My Blog

EN TETE A TETE AVEC RENE GIRARD

On l’oublie peut-être, mais René Girard est le dernier entraîneur à avoir été couronné Champion de France en 2012 avec le Montpellier Hérault Sporting Club, avant la terrible domination du Paris Saint-Germain sur la Ligue 1.

De son Gard natal, où il se ressource avant de repartir pour un nouveau défi, il a accepté de revenir en arrière et  de se livrer sur sa belle carrière d’entraîneur, mais aussi de joueur, lui qui a participé à la Coupe du Monde en 1982 avec l’équipe de France.

Très sympathique et plein d’humour, j’ai passé un excellent moment avec l’un des entraîneurs les plus décriés par les médias français.

Une interview sans langues de bois, du très humain et valeureux ancien entraîneur du FC Nantes, pour le plus grand plaisir des lecteurs du Blog de Jayjay.

  • Sur sa carrière de joueur :

– Bonjour René, originaire de Vauvert dans le Gard, tu intégreras le Nîmes Olympique où tu graviras les échelons jusqu’à intégrer l’équipe première. Peux-tu nous raconter ton enfance et tes débuts dans le football?

Ce fût un parcours assez classique. J’ai débuté à Vauvert où j’ai évolué jusqu’en cadet sous la houlette de René Dupont, qui a été quelqu’un qui a beaucoup compté pour moi.

Par la suite, Marcel Rouvière qui s’occupait des jeunes au Nîmes Olympique est venu me chercher en 1968 et j’ai fait mes classes au sein du club nîmois jusqu’à l’intégration du groupe professionnel.

A l’époque, je ne suis pas le seul jeune à arriver dans l’effectif professionnel. Il y a Bernard Boissier, Attilio Moretti, Faouzi Mansouri, qui débutent chez « les grands » et qui vont composer l’équipe première dans les années qui suivent.

– Au Nîmes Olympique, tu vas t’imposer dès ta troisième saison dans la peau d’un titulaire indiscutable au milieu de terrain. Comment s’est passée ton intégration dans l’effectif professionnel? Tu vas rester huit ans chez les Crocodiles, quels sont tes meilleurs souvenirs?

Je signe mon premier contrat professionnel à dix-huit ans et participe à mon premier match l’année suivante, en amical face à l’équipe nationale de Roumanie au stade Jean-Bouin.

Mes deux premiers matchs de championnat étaient en Corse, le premier face à l’Ajaccio de Marius Trésor et le second à Bastia, j’étais vite dans le bain! (Rires) Il faut dire que quand on était entre les griffes de Kader Firoud, l’entraîneur à l’époque, on savait à quoi s’en tenir!

Il fallait répondre présent et j’ai eu la chance de croiser des gens qui m’ont beaucoup apporté à mes débuts dans le monde professionnel. Durant les années 1970 notamment avec Michel Mézy, Giancarlo Canetti, Henri Augé, André Kabyle, Jacky Vergnes, qui étaient d’excellents joueurs, on était obligé de tout donner lorsqu’on évoluait à leurs côtés. Malgré mon jeune âge, il fallait être à la hauteur. Le jeu de Firoud demandait de l’engagement, de la solidité, il ne fallait pas rater le wagon en marche. Cela m’a permis d’aimer le football et le dépassement de soi.

Au niveau du palmarès, il faut avouer qu’on n’a pas gagné de trophées majeurs, mais je suis heureux d’être resté huit années au Nîmes Olympique en Division 1.

Je retiens surtout qu’on avait une équipe de copains et mes meilleurs souvenirs sont de l’ordre collectif. L’ambiance du Stade Jean-Bouin restera dans ma mémoire aussi, j’ai tellement d’anecdotes à ce sujet! Disons que parfois, on savait qu’en sortant du tunnel au début du match, on allait gagner la rencontre rien qu’en voyant le visage de nos adversaires! (Rires)

C’était un stade mythique où il y avait de l’engagement et du défi physique. Cependant, il y a eu aussi de formidables matchs de football, des derbys face à l’OM ou des rencontres fabuleuses contre Saint Etienne par exemple. De nombreux moments forts!

