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EN TETE A TETE AVEC LAURENT PIONNIER

C’est au centre d’entrainement du Montpellier Hérault Sport Club que j’ai eu le plaisir de retrouver Laurent Pionnier. Une rencontre très enrichissante avec un joueur qui a vraiment le MHSC dans le sang et dont l’extrême gentillesse fait plaisir à voir. Il n’y a qu’à regarder sa disponibilité auprès des supporters, à la fin de l’entrainement, pour se rendre compte à quel point il est heureux d’être dans ce club.

Un entretien sincère et plein de respect de la part d’un homme vraiment très attachant qui apporte son calme et sa sérénité dans le vestiaire héraultais. A la veille d’un match important à domicile face à l’AS Saint-Etienne, le portier montpelliérain se confie pour le plus grand plaisir des lecteurs du Blog de Jayjay.  

– Bonjour Laurent, tu débutes ta carrière de footballeur dans le Gard du côté de Bagnols, puis tu signes à l’Olympique d’Alés en Cévennes, avant de rejoindre le centre de formation du Montpellier Hérault Sporting Club à l’âge de quinze ans jusqu’à l’intégration du groupe professionnel. Peux-tu nous raconter cette période si importante pour un footballeur?

J’ai commencé le football à Bagnols-sur-Cèze, puis j’ai joué dans le club de mon village, à Sabran. Je n’étais pas forcément prédestiné à jouer gardien de but. Un jour, lors d’un match, le gardien se fait mal et c’est moi qui le remplace. Ca m’a plu et je suis resté dans les buts.

Par la suite, j’avais un niveau quand même un peu au-dessus dans la région et c’est pour cela que l’Olympique d’Alés m’a appelé pour signer chez eux. J’ai été sélectionné en Equipe de France là-bas et au bout de deux ans dans le Gard, Montpellier m’a proposé de rejoindre leur centre de formation. J’avais quinze ans et j’ai découvert ce qu’était le niveau professionnel. Dans mon petit village de Sabran, on faisait avec les moyens du bord, à Alès, c’était déjà plus structuré puisque le club était en Division 2, mais lorsque j’ai rejoins Montpellier, on voyait que tout était mis en œuvre pour pouvoir réussir. Ca était un réel changement de monde pour moi et même si l’éloignement du cocon familial était difficile, j’ai retrouvé cet esprit de famille au sein du club.

– A l’âge de vingt ans, tu connais ta première titularisation en Ligue 1 avec le maillot du MHSC sur le dos. Comment as-tu vécu ce moment? Quels sont les joueurs qui t’ont aidé à l’approche de ce match?

Je suis rentré en cours de match à Guingamp, en remplacement de Rudy Riou. Tu te prépares à vivre ce moment-là, mais il n’y a que quand tu es sur le terrain que tu réalises.

C’était extraordinaire! J’ai eu la chance de débuter avec des joueurs comme Franck Sylvestre, Jean-Christophe Rouvière, Philippe Delaye, qui m’ont facilité les choses. C’est un super souvenir, même si nous étions dans une situation difficile au classement et qu’il fallait donc oublier ses objectifs personnels au profit du collectif.

– Malheureusement, lors de la saison 2003/04, au terme d’une saison catastrophique, le club va descendre en Ligue 2. Que peux-tu nous dire sur cette année cauchemar pour le MHSC? Qu’est-ce qui vous a manqué pour vous maintenir?

Forcément, si nous sommes descendus, c’est qu’il nous a manqué beaucoup de choses. C’est une saison qui m’a marqué, car on est relégué en Ligue 2, mais surtout cela a été une catastrophe économique pour le club, la ville. Certains emplois au club ont disparu, des gens que tu côtoies au quotidien depuis de nombreuses années qui perdent leur travail. Ca fait de la peine et tu culpabilises forcément un peu, car ce sont tes résultats sur le terrain qui ont amené ces suppressions de poste.

–  Les trois saisons suivantes passées en Ligue 2, tu vas devenir titulaire dans les buts de Montpellier. Cependant, lors de la saison 2007/08, tu vas être prêté à Libourne-Saint-Seurin qui évolue au même niveau. Comment expliques-tu ce prêt? Peux-tu nous parler de cette année à Libourne?

