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EN TETE A TETE AVEC BAPTISTE REYNET

A l’avant-veille de recevoir l’OGC Nice, l’un des cadors du Championnat de France de Ligue 1, c’est un Baptiste Reynet calme et détendu que j’ai eu le plaisir d’interviewer. Conscient que la rencontre de samedi est très importante pour le maintien, il a tout de même gentiment accepté de répondre à mes questions avec une disponibilité qui m’a beaucoup touché. Le portier dijonnais revient sur ses débuts dans le football, sur son histoire avec le Dijon FCO et sur ses ambitions futures pour le plus grand plaisir des lecteurs du Blog de Jayjay. Entretien avec l’un des gardiens les plus talentueux de la Ligue 1.

– Bonjour Baptiste, né à Romans-sur-Isére (26), tu débutes ta carrière de footballeur à l’US Moursoise. A 12 ans, tu rejoins l’ASOA Valence où tu vas évoluer durant trois ans, avant de retourner à l’US Moursoise. Ce n’est qu’à dix-sept ans que tu vas te rapprocher du haut-niveau, en rejoignant le FC Martigues. Peux-tu nous raconter cette période, de tes débuts à l’US Moursoise jusqu’à ton arrivée à Martigues?

J’ai attaqué le football à Mours, car c’était le club du village où habitaient mes parents. Même si toute ma famille faisait du rugby, je me suis dirigé vers le football qui m’attirait   énormément. J’avais des qualités et j’ai eu l’occasion de partir à Valence, à l’âge de douze ans pour  découvrir un niveau plus élevé qu’à Mours.

J’y suis resté trois ans et à la fin de la troisième année, j’étais un peu dégoûté de cet autre aspect du football que je n’aimais pas. Je voulais reprendre du plaisir et c’est pour cela que je suis retourné à Mours.

A 17 ans, mon entraineur, qui avait des contacts avec des agents, m’a proposé de faire un essai à Nancy. J’ai accepté, car c’était une jolie opportunité et une belle expérience. J’ai fait un bon essai, mais ils n’ont pas pu me prendre, car j’étais au même niveau que les gardiens déjà en place au club. L’entraîneur des gardiens de Nancy m’a conseillé de tenter ma chance ailleurs, car j’avais des qualités.

J’ai donc envoyé des CV dans le sud de la France, afin de ne pas trop m’éloigner de ma famille et Martigues m’a répondu en me proposant de faire un essai, qui s’est avéré concluant.

– Tu arrives du côté de Martigues à l’âge de dix-sept ans et tu vas progresser jusqu’à devenir le gardien titulaire de l’équipe première qui évolue en CFA. Que peux-tu nous dire sur ces quatre saisons du côté du Stade Francis-Turcan?

 J’ai vécu une première année très compliquée là-bas. Trois jours avant mon arrivée au club, j’ai mon grand-père qui décède. De plus, c’est la première fois que je me retrouve éloigné de ma famille, j’ai même pensé à arrêter le football. Heureusement, mon père m’a toujours soutenu et encouragé.

Comme si cela ne suffisait pas, j’ai signé à Martigues en tant que muté hors période, or nous étions huit dans ce cas et l’entraîneur ne pouvait faire jouer que quatre mutés. Il y avait déjà un bon gardien, donc l’entraîneur privilégiait des joueurs de champ, je ne jouais donc pas en équipe première.

J’avais tout de même la chance de m’entraîner avec l’équipe senior qui évoluait en National à l’époque et cela me boostait un peu. Selon les dirigeants de l’époque, c’était ma « récompense » au vu de mon excellent état d’esprit et cela me montrait le haut-niveau.

A la fin de la saison, les dirigeants m’ont proposé le poste de numéro deux de la CFA, à partager avec Baba Tchagouni. J’ai accepté, car je m’étais bien acclimaté à la région et le club me faisait confiance. Grâce à Jean-Philippe Messina, l’entraîneur des gardiens du FC Martigues, je progresse énormément et je prends conscience de mes qualités. Je participe à deux matchs de CFA en fin de saison.