Comme j’ai coutume de dire, j’ai appris les rudiments du football, la rigueur, le respect à Nîmes et j’ai appris autre chose à Bordeaux pour devenir international et étoffer mon palmarès.

rene girard joueur

– Lors de la saison 1980/1981, tu vas quitter le Nîmes Olympique pour rejoindre les Girondins de Bordeaux. Pourquoi avoir opté pour Bordeaux? As-tu été contacté par d’autres clubs? Quelles sont les principales choses que tu garderas en mémoire de ton passage en Gironde?

Paradoxalement, j’ai eu des contacts avec le FC Nantes (Rires). Seulement, depuis trois ans, les Girondins me sollicitaient pour signer chez eux. L’insistance de Didier Couécou et Claude Bez a eu raison de mon choix. J’ai donc signé à Bordeaux où j’ai passé huit années fantastiques.

Bordeaux était une bonne équipe, mais en construction. J’ai eu la chance d’arriver au bon moment car j’ai vécu des moments splendides et j’ai aussi pu étoffer mon palmarès.

Durant huit saisons, on a réalisé des choses exceptionnelles, en remportant trois titres de Champion de France et deux Coupe de France, en allant en deux demi-finale de Coupe d’Europe, je n’ai pas regretté mon choix!

« Participer à la Coupe du Monde en 1982 fût un moment magique »

– Dès ta deuxième saison chez les Girondins, tu vas connaître les joies de la sélection en étant convoqué avec l’équipe de France. Tu vas même participer à la Coupe du Monde 1982 en Espagne. Que retiens-tu de cette compétition?

Partir dans un club du haut de tableau et jouer avec des joueurs comme Jean Tigana, Alain Giresse, c’est toujours favorisant par rapport à l’équipe de France. D’ailleurs, on est parti à la Coupe du Monde 1982 avec sept joueurs évoluant à Bordeaux.

Etre pris pour cette compétition, c’était une surprise pour moi. En tant que « petit » Gardois, être professionnel, c’était déjà extraordinaire, mais là c’était l’apothéose. J’avais évolué en équipe de France Junior, puis Espoir et j’atteignais le stade ultime pour un joueur de football, j’allais disputer une Coupe du Monde.

A cette époque, il y avait l’Argentine de Diego Maradona, l’Italie, etc… C’était un honneur de participer à cela. J’étais en voiture lorsque j’ai appris la nouvelle, je me rendais à l’entraînement au Haillan. Je me suis garé sur le côté de la route et je me suis tapoté le visage pour savoir si c’était bien vrai! J’avais vingt-huit ans, j’arrivais à maturité et j’étais en pleine possession de mes capacités.

  • Sur sa carrière d’entraineur :

– Après être revenu terminer ta carrière de joueur au Nîmes Olympique, tu vas prendre les rênes de l’effectif professionnel six mois après ta retraite, pour essayer de maintenir les Crocos en première division. Peux-tu nous parler de cette première expérience sur un banc?

Quand je suis revenu au Nîmes Olympique, j’avais deux parties dans mon contrat. La première était en tant que joueur et pour la deuxième partie, Jean Bousquet, le président du NO à l’époque, m’avait proposé une reconversion au sein du club, à la fin de ma carrière de joueur.

Au départ, j’étais directeur sportif et je m’occupais un peu aussi du centre de formation. Michel Mézy était au club et il était hors de question de se marcher sur les pieds. L’équipe était entraîne par Daniel Roméo qui venait de faire remonter le club en Division 1.