Rolland Courbis est arrivé au poste d’entraineur et je n’entrais pas dans ses plans. J’étais à un âge où il fallait que je joue et c’est là que Didier Tholot, l’entraineur de Libourne, m’a appelé.

Libourne était très mal en point au classement, mais Didier a voulu tenter le tout pour le tout en recrutant quatre joueurs au mercato d’hiver et j’ai donc rejoint en prêt Libourne Saint-Seurin avec pour objectif de rester en Division 2.

Ce fût une belle expérience, car j’ai eu la chance de côtoyer un excellent entraineur qui m’a beaucoup apporté et même si les infrastructures n’étaient pas en adéquation avec le haut-niveau, on sentait qu’il y avait la volonté de bien faire et un aspect familial non-négligeable. Malheureusement, nous avons échoué dans la quête du maintien, le retard du début de saison fût trop difficile à combler.

« Le lien que j’entretiens avec ce club est très fort »

– A ton retour à Montpellier, le club retrouve la Ligue 1, mais tu n’es pas le titulaire au poste de gardien. Lors des six saisons qui suivent, tu ne participes qu’à dix-huit matchs de Ligue 1. A l’image d’un Rémy Vercoutre qui est parti de Lyon, as-tu songé à un départ durant ces six saisons?

Je mentirais si je disais que je n’avais jamais songé à un départ. Après, je n’ai jamais réagi sur un coup de tête dans ma carrière, je ne pouvais pas tout remettre en question. Mes attaches avec ce club qui sont très importantes et qui dépassent même le cadre du football, ont toujours fait pencher la balance du côté du MHSC. J’ai eu des offres plus ou moins intéressantes, mais le lien que j’entretiens avec ce club est beaucoup trop fort.

– Lors de la saison 2011/2012, tu vas devenir Champion de France avec ton club de cœur au cours d’une saison exceptionnelle pour le MHSC. Peux-tu nous raconter cette superbe année? Quel sentiment prédominait pour toi au soir de la 38ème journée?

Ce fût une saison particulière. Nous avons commencé la saison très difficilement.

Lors de la première journée, on gagne avec beaucoup de difficulté contre Auxerre, ensuite on va à Lille, où je fais le meilleur match de ma carrière, on remporte le match un à zéro. On commence à se dire qu’on a la réussite des équipes qui jouent le haut du tableau. Puis, notre jeu se met en place et le match suivant on écrase Rennes quatre à zéro. Tout s’enchaine et des joueurs comme Olivier Giroud commence à exploser, dans une saison où tout lui réussit. Mapou Yanga-Mbiwa fait une saison extraordinaire, Younès Belhanda et Rémy Cabella aussi.

L’osmose au sein du groupe était exceptionnelle, nous avons vécu une année de rêve, même si on a vraiment cru au titre qu’à partir des trois dernières journées. Tout était réuni pour faire une saison historique et on espère chaque saison qu’on pourra la refaire, mais ça sera difficile.

A Auxerre, au coup de sifflet final de la dernière journée, c’était magique. On touchait du doigt notre rêve, car on était sous pression jusqu’à la fin. On a fêté ça dans le vestiaire, puis on a rejoint nos supporters dans la tribune de l’Abbé-Deschamps . C’était un moment magnifique de pouvoir communier avec les supporters. Au retour sur Montpellier, Jimmy Soares, le responsable de la sécurité avait fait un boulot monstrueux pour qu’on puisse vivre un moment unique avec nos supporters. Des souvenirs impérissables!

– Cette saison, depuis le 29 Octobre, tu es devenu le titulaire au poste de gardien de but du MHSC . Tu as effectué des prestations remarquées notamment face au Paris Saint-Germain et Bordeaux. Comment vis-tu cette saison d’un point de vue personnel?

Quand je mets le maillot de Montpellier, je ne ressens pas le poids des années. J’essaie de faire le maximum et dans une saison compliquée où tous les points comptent, je n’ai pas le temps de penser à autre chose qu’à essayer de faire gagner mon équipe. Je ne calcule rien en essayant de faire le maximum pour mes couleurs.

