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EN TETE A TETE AVEC NICOLAS MAURICE-BELAY

C’est un Nicolas Maurice-Belay serein et heureux que j’ai eu au téléphone cette semaine. Et pour cause, l’excellent dribbleur des Girondins de Bordeaux s’apprête à jouer la qualification européenne face à l’Olympique de Marseille dans ce choc de la trente-septième journée de Ligue 1.

Remis de ses blessures à répétition au genou, le joueur originaire du Val-de-Marne a réintégré le groupe professionnel il y a un mois environ pour aider son club dans la dernière ligne droite du championnat.

Très gentil et disponible pour mon Blog, ce fût un excellent moment que de m’entretenir avec lui.

Entretien avec un joueur attachant de notre Ligue 1 pour le plus grand plaisir des lecteurs du Blog de Jayjay.

 

 – Bonjour Nicolas, tu nais en région parisienne et commences le football à l’âge de six ans au club de l’US Creteil. Puis, tu rejoins l’INF Clairefontaine, avant d’intégrer le centre de formation de l’AS Monaco. Peux-tu nous parler de cette période de ta carrière?

Je viens de Boissy-Saint-Léger dans le Val-de-Marne. A l’âge de six ans, j’ai pris ma première licence dans le club de l’US Créteil. C’était un club très sérieux, où on rentrait déjà dans un système de compétition même chez les jeunes. On avait une équipe compétitive et on gagnait de nombreux tournois au niveau départemental et régional. On est arrivé en phase finale de la Coupe Nationale des Poussins, il y avait Saint Etienne, le FC Metz, etc…

Cela m’a permis de jouer face à des jeunes de mon âge de toute la France et grâce à ces compétitions, j’ai pu jauger mon niveau, mais surtout me faire remarquer. C’est ainsi que j’ai intégré l’équipe de la sélection du Val de Marne avec qui j’ai pu me faire sélectionner par les recruteurs de l’INF Clairefontaine.

Entre-temps, j’avais quitté Créteil et rejoins la VGA Saint-Maur pendant deux ans.

A l’INF Clairefontaine, j’étais entraîné par André Merelle durant trois saisons et avant d’intégrer l’INF, j’avais déjà signé à l’AS Monaco, mon avenir était un peu assuré du coup. Pendant trois années, j’ai bossé les gammes du football et emmagasiné tout ce qu’on doit savoir faire avant de rejoindre un club professionnel. Dans ma promotion, j’ai côtoyé entre autres Jimmy Briand, Guillaume Rippert, Rudy Haddad, Jonathan Bru, Yoann Folly.

J’ai pris la direction de l’AS Monaco à l’âge de seize ans.

maurice belay jeune

– A Monaco, tu évolues au sein des équipes de jeunes, puis rejoindre l’effectif professionnel. Tu vas signer ton premier contrat professionnel en 2005 et jouer ton premier match en Ligue 1 quelques semaines plus tard. Comment s’est passée ton intégration au sein de l’effectif monégasque?

J’avais déjà goûté au haut-niveau, car deux ans auparavant, l’année où Monaco arrive en finale de la Ligue des Champions, j’avais disputé la rencontre de seizième de finale de la Coupe de la Ligue au Stade Vélodrome face à l’OM (défaite 2 à 0). Je connaissais donc l’effectif.

Deux ans plus tard, je fais le stage de préparation avec eux et Didier Deschamps m’annonce qu’il veut me faire signer professionnel.

« Jouer quinze matchs en Ligue 1 malgré l’effectif de l’ASM était exceptionnel pour moi »

– Après une première saison parmi l’élite avec l’ASM, tu vas être prêté au CS Sedan Ardennes qui évolue en Ligue 1. Quels étaient tes objectifs en rejoignant le CSSA? Comment s’est passé ton départ de l’ASM?

A l’époque, Monaco possédait de très grands joueurs. Il y avait Christian Vieri, Olivier Kapo, Camel Meriem, Gael Givet, etc…Rien que de jouer quinze matchs dans l’année, c’était phénoménal pour moi, j’aurais jamais espéré jouer autant.

