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EN TETE A TETE AVEC JOEL SAMI

A la veille de retrouver le Gazelec Ajaccio, pour le compte de la trentième journée de Ligue 2, Joel Sami a accepté de répondre à mes questions. Le solide défenseur (1.90m) est revenu sur sa belle carrière avec gentillesse et sincérité. Très disponible, il est notamment revenu sur sa période nancéienne, qui prend une place importante dans son cœur, avec beaucoup d’affection et de plaisir. Actuellement à l’US Orléans, il va faire son maximum pour essayer de maintenir le club en Ligue 2. Le natif de Montfermeil se livre pour le plus grand plaisir des lecteurs du Blog de Jayjay.

– Bonjour Joël, tu vas commencer ta carrière professionnelle à l’ASOA Valence en Division 2, à l’âge de 18 ans. Peux-tu nous raconter comment en es-tu arrivé là? Où as-tu évolué dans les catégories de jeunes?

Je suis issu de la région parisienne, où j’ai commencé à pratiquer le football au niveau District dans le club de Roissy. Avant cela, je faisais un peu d’athlétisme, du handball et comme mon grand frère était basketteur professionnel, il m’a incité à jouer au basket-ball. Etant plus attiré par le football et poussé par mes camarades de l’école, j’ai choisi le football.

J’ai débuté en club assez tard, à l’âge de dix ans. J’ai donc joué à Roissy, jusqu’à l’âge de quinze ans et j’évoluais dans la sélection du Val d’Oise, où je me suis fait repérer par un recruteur de Valence. Malheureusement, au moment de partir faire des essais dans la Drôme, je me suis blessé au ménisque. J’ai donc retardé mon départ et j’ai signé à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, pour évoluer avec les -17 ans. C’était prévu que ma deuxième année de -17 ans, je signe enfin à Valence.

Je rejoins donc l’ASOA Valence, ça se passe plutôt bien lors de ma première saison et j’intègre l’effectif de l’équipe réserve à ma deuxième année.

Alors que l’équipe première avait beaucoup de blessés, Didier Notheaux, qui était l’entraineur de l’équipe première, me demande d’intégrer le groupe professionnel pour aller jouer au Mans qui jouait la montée. Au bout de quinze minutes de jeu, un défenseur se blesse et je rentre pour disputer mon premier match en professionnel à l’âge de 18 ans.

– Avant de quitter Valence pour rejoindre Amiens, tu as failli quitter la France et rejoindre le championnat anglais. Peux-tu nous parler de cette épisode de ta carrière?

Valence n’avait pas énormément d’argent et il ne me proposait pas de contrat professionnel. Je n’ai même pas un petit quelque chose, qui m’aurait fait rester au club où je me sentais très bien.

Mon agent me parle d’un intérêt de certains clubs anglais, je décide donc d’aller faire des essais en Angleterre. Je commence par un test à Leeds United, qui venait de descendre en Deuxième division. L’entraineur est content de moi, mais malheureusement le club était mal en point financièrement.

Je pars faire un essai à Manchester United, surtout pour juger mon niveau dans un premier temps face à des joueurs de top niveau. Je passe une semaine là-bas, je m’entraine avec Cristiano Ronaldo qui vient de signer au club et ça se passe très bien. Alex Ferguson me reçoit dans son bureau et me dit qu’il a déjà des joueurs de même niveau que moi et qu’il ne veut pas empiler les contrats.

Je vais à Bolton qui veut me faire signer un contrat professionnel, mais il fallait l’accord de Valence où j’avais signé un contrat amateur en fin de saison dernière. Le club drômois voulait récupérer de l’argent et l’affaire a capoté. Je suis rentré en France au mois de décembre où je joue à Valence, en attendant le prochain mercato d’été.

