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EN TETE A TETE AVEC DAVID ASTORGA

C’est un David Astorga heureux que j’ai eu le plaisir d’interviewer. Malgré un emploi du temps surchargé, il s’est montré très disponible pour échanger et se livrer sur ses débuts dans le monde du journalisme et sa vie actuelle. Ce fût un grand plaisir de pouvoir discuter avec ce grand journaliste, qui a été l’un des premiers « Homme de terrain » sur TF1, pour les rencontres de Ligue des Champions et les matchs internationaux. Pour le plus grand plaisir des lecteurs du Blog de Jayjay, je vous propose une interview honnête et humble, d’un journaliste qui a marqué une génération.

– Bonjour David, originaire de la région parisienne, tu choisis de faire des études dans le journalisme. Dans ta jeunesse, quels étaient les sports qui t’attiraient et quels sont ceux que tu pratiquais? As-tu toujours voulu être journaliste sportif ?

Je n’ai pas toujours voulu être journaliste de sport, en revanche j’ai toujours adoré le football. Je souhaitais m’orienter vers le métier de journaliste économique, mais les opportunités que j’ai eu, n’étaient que dans le domaine sportif et plus précisément dans le football.

Je n’ai donc pas choisi cette voie dès le départ, même si cela aurait pu être logique. En effet, je baignais dans le football depuis très jeune.

– Tu sors diplômé de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris en 1996 et rejoins l’équipe de Capital Foot, un journal de presse écrite où tu vas rester deux ans. Quelles étaient tes fonctions au sein de ce média? Comment se sont passées ces deux années?

C’était une première expérience pour moi en presse écrite. C’était un tout petit média basé sur l’actualité du football en région parisienne. J’ai été très vite propulsé à un poste à responsabilités, où je manageais une équipe de rédacteurs. J’étais chargé de trouver des reportages et d’aller sur place pour les réaliser.

C’est un bon souvenir, j’étais jeune et j’ai eu des responsabilités très tôt. Cela me permettait de me faire la main dans l’écriture et en plus, il y avait l’effervescence de la Coupe du Monde de football 1998 qui arrivait. C’était une bonne période pour se lancer dans le journalisme sportif.

– En 1998, tu vas rejoindre la chaîne Eurosport où tu vas travailler un peu dans tous les sports. Comment as-tu été recruté par cette chaîne? Que peux-tu nous dire sur ces années au sein de la chaîne du sport?

C’était un peu l’école du sport dans cette chaîne. J’ai touché à tous les sports, avant que les dirigeants de la chaîne structurent la rédaction en créant des services pour chaque sport.

La personne qui m’a fait venir à Eurosport a été nommé à la tête du service football de la chaîne et il m’a demandé de travailler pour lui. J’ai notamment couvert pour eux, l’Euro 2000, qui fût un excellent souvenir.

– Ta carrière de journaliste sportif va prendre un tournant lorsque tu rejoins TF1 en 2004. En effet, tu vas devenir l’un des hommes de terrain les plus réputés du PAF. Comment s’est passée ton adaptation sur la plus grande chaîne française de l’époque? Quelles sont les personnes qui t’ont aidé à ton arrivée?

Mon arrivée s’est passée le plus naturellement du monde. TF1 étant la maison-mère d’Eurosport, je l’ai pris comme une promotion. Au service des sports, le patron Charles Villeneuve et son adjoint Eric Hannezo voulaient collaborer avec moi. A l’époque, j’avais des contacts au sein de l’Equipe de France de football et cela a joué en ma faveur.

Ils avaient besoin, sur Téléfoot, d’un nouveau reporter, pour travailler sur l’Equipe de France. Puis, le rôle a évolué et on m’a demandé de faire de l’antenne, puis d’être chroniqueur sur Téléfoot.

« Je garde un excellent souvenir des matchs de Ligue des Champions »

– Au bord du terrain, tu vas officier durant les matchs de Ligue des Champions et de l’Equipe de France durant des rencontres très importantes. Tu vas aussi réaliser des reportages et des interviews pour l’émission « Téléfoot ». Quels sont tes meilleurs souvenirs durant cette période? Lors des matchs, quelles sont les principales difficultés pour un homme de terrain?