Lors de la saison 1991/92, l’équipe commence mal la saison et au bout de six mois, on me demande de prendre les reines de l’effectif  afin d’obtenir le maintien. On arrive brillamment à se maintenir en finissant quinzième du championnat et même si j’avais rempli ma mission, je savais qu’un nouvel entraîneur arrivait l’année d’après.

Je suis resté au club où j’étais en charge du centre de formation. C’était enrichissant et c’était une bonne expérience pour apprendre et grandir. Après cela, j’ai quitté le club, car il n’allait pas où je souhaitais qu’il aille et comme je n’étais pas le patron, j’ai préféré partir.

– Après cela, tu vas prendre du recul par rapport au football et ce n’est que trois ans plus tard que tu vas reprendre en main une équipe. Pourquoi as-tu eu besoin de cette coupure avec le ballon rond? Qu’as-tu fait durant cette période?

Après cette expérience, j’ai pris une année sabbatique. Avec mon épouse, j’ai tenu une presse dans le centre-ville de Nîmes pendant un an, tout en passant mes diplômes d’entraîneur en parallèle. J’ai donc pu me mettre en conformité avec la loi.

– Tu vas prendre la direction de Pau pour entraîner l’équipe qui se trouve en National, puis c’est à Strasbourg que tu vas apporter ton savoir. Comment se sont passées ces deux expériences?

J’ai eu cette opportunité à Pau, où je connaissais le directeur sportif avec qui j’avais joué à Bordeaux. Je me suis donc lancé et je suis resté un an et demi avec cette équipe qui évoluait en National. C’était une bonne expérience, même si pour moi on était à la limite du monde amateur.

Après cela, je pars à Strasbourg où j’étais pas censé atterrir, mais le club avait de mauvais résultats et Patrick Proisy, le président du club, m’a demandé de venir donner un coup de main durant les six derniers mois de l’année pour obtenir le maintien en première division. Cela reste un bon souvenir, car le club est resté en première division. Je n’avais signé qu’un contrat de six moi, mais j’espérais que le maintien obtenu m’octroierait au minimum des discussions pour entraîner l’année suivante. C’est à partir de cette année que vont commencer mes différents avec certaines personnes du football. Pendant six mois, les dirigeants du RCS m’ont promis de discuter pour l’année d’après, seulement j’attends toujours leur proposition! J’ai donc quitté le club alsacien.

« C’est Aimé Jacquet qui m’a sollicité pour rejoindre la FFF »

– A la suite de ton départ du RC Strasbourg, tu vas intégrer la Fédération Française de Football. Comment s’est passé cette nomination à la FFF? Quels étaient tes objectifs en intégrant cet organisme?

Juste après la Coupe du Monde 1998, Aimé Jacquet m’a sollicité pour que j’intègre la Direction Technique Nationale. Je n’étais pas particulièrement fait pour former des entraîneurs, mais finalement cette période m’a énormément plu. Cela a été bénéfique pour moi, ça m’a permis de me structurer, d’avancer dans ce métier-là au contact de gens très intéressants. J’ai passé dix belles années là-bas.

– Durant quatre ans, tu vas officier en tant qu’adjoint de Roger Lemerre, le sélectionneur national. Comment as-tu vécu ces années au sein de l’équipe de France? Quel était ton rôle au sein du groupe?

En parallèle de la formation, ce qui était intéressant pour moi, c’était que je ne sortais pas totalement du terrain en étant aux côtés de Roger. On a vécu de grands moments, comme la victoire aux Championnats d’Europe en 2000. J’étais aussi présent lors de la Coupe du Monde 2002 en Corée du Sud et Japon. Il faut quand même avouer qu’à cette compétition, on n’a pas été bon à tous les niveaux, il ne faut pas se cacher. Il y a plein de raisons pour expliquer cette contre-performance et pas forcément celles qui ont été avancées.

René girard fff

– Après ton expérience avec l’équipe de France A, tu vas retrouver un poste auprès des jeunes. Que peux-tu nous dire sur ton passage à la tête des différentes catégories de sélections françaises?