Au mercato d’été, l’ASM recrute Jérémy Ménez qui vient pour jouer. On est plusieurs joueurs à se poser des questions sur notre utilité cette saison-là, notamment Olivier Veigneau, David Gigliotti et moi.

Le club me dit qu’il compte sur moi, mais pour le premier match, ils font jouer Olivier Veigneau, habituel arrière gauche, en tant que milieu gauche. Sachant que Jérémy Ménez était absent, je me dis que la saison va être compliqué pour moi.

A l’époque, Sedan et Nancy m’ont contacté, mais j’avais donné ma parole à Sedan, du coup j’ai rejoint le CSSA.

Pour montrer à quel point le football est bizarre, je donne mon accord le vendredi aux dirigeants sedanais et le lendemain, je suis titulaire pour la première fois de la saison avec l’AS Monaco face à Saint-Etienne.

– Dans les Ardennes, tu vas réaliser une saison pleine en disputant trente matchs de championnat. Peux-tu nous raconter ta saison du côté des Ardennes?

J’en garde un très bon souvenir, malgré la descente en Ligue 2. J’ai toujours des contacts avec des anciens coéquipiers de Sedan. J’ai pris énormément de plaisir, car on pratiquait un football très offensif et cela m’a fait du bien de sortir de mon cocon monégasque, de voir autre chose. Je n’étais plus considéré comme le petit jeune du groupe. J’avais mon propre appartement, mon indépendance.

A cette période de ma vie, j’ai grandi en tant qu’Homme et cela m’a beaucoup servi pour la suite de ma carrière.

« A Sochaux, Frédéric Hantz ne voulait pas de moi »

– Tu reviens à l’AS Monaco, mais tu ne vas pas rester en principauté. En effet, tu prends la direction d’un autre club de Ligue 1, le FC Sochaux-Montbéliard. Pourquoi ne pas être resté à l’AS Monaco pour tenter de t’y imposer? Pourquoi avoir choisi le FCSM?

L’année où je me fais prêter à Sedan, l’ASM comptait sur moi. Comme je disais tout à l’heure, le football est bizarre, car à mon retour, on me demande cette fois de trouver un nouveau club.

Personnellement, ce moment a été difficile pour moi. Je voulais m’imposer dans mon club formateur et en un an, je passe d’espoir du club, à un joueur indésirable sur le Rocher.

Le FC Bâle s’est montré intéressé, mais je ne connaissais pas trop le club et j’ ai préféré rester en France. Je signe à Sochaux, car Sébastien Grax avec qui j’avais joué à Monaco, me contacte et parle de moi à la direction. Ma grosse erreur en signant là-bas, c’est que l’entraineur (Frédéric Hantz) ne me veut pas et je vais le payer lors de ma première saison.

Nicolas Maurice belay 3

– Durant tes deux premières saisons dans le Doubs, tu vas connaître deux années difficiles, où le club flirte avec la relégation. D’un point de vue personnel, tu vas faire deux bonnes saisons, mais tu ne vas pas autant jouer que lors de ton année à Sedan. Peux-tu nous raconter ces deux premières saisons au FCSM?

A mes débuts, ce fût très difficile notamment avec l’entraineur. Je joue le premier match de la saison face au Paris Saint-Germain et on fait match nul au Parc des Princes. Je réussis une grosse prestation, ça se passe très bien, mais le match suivant, je me retrouve sur le banc.

Quand je vois cela, je me dis que ça va être dur pour moi. Lors du match suivant, je fais un bon match en tant que titulaire, puis les deux rencontres qui suivent, je suis catastrophique.

A la suite de cela, Frédéric Hantz m’a mis de côté. Je n’étais même plus dans le groupe professionnel et j’allais m’entraîner avec la CFA. Ce n’est qu’à la suite de son remplacement par Francis Gillot, que je redeviens un membre de l’effectif du FC Sochaux.