La position d’homme de terrain est la pire. Tu n’as pas la vision périphérique sur le terrain. Quand tu regardes le match à la télévision, tu as de nombreuses caméras, donc tu vois le match avec des angles différents. Or, au bord du terrain, tu n’as qu’une position et qu’une vision. Tu vois des petites choses du match, mais avec seulement tes deux yeux et c’est difficile d’analyser la rencontre de ce point de vue-là.

Je garde un très bon souvenir de la Coupe du Monde en Allemagne. Premièrement, parce que la France réalise un excellent parcours, malgré la défaite en finale, mais aussi parce que c’était très bien organisé. Toute la presse française était logée dans le même hôtel, il y avait une convivialité entre tous les différents médias français et c’était chouette!

Je garde un excellent souvenir aussi des matchs de Ligue des Champions. La découverte de stade magique, Le Nou Camp, L’Allianz Arena, Old Trafford, etc… L’ambiance durant les finales aussi.

Si je dois retenir des matchs que j’ai vécu, ce serait plus des rencontres de Ligue des Champions, plutôt que des match internationaux.

– Lors de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, tu vas commenter certains matchs dont Côte-D’ivoire – Portugal. Comment as-tu vécu ce superbe moment? Qu’as-tu ressenti au moment de ta première à l’antenne?

Je pensais que je serais très stressé, mais j’étais tellement bien entouré, avec des gens que je connaissais. Nous avions une très bonne entente avec Bixente Lizarazu et c’était hyper important. Surtout, j’avais la confiance de mes patrons. Ce n’était pas évident de commenter des matchs, mais me faire commencer par un match de Coupe du Monde, c’était osé!

Grâce à cette confiance, j’ai vécu cela plutôt sereinement.

De plus, à TF1, il y a une personne qui se nomme Sylvaine Mignogna, qui travaille depuis des lustres au sein de la chaîne. Elle fait partie de ces gens qui ont le sens « du confort ». Elle a travaillé avec beaucoup de commentateurs, Thierry Roland, Thierry Gilardi, Christian Jean-Pierre, Grégoire Margotton et à chaque fois, elle a joué un rôle prépondérant au bien-être de ces personnes. Elle sait mettre à l’aise.

– En 2011, à la surprise générale, tu quittes TF1 et pars pour la chaîne créé par la Ligue de Football Professionnel, CFoot. Malheureusement, Cfoot ne durera quasiment qu’un an.  Pourquoi avoir quitté TF1? As-tu des regrets par rapport à cette décision?

Je sors de la Coupe du Monde que je viens de commenter et il n’y a pas de perspectives à ce niveau-là pour moi sur TF1. Mon ancien patron des sports, Eric Hannezo qui est en charge de CFoot, me propose de le rejoindre. J’ai toujours eu une relation de confiance avec lui, je me suis dit que c’était une bonne opportunité, même s’il s’est avéré que c’était une très mauvaise opportunité (Rires).

C’est le jeu, on fait des choix qui ne sont pas toujours les bons  et c’est bien d’avoir ce genre d’expérience dans une vie professionnelle. Au moins, j’ai pu travailler dans un autre rôle et devenir présentateur, chose que je ne pouvais pas faire à TF1.

– Tu vas rejoindre le groupe Canal +, où tu vas commenter des matchs européens sur Foot +, mais aussi présenter l’émission « Match of Ze Day » avec Messaoud Benterki lors de la saison 2013/14. Comment se sont passées tes années Canal +? Pourquoi ne pas avoir continué sur cette chaîne?

Notre collaboration fût très courte. J’avais commencé chez eux via Canal + Afrique. Un jour Cyril Linette me fait venir dans son bureau et me propose de présenter « Match of Ze Day » avec Messaoud.

Honnêtement, c’est difficile lorsque vous n’êtes pas issus de la maison Canal de vous faire une place sur la chaîne. Ce n’est pas exactement l’accueil auquel je m’attendais, même si je garde un bon souvenir de certains collègues de Canal +. Je suis arrivé au mauvais moment aussi, car à l’époque il y avait beaucoup de défiance et de concurrence.