Après la Coupe du Monde en Corée, Roger Lemerre est parti et c’est Jacques Santini qui l’a remplacé. Je ne voulais pas m’installer dans un rôle d’adjoint toute ma carrière, j’ai donc dit à Aimé Jacquet que j’arrêtais l’équipe de France A et que je souhaitais retourner avec les sélections de jeunes.

J’ai été à la tête des -18ans, puis des -19 ans et quand Raymond Domenech est devenu sélectionneur, j’ai pris les Espoirs pendant six ans.

– Ton aventure au sein de la DTN prend fin à la nomination d’un nouveau directeur, Gérard Houiller. Peux-tu nous raconter ce qu’il s’est passé?

Je quitte l’équipe de France toujours pour une question d’hommes. Peut-être que c’est moi qui suis con (Rires), mais j’ai un problème avec Gérard Houiller. Lorsqu’il est nommé DTN à la place d’Aimé Jacquet, il m’évince de l’équipe de France Espoir, pour y mettre un homme à lui.

Il explique que je ne pourrais pas me qualifier, que mon travail n’est pas efficace, mais la réalité, c’est que je suis le dernier en 2006 a avoir qualifié l’équipe de France Espoir dans une phase finale d’un tournoi majeur où j’avais atteint la demi-finale au passage.

– Ce n’est qu’après ton départ de la FFF que tu vas rejoindre Montpellier et que tu vas te révéler aux yeux du grand public. Durant trois saisons, tu vas façonner ton équipe pour devenir Champion de France de Ligue 1 lors de la saison 2011-12. Comment as-tu amené ton équipe à faire une saison si exceptionnelle?

Je suis resté une année sans club, où j’ai tourné sur les stades pour rester au contact du monde du football et en 2009, Louis Nicollin me demande de venir afin de relever un challenge au sein du club de la Paillade.

La première année, on se qualifie pour l’Europa League, l’année suivante on arrive en finale de la Coupe de la Ligue, puis l’apothéose la troisième année avec ce titre de Champion de France. Quatre années très bien remplies et superbes à vivre.

En effet, je pense que le titre englobe les trois années, c’est une continuité. Des joueurs comme Romain Pitau, Cyril Jeunechamp, Geoffrey Dernis ont apporté leurs expériences à des jeunes qui s’imposaient petit à petit au sein du groupe, pour arriver à maturité l’année du titre.

On a toujours su anticiper les besoins ou les remplacements à faire au sein de l’équipe, je pense au recrutement d’Olivier Giroud par exemple, qui nous a tellement apporté.

« On n’aurait jamais pensé devenir Champion de France devant le PSG »

– Pensais-tu sincèrement ton équipe capable de gagner le titre de Champion de France de Ligue 1 en 2012?

Non. En plus, on était rentré dans l’ère parisienne avec l’arrivée des Qataris, il n’y avait rien de programmé, même pour être en Coupe d’Europe. On savait qu’on pouvait faire un beau championnat parce qu’on avait de bons joueurs, mais on était à des années lumières de se douter de notre titre.

Toute l’année, on a entendu qu’on ne tiendrait pas la cadence et finalement, on l’a fait. Tout le monde peut gagner une Coupe de France, mais un titre de Champion de France, c’est autre chose. Il y a trente-huit matches, il faut de la régularité, ça prouvait la valeur de l’effectif avec des Rémy Cabella, Younes Belhanda, Olivier Giroud, Benjamin Stambouli, Mapou Yanga-Mbiwa, on avait une équipe extraordinaire.

rene girard nicollin

– La saison suivante, tu vis une saison difficile et tu quittes Montpellier pour t’asseoir sur le banc de Lille. Comment s’est passé ton départ du MHSC? Pourquoi avoir choisi Lille? As-tu reçu des offres d’autres clubs?