La saison suivante, au bout de trois mois, je deviens le titulaire dans les buts du FC Martigues suite aux mauvaises prestations du gardien titulaire. Je ne quitterais plus le poste durant un an et demi.

– Puis, tu rejoins le Dijon FCO, qui vient d’accéder à la Ligue 1. Comment s’est passée ton adaptation au sein du club? Quelles étaient tes objectifs personnels en arrivant à Dijon? Comment as-tu vécu cette première saison parmi l’élite?

L’intersaison a été mouvementée pour moi. Nous venions de monter en National avec le FC Martigues et le club voulait me garder. Je savais que Dijon et Clermont s’intéressaient à moi. De préférence, je cherchais un club de Ligue 1, qui aurait pu me prêter pour une saison à Martigues afin que je m’aguerrisse en National. Comme ce n’était pas possible et que j’ai vu que Dijon accédait à la Ligue 1, j’ai donné mon accord pour rejoindre le club qui était ma priorité dès le départ.

Mes objectifs étaient de découvrir le très haut niveau, en étant le gardien remplaçant tout d’abord, puis voir comment j’évoluais au fil des années.

Mon adaptation fût très rapide et facilitée par un excellent état d’esprit au sein de l’effectif. La préparation se passe bien, je découvre une jolie ville où je me sens bien. Au bout d’un mois, je ne m’y attendais pas du tout, mais je me retrouve à jouer mon premier match en Ligue 1.

Je n’étais pas satisfait par cette saison. D’un point de vue personnel, ce fût une bonne saison, mais la descente en Ligue 2 m’a beaucoup affecté.

– Malgré ta belle saison personnelle lors de cette saison 2011/2012, le club va descendre en Ligue 2. Tu vas participer à toutes les rencontres de Ligue 2 et grandement contribuer à la belle septième place de Dijon au classement. Peux-tu nous parler de cette nouvelle saison pleine, d’un point de vue personnel? Qu’est-ce qu’il a manqué au groupe pour accrocher la montée cette année-là?

J’appréhendais le retour à l’entrainement suite à la descente du club. Heureusement, j’ai bien évacué la frustration de fin de saison dernière durant les vacances et je me suis vite remis dans le bain.

On fait une bonne saison, mais nous n’avons pas été assez régulier dans nos résultats durant la saison. Par exemple, nous faisions de bons résultats pendant six matchs, puis de mauvais sur les six rencontres qui suivaient.

– La saison suivante, tu vas être transféré pour quatre ans, du côté du FC Lorient qui évolue en Ligue 1. Pourquoi avoir choisi le FC Lorient? As-tu reçu des offres d’autres clubs?

J’avais repris l’entrainement avec Dijon en Ligue 2 et le lendemain de notre troisième match de championnat, j’ai mon agent qui m’appelle pour m’informer que Lorient tient à me recruter.

J’étais surpris, car je n’avais rien prémédité. Pour preuve, je venais de déménager et de m’installer dans un nouvel endroit sur Dijon.

C’était la seule offre qui m’était proposée et j’ai pris la décision de rejoindre les Merlus, ce qui me permettait notamment, de pouvoir évoluer en Ligue 1.

– Malheureusement, ton histoire dans le Morbihan ne va pas bien se passer et tu vas retourner à Dijon après une seule saison à Lorient. Comment décrirais-tu cette unique saison du côté du Moustoir? As-tu gardé de bons souvenirs tout de même, de ton passage au FC Lorient?

Les dirigeants de Lorient m’avait annoncé que je serais en concurrence avec Fabien Audard pour garder les buts. Cela ne s’est pas passé comme prévu. Je n’ai quasiment jamais été en position de titulaire au poste.

A l’époque, Benjamin Lecomte (actuel gardien titulaire du FC Lorient) n’avait pas l’expérience pour être numéro deux, c’est donc moi qui remplaçait Audard, lorsqu’il était absent.

Avec le recul, je ne regrette pas ce passage. J’ai évolué avec des joueurs comme Bruno Ecuele Manga, Jérémie Aliadière, Grégory Bourillon qui étaient aguerris à la Ligue 1 et qui m’ont permis de progresser.