– Lors de ta dernière saison au FCSM, tu vas réaliser une saison pleine et le club se qualifie pour la Coupe d’Europe en terminant à une splendide cinquième place en Ligue 1. Que peux-tu nous dire sur cette très belle année du côté du stade Bonal?

Cette saison a été l’une des plus belles années de ma carrière. En terme de jeu, c’était le top. On avait une équipe portée vers l’offensive avec des défenseurs solides comme Damien Perquis, Jérémie Bréchet, Jacques Faty, Boukary Dramé. Devant, il y avait Ideye Brown et Modibo Maïga, tandis qu’ au milieu je jouais avec Marvin Martin, Ryad Boudebouz, et Kévin Anin.

On avait une super équipe avec une ambiance extraordinaire. On finit cinquième de Ligue 1 et cela m’a fait vraiment plaisir.

« Bordeaux était une énorme opportunité pour moi »

– A la fin de la saison, tu es en fin de contrat et tu t’engages avec les Girondins de Bordeaux. Pourquoi ne pas avoir prolongé à Sochaux? Qu’est-ce qui t’as fait opter pour les Girondins? As-tu reçu des offres d’autres clubs?

J’étais heureux de faire une grosse saison avec le FCSM et de partir, car mes trois premières saisons ont été très difficiles surtout psychologiquement. La seule chose qui aurait pu me faire rester à Bonal, c’est le groupe qui était en place, mais je voulais pas faire la saison de trop et je laissais Sochaux en Coupe d’Europe tout de même.

J’ai reçu des offres de club turcs, de Toulouse et de Nancy notamment. La présence de Francis Gillot à Bordeaux a beaucoup joué dans mon choix. Je voulais retravailler avec lui et c’était réciproque, donc mon choix fût logique.

Bordeaux est un club historique du championnat, qui quelques saisons auparavant, venait d’être champion de France. C’était une opportunité énorme pour moi.

– Après vous être brillamment qualifiés pour la Ligue Europa lors de ta première saison aux Girondins, tu remportes la Coupe de France  la saison suivante dans une rencontre à suspense face à Evian. Quels sentiments ont prédominé lors de la victoire en Coupe de France?

C’était mon premier titre de ma carrière en professionnel. Ce fût un moment magique pour moi. Jouer au Stade de France, devant des milliers de supporters et toute ma famille, cela m’a fait chaud au coeur.

C’est la magie du football. J’étais aux anges de vivre un moment comme cela, en plus mon fils est venu avec moi pour soulever la coupe dans la tribune. C’était un grand moment!

Nicolas Maurice Belay 2

– Lors des saisons 2013/2014 et 2014/2015, tu vas réaliser deux superbes saisons personnelles, malheureusement cela ne se retrouve pas dans les résultats du club qui ne se qualifie pas pour la Coupe d’Europe. Selon toi, quelles sont les raisons de ces deux saisons moyennes de la part des Girondins?

Ces saisons-là ont été difficiles, car on arrivait pas à jouer sur tous les tableaux. La Coupe d’Europe nous prenait beaucoup d’énergie et cela se répercutait sur les résultats en Ligue 1.

Lors de ces saisons, chaque fois qu’on était éliminé de la Coupe d’Europe, automatiquement, on retrouvait plus de fluidité dans le jeu, on était plus frais physiquement. La question était : avait-on un effectif suffisant pour jouer la Coupe d’Europe à cette époque?

– Depuis deux saisons, tu joues beaucoup moins en grande partie à cause de problèmes aux genoux, mais aussi par choix de l’entraîneur. Cette saison, tu n’as d’ailleurs pas joué une seule minute en Ligue 1 avec les Girondins. Qu’est-ce qu’il se passe exactement depuis deux années? N’est-ce pas frustrant pour un joueur comptant plus de trois-cent matchs de Ligue 1 d’être dans cette situation?