– A l’âge de vingt ans, tu rejoins le club d’Amiens SC, qui évolue en Ligue 2. C’est là que ta carrière va prendre son envol. Tu vas jouer cent-vingt matchs en quatre saisons au club et t’affirmer comme un des meilleur défenseur central du championnat. Que peux-tu nous dire sur ces quatre saisons si bénéfiques pour toi?

J’arrive dans un club qui connaît bien la Ligue 2 et qui fait confiance aux jeunes. Cela me permet de beaucoup jouer dès mon arrivée. On réalise quatre belles saisons, notamment ma troisième, où on finit quatrième du championnat de Ligue 2 avec 69 points.

Ma dernière saison est un peu plus difficile sur un plan personnel et collectif. On se maintient difficilement, mais en Coupe de France, on arrive jusqu’en demi-finale, où on se fait éliminer par le Paris Saint-Germain.

– Puis tu signes à l’AS Nancy Lorraine qui évolue en Ligue 1. Qu’est-ce qui t’as poussé à signer dans le club Lorrain? As-tu reçu des offres d’autres clubs?

Lorsque je suis à Amiens, au mois de décembre, mon agent m’appelle et me dit que l’AS Nancy et le FC Nantes s’intéressent à moi. Nancy jouait le haut de tableau et me montrait le plus d’intérêt. J’avais aussi la possibilité de disputer la Coupe d’Europe. En signant à Nancy, j’allais aussi retrouver Issar Dia, que j’avais côtoyé à Amiens et que j’appréciais beaucoup. J’ai pris la décision de signer chez eux en janvier et de me faire prêter six mois à Amiens pour les aider à se maintenir.

– Tu vas avoir du mal pour ta première saison à Nancy, où tu ne vas jouer que huit matchs en Ligue 1. Peux-tu nous donner les raisons de ce manque de temps de jeu?

Dans le but de m’aguerrir  à la Ligue 1, j’ai eu une intégration en douceur à mon arrivée à Nancy. J’ai donc commencé la saison en jouant la Coupe de la Ligue, puis la Coupe d’Europe.

Ce ne fût pas une super saison d’un point de vue personnel, car je me suis rompu le tendon d’Achille au mois d’octobre et j’ai été éloigné des terrains durant six mois. Je n’ai retrouvé les terrains qu’au mois de mars et c’est là que j’ai commencé à évoluer en Ligue 1 avec L’ASNL.

« Nancy est vraiment une ville et un club qui me tient à cœur »

– Puis, tu vas gagner ta place et t’imposer en charnière centrale durant six saisons à l’AS Nancy Lorraine. Quel a été le déclic pour toi? Quels sont tes meilleurs souvenirs du côté de la Lorraine? As-tu des regrets concernant ces sept saisons à Nancy?

J’ai beaucoup de bons souvenirs du côté de Nancy. Je pense que mon plus beau, c’est la saison 2011/2012. On commence très mal la saison, où on est très vite relégable. On gagne notre premier match à la onzième journée de championnat! Tout le monde nous avait enterré. Ce n’était pas facile de revenir et au final, on finit à la onzième place du championnat, grâce à un super parcours durant la phase retour. Il y avait une ambiance extraordinaire au sein du groupe. C’est vraiment une ville et un club qui me tient à cœur. Le seul point négatif, c’est le climat (Rires).

– Avec le club lorrain, tu vas malheureusement connaitre la descente de Ligue 1 en Ligue 2 lors de la saison 2012/2013. Que peux-tu nous dire sur cette saison si triste pour le club?

On sortait d’une fin de championnat monstrueuse et on a attaqué cette saison un peu trop tranquillement. Malheureusement, les mauvais résultats se sont enchaînés et on avait qu’onze points au mois de décembre. Les matchs se succédaient, sans qu’on arrive à se lâcher et à pratiquer notre jeu. L’entraineur, Jean Fernandez, s’est fait virer au mois de janvier, remplacé par Patrick Gabriel. Ca a donné un coup de fouet à l’équipe, mais pas assez pour éviter la descente. Notre départ trop poussif nous a plombé notre saison.

– Après deux saisons en Ligue 2 avec l’ASNL, tu vas rejoindre le championnat belge et le club de Zulte-Waregem qui évolue en première division Belge. Pourquoi ce choix? Pourquoi ne pas avoir continué l’aventure Nancéienne?

Lorsqu’on est descendu avec Nancy, j’ai eu des propositions, mais aucune venant d’un club de Ligue 1. Je me suis posé la question de rester en Lorraine et je voulais quitter le club en l’ayant laissé en Ligue 1.

Lors de ces deux années en Ligue 2, on a échoué de peu à retrouver l’élite du football français. Cela faisait un moment que j’étais au club et j’avais l’impression d’avoir fait le tour du propriétaire, j’étais tombé dans une forme de lassitude, j’étais trop dans le confort et je n’arrivais plus à me faire mal pour le club.

J’ai eu l’offre de Zulte-Waregem qui était intéressante et cela me permettait de découvrir un nouveau championnat, ainsi qu’une autre façon de travailler.

– Malgré une très belle saison de ta part, tu n’es resté qu’une seule année en Belgique. Pourquoi ce départ si rapide du club? Es-tu tout de même satisfait de ta première expérience hors de France?

C’était une bonne expérience pour moi. J’ai découvert un entraineur qui avait des méthodes de travail totalement différentes de ce que j’avais connu ultérieurement. Quand les entraineurs étrangers arrivent dans un club de Ligue 1 et qu’ils se plaignent que les joueurs français travaillent peu, c’est une vérité. Les charges de travail étaient conséquentes durant les entrainements. Je n’étais pas habitué à ces méthodes.

J’ai beaucoup joué lors de la première partie de championnat, mais ce fût plus dur par la suite, notamment sur le plan physique, où j’avais du mal à assimiler ce manque de récupération et cette grosse quantité de travail.

– Cette saison, tu évolues en Ligue 2 à l’US Orléans. Comment es-tu arrivé dans le Loiret? Pourquoi avoir choisi ce club? Selon toi, quelles sont les forces et les faiblesses de l’effectif Orléanais?

L’éloignement avec ma famille a joué dans ce choix, c’est l’une des raisons majeures qui m’a fait revenir dans l’Hexagone.

Au mois de mai, j’ai pris la décision de partir de Belgique et de trouver un club en France. J’avais le choix entre Amiens et Orléans. J’ai discuté avec Olivier Frapolli, l’entraineur d’Orléans, au téléphone et j’ai eu un très bon feeling avec lui et le directeur sportif. Ils ont tout mis en œuvre pour que je signe chez eux. C’est pour cette raison, que j’ai choisi de les rejoindre.

Au sein de l’effectif, on a des joueurs revanchards qui ont eu des hauts et des bas dans leur carrière. Un mec comme Karim Ziani est avec nous pour prendre du plaisir et se montrer. Au niveau des points négatifs, c’est un club qui n’a pas connu le haut niveau et qui doit se structurer. C’est pour cela que le club doit absolument se maintenir pour se pérenniser dans l’élite du football français.

joel sami 2

– Malgré de bons résultats au mois de février, le club est actuellement relégable. Comment expliques-tu cette situation?

On savait que cela allait être dur. En début de saison, on n’a pas eu de réussite. Il nous manquait des petits détails pour faire basculer le match de notre côté. On a changé d’entraineur et c’est vrai qu’on est en train de redresser la barre depuis le début d’année 2017.

Maintenant, on n’a pas le droit de se relâcher et c’est le plus difficile. Il y a de la qualité au sein du groupe et tout le monde nous voit descendre, mais on va tout faire pour se maintenir.

– Alors que le club d’Orléans est sous la menace d’une relégation administrative et que tu vas sur tes 33 ans. Entrevois-tu ton futur du côté du Loiret ou aimerais-tu tenter un dernier défi?

Sincèrement, je vis au jour le jour. Je joue un peu moins en ce moment, mais mon objectif principal est d’aider le club à se maintenir. Après, à la fin de la saison, si on me propose une offre intéressante, je réfléchirais. Je suis ouvert à tout et même à rester à Orléans.

« Malgré la décision de la DNCG, on va faire le maximum pour aller chercher le maintien »

– Le club d’Orléans vient d’être pénalisé de quatre points de pénalité par la DNCG. Quel est ton sentiment à ce sujet? Est-ce que cette sanction a démobilisé le groupe ou, au contraire, as-tu senti une forme de mobilisation de l’effectif pour se battre et arriver à se maintenir sur le terrain? 

Lorsque nous avons appris cette décision prise contre nous, ce  n’était pas facile. C’est vrai que c’est une décision qui est importante et pénalisante. Le club a décidé de faire appel, on attend le verdict. On va s’occuper du terrain, faire le maximum pour obtenir le maintien et on fera les comptes a la fin.

Au niveau de la sélection nationale, tu comptes cinq sélections avec la République Démocratique du Congo. Comment s’est passée ton intégration dans l’effectif? Que représente le fait de porter le maillot de la sélection pour toi? Tu n’as plus porté le maillot de la RDC depuis 2012, quelles en sont les explications?

Je jouais avec Youssef Mulumbu à Amiens et il m’a poussé à aller en sélection. J’avais le choix entre le Centrafrique, qui n’avait pas de sélection à l’époque, la France et la RDC. J’ai participé à un stage et effectué un match amical face à l’équipe de France A’, c’est à partir de là que le noyau de cette sélection s’est formé. Avant, les joueurs qui évoluaient en Europe rechignaient à venir en sélection, ce stage à Marbella et ce match amical ont favorisé leur intégration, car il y avait dorénavant un vrai projet.

J’ai joué durant deux ans en sélection et cela demandé beaucoup d’efforts. Lorsque je suis passé d’Amiens à Nancy, j’ai privilégié ma carrière en club, surtout que je m’étais blessé à cause de la surcharge de travail due à la sélection. Lorsque je suis arrivé en fin de contrat avec l’ASNL, j’ai demandé à ne plus être sélectionné, ce qui a été très mal vu par la fédération.

Par la suite, ils ont essayé de me rappeler, mais vu les conflits qu’on avait eu, j’ai préféré décliner la sélection.

– Vu ton gabarit et ton style de jeu assez physique et qui aime les duels, aimerais-tu tenter une aventure dans le championnat Anglais?

C’est un championnat qui m’a toujours fait rêver. J’ai failli commencer ma carrière là-bas et lorsque je jouais à Nancy, j’ai failli signer à Charlton durant un mercato.

Je pense que c’est un championnat qui pourrait me correspondre. Ca pourrait être un regret, si je ne joue jamais dans ce championnat, mais il me reste  encore quelques années devant moi (Sourire).

– Toi qui aime les duels avec l’attaquant et l’épreuve physique durant une rencontre, quels sont les attaquants qui t’ont donné le plus de mal durant vos confrontations?

J’aime jouer contre des attaquants au gabarit similaire au mien, comme Zlatan Ibrahimovic par exemple. J’ai plus de mal face aux attaquants malins comme Kevin Gameiro par exemple. Plusieurs fois, il m’a fait vraiment mal, car c’est un joueur vif et plus petit que moi. C’est ce genre de joueur que j’aime le moins avoir au marquage.

 – Quels sont tes meilleurs amis dans le football?

C’est à Nancy que j’ai rencontré le plus de monde avec qui j’ai gardé contact, mais mon meilleur ami dans le football, c’est Reynald Lemaître, qui joue actuellement à Guingamp.

On s’est connu à Nancy et on se téléphone énormément pour prendre des nouvelles et discuter.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

 Je vous souhaite une bonne lecture de mon interview. Continuez à bien profiter de ce Blog, qui permet de connaître la vie de certains joueurs et que je vais suivre dorénavant.

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