Puis, m’entraîner avec Fabien Audard m’a beaucoup servi. Il était toujours derrière moi à me corriger quand j’avais des défauts à l’entrainement. Comme je ne suis pas passé par un centre de formation, je n’ai pas eu toutes les bases et c’est là que l’apport de Fabien et de Patrick L’Hostis, l’entraîneur des gardiens du FCL, a été considérable.

Même si mon expérience à Lorient fût parfois difficile, j’en garde tout de même, un excellent souvenir.

– L’année dernière, tu as participé à la remontée du Dijon FCO parmi l’élite du football français. Peux-tu nous raconter cette magnifique saison? Est-ce le plus beau souvenir de ta carrière?

On fait une saison fantastique, même si on s’écroule un peu sur la fin. On a toujours été dans le haut du classement. C’était une saison exceptionnelle en terme de résultat et du jeu produit.

Humainement aussi, ce fût une grande année. Le groupe vivait très bien, on aimait être ensemble. Je pense que cela fait parti d’un de mes trois meilleurs souvenirs de ma carrière.

Baptiste reynet 2

– Cette saison, après un mauvais départ en championnat, le Dijon FCO a redressé la barre en restant notamment invaincu durant six journées entre fin septembre et octobre. Comment vis-tu cette saison de l’intérieur?  Quelles sont les points faibles et les points forts de l’effectif?

On est un peu dans le dur en ce moment. On vient d’enchaîner deux défaites à Lyon et à Nantes. Ce qui est râlant, c’est qu’on est proche de beaucoup d’équipes de Ligue 1, mais les résultats ne suivent pas forcément. La faute à une décision arbitrale, une erreur individuelle d’un joueur ou collective, un fait de jeu. Ce sont des points bêtement perdus et c’est frustrant. On a une équipe joueuse, avec un gros potentiel offensif.

Mis à part la défaite trois à zéro au Parc des Princes, on n’a pas pris de grosses défaites cette saison. Cela montre la solidarité au sein de l’effectif qui ne lâche pas les matchs facilement.

« Avec notre potentiel offensif, on a une carte à jouer dans cette fin de saison »

– Actuellement, le Dijon FCO occupe la dix-huitième place du championnat, en position de barragiste pour la relégation. Selon toi, quelles vont être les principales difficultés pour arriver à maintenir le club en Ligue 1 cette saison? La présence dans l’effectif dijonnais de joueurs rôdés à la Ligue 1 comme Florian Balmont, Marvin Martin ou Cédric Varrault, peut-elle être bénéfique pour votre fin de championnat?

 Il va falloir être costaud défensivement, car on sait qu’on peut marquer des buts à tout moment, avec la qualité des joueurs offensifs présents dans l’effectif. Il va falloir reprendre confiance en nous et cela passe par un super match face à l’OGC Nice ce week-end.

Sur les onze matchs qui nous restent, seul le match à Monaco parait extrêmement difficile. On a notre carte à jouer pour cette fin de saison palpitante.

C’est un plus de posséder des joueurs comme eux au sein de l’effectif. Ils nous apportent de la sérénité qui nous manque parfois. C’est très important de les avoir sur et en-dehors du terrain, ils recadrent les choses quand ça ne va pas.

– En 2011, grâce à tes belles performances avec Dijon, tu vas être sélectionné en Equipe de France Espoirs. Comment as-tu accueilli la nouvelle? Peux-tu nous parler de ton arrivée au sein de l’Equipe de France Espoirs?

Patrice Carteron, l’entraîneur à l’époque, m’annonce la nouvelle et j’ai ressenti une énorme fierté. C’était un mois d’août d’exception. J’enchaînais ma première titularisation en Ligue 1 avec une sélection en Equipe de France Espoirs. J’étais surpris, mais très heureux.

Je suis arrivé dans un groupe où les joueurs étaient déjà habitués à la Ligue 1. Ça m’a fait bizarre de me retrouver au milieu d’eux, mais au fil du temps je me suis bien intégré au groupe. C’est toujours plaisant lorsque je recroise ces joueurs sur les terrains de Ligue 1.

« Je ne pense pas du tout à l’Equipe de France »

– Tu n’as que 26 ans et réalises une superbe saison en Ligue 1 avec Dijon. Steve Mandanda et Hugo Lloris, les deux gardiens de l’Equipe de France vont avoir 31 et 32 ans cette année et la place de numéro trois dans la hiérarchie n’est pas établie. Est-ce qu’il t’arrive de penser à une convocation avec l’Equipe de France? Crois-tu que cette étape personnelle doit nécessairement passer par un départ de Dijon vers un club aux ambitions plus importantes? 

Sincèrement, je ne pense pas à l’Equipe de France. Ce sont des choses qui sont loin pour moi.

Je ne sais pas si j’y arriverais un jour, mais il est fort probable que le fait de joueur à Dijon ne m’aidera pas.

Cependant, je suis quelqu’un d’ambitieux et pour la suite de ma carrière, c’est vrai que j’aimerais rejoindre un club qui joue le top 8 français afin d’avoir davantage de visibilité.

– Dans le futur, pourrais-tu tenter une aventure à l’étranger, afin de découvrir un nouveau championnat ou tu ne veux évoluer que dans des clubs français?

J’aimerais faire une bonne partie de ma carrière en France, puis partir pendant trois-quatre ans en Europe et finir ma carrière en passant un ou deux ans aux Etats-Unis. Ca serait l’idéal!

– Quelle est l’équipe qui t’a le plus impressionné depuis le début de saison? Selon toi, quel est le meilleur joueur de la saison pour l’instant en Ligue 1?

Le Paris Saint-Germain, parce que c’est une équipe qui est tellement tranquille lorsqu’elle a le ballon. Parfois même dans des petits périmètres ou quand l’équipe adverse exerce un pressing, les parisiens s’en sortent quand même. Ils sont impressionnants.

Le meilleur joueur pour moi, c’est Thiago Silva. Il m’impressionne beaucoup. Il dégage de la sérénité, du calme. De plus, c’est un super joueur de foot, très intelligent, qui est souvent bien placé pour intervenir et couper les trajectoires.

– Quelle est le joueur le plus drôle de l’effectif dijonnais?

Frédéric Sammaritano. Il a tout le temps le mot pour faire rire. Il fait pas de conneries, mais tu es sur de passer un bon moment en sa présence. Je suis en chambre avec lui lors des mises au vert et on se marre bien.

– Quelle est le joueur de l’effectif qui est le préféré de l’entraîneur et qui ne se fait quasiment jamais réprimander par le coach 🙂 ?

(Rires) Honnêtement, je ne pense pas qu’il y en ai. Le coach, quand il a quelque chose à dire, que ça soit aux plus anciens ou aux plus jeunes, il le dit. Il n’a pas forcément de « chouchou » à ce niveau-là.

– Quelles sont tes passions et tes principales activités en-dehors du football?

J’adore le rugby. Ma famille de rugbyman y est pour quelque chose. Depuis que j’ai trois ans, je suis sur les terrains de rugby. Ma tante m’emmenait de partout pour aller voir jouer mon père, mon oncle qui jouaient à Romans et Aubenas.

J’aime bien passer du temps chez moi, aller au cinéma ou au restaurant, me balader, bref faire les trucs simples de la vie.

– Où te vois-tu dans quinze ans?

Je sais pas trop. Je ne pense pas rester à Dijon, car le climat n’est pas forcément idéal (Sourires). Quand j’en parle avec ma copine, on se dit que si un jour, je suis amené à jouer dans un club en France et qu’on aime la région et le climat, on pourrait s’y installer à la fin de ma carrière.

Au jour d’aujourd’hui, dans quinze ans, je me verrais aux alentours de Lyon. La ville me plaît et ce n’est pas loin de Valence.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

Continuez à lire ces interviews. En tant que joueur, on passe de bons moments en y répondant, donc n’hésitez pas à les lire et à les partager, afin que ce blog soit de plus en plus connu.

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