« Jean-Louis Gasset va nous faire beaucoup de bien »

– Depuis quinze jours, Jean-Louis Gasset est devenu l’entraineur de Montpellier en remplacement de Frédéric Hantz. Selon toi, qu’est-ce que l’ancien adjoint de Laurent Blanc peut vous apporter? Aimerais-tu le voir rester au-delà de cette année?

Il nous apporte une nouvelle vision et veut mettre plein de nouvelles choses en place. L’avantage qu’a Jean-Louis Gasset, c’est qu’il connait mieux que quiconque le club. C’est son père, avec Louis Nicollin, qui a créé le Montpellier Hérault. Les six premiers mois de la saison, il a regardé nos matchs et a analysé nos forces et nos faiblesses. A son arrivée, il possédait toutes les informations sur chacun des joueurs de l’effectif. Il a prouvé beaucoup de choses au sein des différentes équipes qu’il a entrainées. Son expérience va nous bonifier et nos premiers résultats peuvent en témoigner. Il donne des indications très claires, ce qui est important pour notre effectif relativement jeune.

Bien sur que j’aimerais qu’il poursuive l’aventure et je suis pas le seul dans ce cas-là. Après, il a des ambitions et il n’y a que lui qui peut décider de rester ou non, mais ça serait une bonne chose pour le club qu’il reste la saison prochaine.

– En cas de victoire dimanche face à St Etienne, vous prendriez une avance assez confortable sur la zone rouge. Penses-tu que cette rencontre est un match « charnière » dans votre saison?

C’est un match important pour nous, car on sait que le maintien passera par des victoires à domicile. En fin d’année 2016, on avait répondu présent à la Mosson face au Paris Saint-Germain, à l’Olympique de Marseille et Bordeaux, même si on arrivait pas à enchainer par des victoires à l’extérieur. On espère une victoire dimanche, afin de bonifier notre premier succès loin de nos bases, à Nancy, la semaine dernière. C’est ce genre de matchs qu’il faut gagner, mais St Etienne est une belle équipe et il faudra élever notre niveau de jeu pour remporter le match.

– Quel est le joueur de l’effectif du MHSC qui est le plus drôle? As-tu une anecdote à ce sujet?

Ce sont les jeunes du groupe. Ils aiment bien brancher et tant que cela reste dans le respect, c’est une bonne chose pour la vie de groupe. Par contre, j’ai coutume de dire que ce qui se passe dans le vestiaire doit rester dans le vestiaire (Rires).

– Quel est le membre de l’effectif dont le style vestimentaire est à revoir?

Pierrick Fito (Rires). Heureusement que Nike nous donne des tenues! (Rires) Je tiens à remercier Paul Lasne qui pour Noel a offert un beau jean à Pierrick! (Rires)

– Qu’est-ce qu’aime faire Laurent Pionnier en-dehors du football?

J’éprouve un grand plaisir à partager des moments en famille, avec ma femme et mes deux enfants. Le foot a de très bons côtés, mais en contrepartie, je n’ai pas la chance de voir grandir mes enfants, du coup j’en profite dés que je peux. Je joue de la guitare et je suis cinéphile, mais je suis assez casanier, donc j’aime faire tous cela à ma maison en famille.

– Où te vois-tu dans dix ans?

J’espère être encore ici, mais je suis pas le seul à décider! Si mon patron est d’accord, j’adorerais enseigner ce qu’on m’a appris au sein de ce club, encore faut-il qu’on veuille toujours de moi. J’ai passé mes diplômes d’entraineur et on verra si je peux apporter ma pierre à l’édifice au niveau de la formation.

– Un dernier mot à dire pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cette interview, j’ai passé un très bon moment. J’encourage tout le monde à aller parcourir tes interviews, car si moi j’ai passé un agréable moment, ça sera le cas des lecteurs aussi. Bonne lecture à tout le monde et merci à toi.

En exclusivité sur Le Blog De Jayjay, Laurent Pionnier inaugure une nouvelle rubrique : « Le Jeu des Photos »!

 

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