« Je prends beaucoup de plaisir à animer une émission sur le MMA »

– En 2015, tu rejoins l’équipe de Kombat Sport où tu présentes l’émission UFC Weekly qui traite des sports de combat et de l’UFC. Pourquoi avoir quitté le monde du football? Qu’est-ce qui t’as plu dans ce nouveau challenge?

Un camarade, que j’ai croisé à Canal +, travaillait sur une émission qui traite du MMA. Il cherchait quelqu’un pour la présenter et m’a choisi, alors que je n’y connaissais rien. Je suis d’un naturel assez curieux. Je me suis donc renseigné sur ce que cette discipline représentée et elle m’a intrigué.

Je prends beaucoup de plaisir à animer cette émission. Il s’est aussi avéré, que dans les mêmes locaux, il y avait Ma Chaine Sport. Je connaissais très bien le responsable, avec qui j’avais travaillé à Eurosport. Il m’a demandé de travailler pour eux et j’ai suivi le championnat National durant une saison, ainsi que le championnat espagnol.

David astorga 2

– Où en es-tu au niveau professionnel? Quels sont tes objectifs?

J’ai toujours comme objectif d’exercer mon métier dans les meilleures conditions. Ma Chaine Sport et Kombat Sport ont été fusionnés dans SFR Sport, donc je continue à animer mon émission sur les sports de combat et je commente les matchs du FC Barcelone, en différé, pour SFR Sport.

A côté de cela, je suis retourné aussi chez mes amis d’Eurosport, où je travaille sur des directs.

Je donne des cours de communication en Ecole de Journalisme et je travaille avec des entreprises pour des prestations d’animation de séminaires ou autres

– Quels sont les joueurs dont tu gardes un très bon souvenir?

J’apprécie énormément Zinedine Zidane, Lilian Thuram, Cristiano Ronaldo, Robert Pirés, Bernard Lama, Didier Deschamps, Luc Sonor, Marcel Desailly, Bixente Lizarazu, Edgar Davids, Fabio Cannavaro, Alain Boghossian, Christophe Dugarry, Jérome Rothen, Steve Savidan, Bernard Diomède, Rigobert Song, Didier Drogba.

Des joueurs que j’ai côtoyé dans les années 2000 et avec qui j’ai de très bons souvenirs. Au niveau des entraineurs, je peux citer Arséne Wenger, José Mourinho.

J’en oublie certainement, mais ceux-là, ce sont des gens que je revois avec grand plaisir.

– Quels sont tes amis dans le milieu du football et du journalisme?

 Lilian Thuram est mon ami, mais on l’était déjà avant que lui soit professionnel et moi que je fasse ce métier. Dans ce milieu-là, vous avez des connaissances, car c’est très difficile de se lier d’amitié dans le journalisme.

Dans la profession, mes amis viennent majoritairement de TF1. Christophe Abel, Frédéric Calenge, Boris Rubagotti, Michael Bayard et Pedro Garcia qui bossent à Eurosport. J’apprécie aussi Julie Raynaud.

– Tu as été l’un des pionniers en tant qu’homme de terrain. Aujourd’hui, quels sont ceux que tu apprécies le plus à la télévision?

C’est une question difficile, car je regarde des matchs où il n’y a pas d’homme de terrain (Rires). C’est un rôle que j’ai fait et avec le recul, je dois dire que je ne suis pas fan de ce poste-là. Le plus original, c’est Laurent Paganelli, il apporte une sorte de fraîcheur et il me fait marrer.

– Qu’aimes-tu faire en-dehors de ton travail?

J’aime m’occuper de mon fils. Cela me prend beaucoup de temps et j’adore le faire! J’aimerais voyager, je l’ai beaucoup fait à une époque. Je joue beaucoup au squash aussi.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

Continuez d’aimer le football parce que c’est un sport formidable. C’est un ascenseur émotionnel, où l’on voit beaucoup de choses. Le football reflète aussi la société actuelle, même s’il faut faire attention, « Don’t Believe the Hype »! (Ne croyez pas tout ce qu’il se dit dans les médias).

JayjayEN TETE A TETE AVEC DAVID ASTORGA

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