J’étais en fin de contrat à Montpellier et même s’il n’y a pas eu d’histoires, on aurait pu faire autrement. J’avais fait le tour du côté de la Mosson, où on venait d’achever la saison à la neuvième place du championnat. Cette année-là, il y avait eu des légers problèmes de communication au sein du club qui pouvaient en partie expliquer les mauvais résultats. C’était tout de même logique que je parte.

En France, Lille faisait parti des clubs intéressants, qui pouvait me donner l’ambition de jouer le haut de tableau.

– Après une belle première saison au LOSC où tu finis troisième de Ligue 1, ton équipe connaît des difficultés et vous terminez huitième du championnat lors de la deuxième année. Peux-tu nous parler de ces deux années à Grimonprez-Jooris?

On finit troisième la première année avec une équipe composée de joueurs costauds, Rio Mavuba, Florian Balmont, au milieu par exemple.

Seulement,  j’arrivais dans un club, où les dirigeants étaient plus dans la restriction que dans le développement. Cinq ans auparavant, le club faisait le doublé, il faisait venir de très bons joueurs. Lorsque j’ai débarqué c’était plutôt l’inverse.

Du coup, lors de la deuxième année, je perds Salomon Kalou qui est transféré à l’Hertha Berlin. De plus, on joue les barrages de Ligue des Champions au mois d’août et je n’ai pas de recrues importantes qui arrivent à l’intersaison.

J’avais signé pour trois saisons, mais vue la tournure que prenait mon séjour au LOSC, j’ai préféré ne rester que deux ans.

« J’ai eu une relation compliquée avec le président Kita et son fils »

– En début de saison, tu étais devenu le coach du FC Nantes Atlantique. Malheureusement ça ne va pas bien se passer et tu es remercié début décembre. Que retiens-tu de ces six mois à la tête des Canaris? Selon toi, d’où venait le problème?

C’est un club qui a un passé extraordinaire, où l’on pourrait bâtir quelque chose de très solide, c’était d’ailleurs la raison de ma venue.

Malheureusement, je ne m’attendais pas à avoir des relations aussi compliquées avec le président Kita et son fils. Au départ, j’avais demandé certaines choses qui avaient été acceptées par mes dirigeants, on était d’accord sur le fait d’être ambitieux, que ça soit sur le recrutement ou dans le jeu. Durant deux mois, cela a bien fonctionné.

Cependant un club, ce n’est pas uniquement le terrain, c’est aussi tout ce qui gravite autour et notamment les relations en interne. Ca n’a pas marché comme je le voulais et il faut avouer que les résultats n’ont pas été à la hauteur non plus, je pense qu’il y a tout de même des circonstances atténuantes pour expliquer cela.

Pour être honnête, à la fin du mercato d’été j’avais déjà pris la décision de quitter le club à cause du recrutement. J’ai quand même prolongé l’aventure pour voir comment ça allait se passer par la suite, mais en décembre après une bonne gifle face à l’Olympique Lyonnais, j’ai démissionné pour essayer de créer un électrochoc.

J’ai quitté le FCNA dans des conditions pas terribles, j’aurais préféré que la séparation se passe mieux, mais ce ne fût pas le cas. Ca fait dix ans que ce club est mal géré et je pensais pouvoir faire changer les choses en arrivant à la Jonelière. Pour moi, mon passage à Nantes restera comme un échec.

« La presse française ne m’épargne pas et je commence à en avoir marre »

– As-tu officiellement pris ta retraite d’entraineur où espères-tu un dernier challenge à l’étranger par exemple? Qu’aimes-tu faire en dehors du football?

Non, je vais tenter de rebondir. Je ne sais pas encore où, mais j’espère reprendre les rennes d’un club ou pourquoi pas d’une sélection nationale.

J’aurais aussi une grosse envie d’entraîner une équipe à l’étranger pour plusieurs raisons, déjà au niveau de la presse française, je pense que j’en ai assez pris pour mon grade et cela commence à m’énerver. J’arrive à un âge où j’ai envie de prendre du plaisir, donc une expérience hors de France ne me coûtera pas trop, surtout que je ne devrais plus croiser ces gens-là.

