rejoindre la Corse et plus précisément l’AC Ajaccio. Pourquoi ne pas être resté à l’ASNL dans l’espoir de devenir titulaire? Pourquoi avoir choisi l’AC Ajaccio? As-tu reçu des offres d’autres clubs?

J’ai eu une discussion avec le club et le coach me dit qu’il compte sur moi, mais qu’il ne sait pas si je vais plus jouer ou pas. Je décide, après presque neuf ans à l’ASNL, de partir à l’AC Ajaccio pour sortir de mon cocon et pour voir ce que je vaux vraiment loin des miens. Le Stade de Reims, Amiens SC et le FC Gueugnon voulaient me faire venir, mais seulement en prêt.

ludo guerriero 2

– Durant deux saisons, tu vas devenir un élément très important de l’effectif corse qui évolue en Ligue 2. Comment se sont passées ces deux saisons sur l’île de beauté? Quels sont tes meilleurs souvenirs?

Ce sont deux saisons exceptionnelles, tant humainement que professionnellement, je n’ai que des bons souvenirs. Les deux meilleurs sont assurément, mon premier but contre Dijon et le but du maintien contre le FC Metz. Je pourrais aussi parler des souvenirs en dehors des terrains. Par exemple, les repas avec mes coéquipiers. Je n’oublie pas non plus les personnes du club et les supporters qui ont été extraordinaires avec moi et qui le sont toujours en me soutenant encore aujourd’hui.

– Après tes deux saisons à l’AC Ajaccio, tu prends la direction du FC Metz qui est en Ligue 2. Pendant deux saisons, tu vas disputer la quasi-totalité des matchs de ton équipe et enchaîner les bonnes prestations. Comment s’est passée ton adaptation dans l’effectif messin? Comment as-tu vécu ces deux belles années chez les Grenats?

Je rejoins Metz où je suis bien accueilli par mes coéquipiers. Je joue quasiment tous les matchs lors de mes deux saisons et je deviens même capitaine quelques mois après. Cependant, le fait d’être formé à l’AS Nancy dérange certaines personnes au club, mais aussi certains supporters. Ca s’amplifie le jour où on me confie le brassard. Après, on a eu des résultats médiocres, donc les supporters ont tout mis sur mon dos, mais personnellement cela ne me touchait pas. Je suis costaud mentalement et je n’allais pas renier mon club formateur, ainsi que mon amour pour lui, pour faire plaisir à certains au club.

– Tu es transféré ensuite à Châteauroux (Ligue 2) où tu vas jouer durant deux saisons, puis à Laval (Ligue 2). Que peux-tu nous dire sur tes expériences dans ces deux clubs?

Je pars à Châteauroux où tout s’est bien passé. Je joue aussi quasiment tous les matchs et je suis même capitaine pendant six mois. C’était une belle expérience, dans un club très bien structuré, où étaient présentes de bonnes personnes, avec qui je suis encore en contact.

À la fin de mon contrat à la Berrichonne,  je pars à Laval. Je joue, mais je ne me sens pas à l’aise. Mes rapports avec le staff ne sont pas terribles et cela joue sur mes performances. Même quand je faisais de bons matchs, j’étais sur le fil et je ne savais pas pourquoi il y avait cette distance entre l’entraîneur et moi, alors qu’elle n’existait pas dans mes clubs précédents. Ma seconde saison commence et je sens qu’on essaie de me chercher des problèmes où il y en a pas. Je décide donc de résilier mon contrat et de quitter Laval.

Ludo Guerriero 3

– Pour la première fois de ta carrière, tu vas quitter la France et t’exiler au FC Petrolul Ploiești, qui est un club de première division roumaine. Etait-ce un choix par défaut ou désirais-tu réellement connaître une expérience à l’étranger? Comment s’est déroulée cette saison en Roumanie? Peux-tu nous parler de ce championnat assez méconnu?

J’ai toujours voulu jouer à l’étranger pour connaître un autre pays, une autre culture et avoir une autre vision du football. Cette expérience m’a fait un bien fou. Humainement et sur le plan du football, j’ai appris à travailler différemment par rapport à ce que j’avais déjà connu en France.

J’ai été surpris par le niveau du championnat. Beaucoup de joueurs français étaient présents dans le championnat et certains d’entre eux n’étaient pas titulaires dans leur équipe. C’est pour dire, qu’il ne faut pas croire que c’est un championnat facile. La chose qui m’a marqué aussi c’est l’ambiance dans les stades, c’était de grosses ambiances avec des kops très chauds.

– Depuis Novembre 2016, tu joues au Pau FC qui évolue en National. Comment s’est passé ton transfert? Quelles sont tes attentes en rejoignant ce club?

Le club roumain dépose le bilan donc je rentre en France. J’attendais des propositions, mais il n’y avait rien de vraiment concret. Même si j’ai eu des contacts avec certains clubs intéressés, j’avais toujours droit à des reproches sur mon âge. Pour garder la condition, je m’entraînais avec deux clubs Sarreguemines et Forbach, que je remercie énormément. En octobre, on me parle de Pau, car il recherchait un milieu d’expérience. Je demande à mon agent de se renseigner, car plutôt que d’attendre le mercato de janvier, je préférais trouver un club tout de suite. On n’a pas pris de risque d’attendre et j’ai rejoins le Pau FC.

« J’ai encore les jambes et l’envie de retrouver la Ligue 2 ou repartir à l’étranger »

– Que peux-tu nous dire sur le Pau FC? Selon toi, quelles sont les forces et les faiblesses du groupe? Penses-tu que ce sera la dernière aventure de ta carrière?

Le club est éclipsé par le rugby, dont on partage le stade. Cela ne nous aide pas à développer notre jeu lorsqu’on évolue à domicile, mais on doit faire avec. Le groupe est de qualité et à l’écoute. Tout le monde donne son maximum et veut progresser.

Le point faible, c’est que le groupe manque d’expérience et mentalement, on n’est pas assez costaud. On travaille pour améliorer ça.

J’ai toujours les jambes et le mental pour continuer. Je vais encore jouer, car je ne suis pas prêt d’arrêter le football. Ce sport a une place trop importante dans ma vie pour jeter l’éponge comme ça, j’ai encore l’envie de jouer en Ligue 2 et même à l’étranger.

– Avec plus de 300 matchs en professionnel au compteur, tu as d’ores et déjà réalisé une très belle carrière. Cependant, as-tu des regrets sur un choix dans ta carrière notamment?

Je suis déjà content d’avoir plus de 300 matchs et d’être toujours dans le circuit depuis mes débuts en 2004. Je suis un privilégié, car le football est devenu compliqué pour les joueurs qui dépassent les 30 ans, surtout en France. Je ne parlerais pas de regrets, j’ai fait la carrière que je devais faire, j’aurais pu faire plus, mais j’aurais aussi pu faire moins, c’est comme ça. En tout cas, ce que je sais, c’est que partout où je suis passé, j’ai toujours tout donné, peu importe le statut que j’avais dans les clubs. Je continue encore aujourd’hui à m’investir à fond aux entraînements.

– Quels sont les entraîneurs qui t’ont le plus marqué?

Tous les coachs m’ont marqué. Ils avaient tous quelque chose de particulier. J’ai appris de chacun, que ce soit en jeune ou en professionnel. J’en profite pour les citer, car chacun d’entre eux m’a tendu la main.

Je pense à Pablo Correa à l’AS Nancy, Farid Touileb à Raon-l’Etape, Gernot Rohr, José Pasqualetti et Olivier Pantaloni à Ajaccio, Dominique Bijotat à Metz, Didier Tholot et Jean Louis Garcia à Châteauroux. Denis Zanko, même si ça s’est mal passé à Laval, Constantin Schumacher et Ionel Gane à Petrolul et aujourd’hui David Vignes à Pau.

Ensuite, même si c’était que pour compenser le fait que je sois sans club, je remercie Sébastien Meyer, l’entraîneur de Sarreguemines et Salem El Foukhari, Fred Ustaritz de l’US Forbach, de m’avoir tendu la main pour garder la forme.

Un mot aussi pour mes entraîneurs lors de ma formation de Forbach à Nancy. Jacky Perignon, Pugliese, Stopyra, Christophe Dessy, Viardot, Moussa Bezzaz, Patrick Gabriel.

Pour finir la parenthèse des entraîneurs, je dois dire un grand merci à mon premier entraîneur Patrick Hesse, que j’ai retrouvé au centre de formation de Nancy et à Metz car il était adjoint de Dominique Bijotat. Un grand coach, qui m’a tout appris tactiquement et techniquement. Je le considère comme un deuxième père.

Bien entendu, je souhaite aussi remercier mes parents, mon frère et mes deux meilleurs amis Hichem et Larbi. Ils ont toujours été là pour moi et m’ont permis de ne jamais prendre la grosse tête.

– Quels sont tes meilleurs amis dans le milieu du football?

Gennaro Bracigliano, Gaston Curbelo et David De Freitas. Après, il y a énormément de joueurs avec qui je suis en contact assez régulièrement.

– Quels sont les joueurs qui t’ont le plus impressionné durant ta carrière?

Frédéric Biancalani pour son exemplarité dans le travail physique et techniquement il y a eu Kim et Karim Ziani.

– Si tu devais être avec un seul ancien coéquipier sur une île déserte, qui serait-il? Pourquoi?

Je pense Kévin Diaz, car même s’il n’y a rien à faire il trouve toujours le moyen de te faire rire!

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

Bonne lecture à tous et continuez à suivre le Blog de Jayjay.

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