J’ai eu une blessure au genou que j’ai traîné durant un long moment. on indisponibilité devait durer de quatre à six mois, or je suis resté un an sans jouer. Donc, j’ai été absent un long moment à cause de cela.

Le foot va très vite dans un sens comme dans l’autre. On a de bons résultats cette année et je dois retrouver mon niveau pour espérer réintégrer l’équipe. En ce moment, je me réjouis surtout d’être revenu de si loin, car ce fût des moments difficiles à vivre.

« J’aimerais bien prolonger l’aventure à Bordeaux »

– Tu as trente et un an et tu arrives en fin de contrat à Bordeaux à la fin de cette saison. Quelles sont tes perspectives d’avenir? Y a t-il un espoir de te voir prolonger aux Girondins de Bordeaux?

J’ai toujours l’espoir de prolonger l’aventure chez les Girondins, c’est un club qui te donne envie de rester. Après je ne sais pas ce que je vais faire. Pour l’instant, j’essaie juste de travailler, d’avoir du temps de jeu et après on verra bien.

– Tu fais parti des très bons dribbleurs du championnat de France de Ligue 1 et tes qualités de percussion sur le côté gauche perturbent les défenseurs adverses. Cependant, cela ne se traduit pas expressément dans tes statistiques offensives (nombre de buts ou passes décisives). Comment expliques-tu cela?

C’est le gros point noir de ma carrière et la chose qu’on m’a le plus reproché.

Le problème c’est que les gens croient que je joue avant-centre. Quand je suis arrivé au FC Sochaux, je suis arrivé avec cette étiquette de « buteur », j’étais mal à l’aise à cette époque, même si l’arrivée de Francis Gillot m’a fait du bien par la suite.

Cette étiquette, tu la gardes toute ta carrière. Par exemple, à l’époque de Sochaux, j’avais un journaliste qui me parlait des statistiques de Cédric Bakambu, qui ne marquait pas et cette personne me disait qu’on avait le même problème tous les deux.

Autant pour le nombre de buts, je suis le principal fautif, autant pour les passes décisives, je ne suis pas le seul responsable! Il y a même une personne, qui devait bien m’aimer, qui m’a fait une vidéo avec toutes mes actions qui auraient pu ou dû aboutir à une passe décisive!

– Selon toi, quel est le joueur le plus râleur de l’effectif des Girondins?

(Rires) Sans hésitation, Jérémy Ménez!

– Quel est le plus blagueur?

Je pense que c’est moi! (Rires) Je chambre beaucoup sur les habits, les entraînements, etc…!

– Quel est celui dont la tenue vestimentaire est à revoir?

 (Il éclate de rire) Jérôme Prior, je vais pas le louper lui!

– Quels sont tes meilleurs amis dans le football?

Quentin Westberg, Henri Saivet, Serge Gakpé, Boukary Dramé et Jacques Faty.

– Quel est le joueur le plus méchant que tu aies connu?

En tant que coéquipier, c’est Carlos Henrique! (Rires) C’est mythique!

Au niveau des adversaires, je ne sais pas s’il était très méchant, mais il avait un gabarit hors du commun, c’est Dianbobo Baldé, c’était un monstre!

– Si tu devais faire l’équipe-type des meilleurs joueurs avec qui tu as évolué?

Cédric Carasso, Maicon, Boukary Dramé, Nicolas Pallois, Lamine Sané, Kévin Anin, Landry N’Guemo, Olivier Kapo, Stéphane Dalmat, Jussié, Modibo Maïga.

– Qu’aimes-tu faire lorsque tu n’es plus sur un terrain de football?

 Je suis marié et j’ai deux enfants, donc je suis plutôt casanier et j’aime profiter de ma vie de famille. Une vie de vieux! (Rires)

– Où te vois-tu dans quinze ans?

 Je me verrais bien entraineur!

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

J’espère que le résumé de ma carrière vous a plu et que vous allez soutenir le Blog de Jayjay parce que les interviews sont intéressantes. C’était un plaisir pour moi de répondre aux questions!

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