  • Sur les joueurs qu’il a connus :

– Peux-tu me citer le meilleur onze avec qui tu as joué?

Selon moi, l’équipe la plus performante dans laquelle j’ai joué, c’était les Girondins de Bordeaux lors de la saison 1984/1985. Avec quinze internationaux, c’était du très haut niveau. Dominique Dropsy, Jean-Christophe Thouvenel, Thierry Tusseau, Léonard Specht, Patrick Battiston, Jean Tigana, Alain Giresse, Gernot Rohr, René Girard, Bernard Lacombe, Dieter Müller.

Les deux seuls joueurs du Nîmes Olympique qui auraient pu jouer dans cette formation sont Michel Mézy et André Kabyle.

– Celui que tu as entraîné?

Le Montpellier de 2012 avec qui j’ai été champion. Ce qu’on a fait durant une année a été exceptionnel.

– Quel est le joueur le plus dur que tu as connu lorsque tu étais joueur?

Les mauvaises langues diront René Girard, mais je n’ai pas pu m’entraîner (Rires). Raymond Domenech, extrêmement dur dans le jeu et souvent à la limite.

Celui que tu as entraîné?

Cyril Jeunechamp. Solide, rigoureux, dur sur l’homme. Il était très dur à passer et il ne lâchait rien pendant quatre-vingt dix minutes.

– Quel est le joueur qui était le « chouchou » de l’entraineur à ton époque?

Alain Giresse attirait la sympathie. Sa qualité de joueur, sa taille, ses performances sur le terrain amenaient un grand respect vis-à-vis de l’entraîneur.

– Quel est celui qui était ton chouchou?

 Il existe plusieurs façons de protéger un joueur.

Par exemple, il y avait Marko Basa à Lille. C’est un très bon joueur, mais malheureusement il est fragile physiquement. Il fallait le protéger par rapport à ses matchs internationaux et à ses efforts aux entraînements.

Puis, je faisais attention aux jeunes joueurs comme Rémy Cabella et Younès Belhanda au MHSC ou Adama Traoré et Rony Lopes au LOSC. Dernièrement, lors de mon passage au FC Nantes, j’ai surveillé le petit Amine Harit, car c’est un grand talent et il ne fallait pas le brûler en l’économisant quelquefois.

– Quel est le joueur le plus blagueur avec qui tu as joué? 

Patrick Battiston avait beaucoup d’humour, c’était un vrai pince-sans-rire. Jean-Marc Ferreri aussi était très drôle.

– Celui que tu as entraîné?

Je vais peut-être vous étonner, mais Florent Balmont est un garçon adorable, rempli d’humour.

– Quel est le joueur que tu as côtoyé qui est passé à côté d’une très grande carrière?

Je pense à Philippe Vercruysse. Les blessures ont eu raison de son potentiel extraordinaire.

– Celui que tu as entraîné?

Christophe Dugarry. Un garçon que j’ai côtoyé en sélection et qui a eu une magnifique carrière. Cependant, il aurait pu être à un niveau encore plus élevé compte tenu de ses nombreuses qualités.

– Selon toi, si René Girard avait été l’entraineur du René Girard joueur, comment se serait passé leur entente?

Je pense que notre entente aurait été bonne. Avoir du caractère ce n’est pas avoir mauvais caractère. J’ai côtoyé des joueurs qui avaient beaucoup de caractère et c’est avec eux que j’ai eu mes meilleures relations.

– Un dernier mot pour les lecteurs de mon Blog?

Soyez attentif à ce que le Blog de Jayjay propose, car il connaît bien le football. Bonne lecture et bonne continuation à tous.

 

 

JayjayEN TETE A TETE AVEC RENE GIRARD

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *