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EN TETE A TETE AVEC OMAR DA FONSECA

C’est un monument du football que j’ai eu la chance d’interviewer. Nous avons tous souri au moins une fois en entendant les commentaires extravagants d’Omar da Fonseca sur une action de Léo Messi, son joueur préféré. Très sollicité par les médias en vue du Clasico Barça – Real de samedi, il a accepté de me répondre entre deux enregistrements pour beIN SPORTS. Une superbe rencontre avec un personnage très attachant, dont la gentillesse et la passion font honneur au football d’aujourd’hui. Le natif de Buenos Aires nous parle notamment de sa belle carrière de joueur, mais aussi de son expérience à beIN SPORTS, au côté de Benjamin Da Silva. Entretien avec l’un des meilleurs consultants de France en exclusivité sur le Blog de Jayjay.

# Sur sa carrière de joueur :

– Au début de ta carrière, tu as évolué en Argentine, et notamment à l’ Atlético Belgrano puis à Vélez Sarsfield. Peux-tu nous parler de cette période jusqu’à ton arrivée en France?

En Argentine, on essaie d’aller jouer dans l’équipe qu’on supporte. Souvent, grâce à son père, à son oncle ou à son grand-père, on devient supporter de telle ou telle équipe. Ça peut venir aussi du quartier où tu vis. J’avais huit mois et j’avais déjà la carte de socios de Vélez Sarsfield. Mon grand-père était fou de ce club et par la suite il m’emmenait au stade tous les dimanches.

J’ai donc toujours voulu jouer à Vélez, mais pour rentrer au club, il fallait passer par les détections. J’ai eu du mal à réussir à rentrer dans ce club, car le niveau était élevé.

A force, j’ai quand même réussi à intégrer Vélez, mon rêve s’est concrétisé.

– Etant supporter de Vélez, tu allais souvent au stade pour voir les matchs de ton club de coeur. Il paraît aussi que tu allais même aux entrainements. Peux-tu nous en dire plus?

A l’âge de 14 ans, j’allais voir les entraînements des professionnels. Je les attendais devant leur bus, pendant qu’ils se douchaient ou se faisaient masser. Ils mettaient des plombes à arriver (Rires)!! Puis, lorsqu’ils montaient dans le bus, c’était une espèce d’attraction, ils avaient leurs beaux survêtements, qui maintenant seraient tous pourris!(Rires).

Je passais des heures là-bas, juste pour les voir monter dans le bus.

– C’est à Tours que tu vas te révéler au football Français. Comment es-tu arrivé au club?

Je connaissais Oswaldo Piazza et Carlos Bianchi qui avaient joué à Vélez et ils m’ont dit que je devais venir en Europe. Au départ, je devais signer en Colombie, où un club m’offrait une fortune pour signer. Mais mon père m’a expliqué que ça ne serait pas l’argent qui allait me permettre d’atteindre ma plénitude en tant qu’Homme. J’ai donc choisi de rejoindre la France.

Comment s’est passée ton acclimatation en Indre et Loire?

 Quand je suis arrivé, j’étais totalement dans l’inconnu. Je ne parlais pas un seul mot de français et le froid était dur à l’époque (Rires). Puis je n’avais pas beaucoup de moyen de communication, il n’y avait pas de portable à l’époque, pas d’Internet. Mes parents devaient faire six heures d’attente pour pouvoir m’appeler car il fallait aller dans un endroit spécifique pour me téléphoner. Quand je parle de ça, à mes petits-enfants, ça les fait rigoler car ils ne s’en rendent pas compte. Je recevais du courrier et ça me faisait du bien au moral, mais c’était tous les 10-15 jours que j’avais des nouvelles de mes proches. A mon époque, aller à la boite aux lettres cela signifiait quelque chose, maintenant on a que des factures dedans! (Rires)

« J’ai toujours été attiré par Paris »

– Puis, tu vas signer au Paris Saint-Germain, où tu vas devenir champion de France de première division. Pourquoi avoir choisi le PSG? Que peux-tu nous dire sur ton passage dans la capitale?

 J’ai toujours été quelqu’un qui, en-dehors de l’aspect financier et sportif, voulait avoir un beau cadre de vie. A Paris, je savais que ça serait le cas. C’est une ville magnifique que les Sud-Américains adorent. Même si le club n’avait rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui, c’était le Paris Saint-Germain. Lorsque le président Borrelli m’a contacté, j’étais comme un fou. Pourtant, je sortais d’une grosse saison avec Tours et j’étais très sollicité en France, mais aussi à l’étranger. Mais, c’est à Paris que je voulais aller. J’ai bien commencé le championnat, mais je me suis cassé la clavicule et j’en ai eu pour trois mois. On a réalisé une saison magnifique où on reste invaincu durant les vingt-six premières journées de championnat. C’était l’époque de Dominique Rocheteau, Luis Fernandez, Safet Susic, Joel Bats…C’est le premier titre de champion de France de l’histoire du PSG.

– Après le PSG, tu vas prendre la direction de l’AS Monaco où tu vas encore devenir champion de France. Peux-tu nous parler de tes années sur le Rocher?

Le PSG recrute Jules Bocandé, Vahid Halilhodžić, je savais que j’allais moins jouer. Je choisis de partir à l’AS Monaco où il y a des joueurs comme Daniel Bravo, Bruno Bellone, Dominique Bijotat, Jean-Luc Ettori… Lors de ma deuxième année, Arséne Wenger arrive de l’AS Nancy-Lorraine pour entrainer et on est champion cette année-là.

– Tu as connu la sélection Argentine en tant que joueur, qu’est-ce que ça représentait pour toi de porter le maillot de l’Albiceleste? Quelles ont été tes impressions en rentrant sur le terrain avec ce maillot sur le dos?

Je n’ai joué que deux matchs amicaux, ce n’était pas des grands matchs. Mais, en Argentine, le côté tradition et culturel de représenter l’Argentine est très important. Je me souviens surtout des entrainements où je côtoyais Diego Maradona. A l’époque,  j’étais insouciant et inexpérimenté. Maintenant, je me dis que j’aurais du garder des souvenirs, faire des photos. Quand tu es joueur, tu es trop dedans et tu fais tout pour jouer le week-end. Je n’avais pas le recul nécessaire pour me poser et profiter. Du coup, je n’ai pas énormément de souvenirs de mes matchs avec l’Argentine.

– Quels sont les meilleurs souvenirs de ta carrière de joueur?

J’en ai beaucoup de bons souvenirs. Je me rappelle d’un match avec Tours face au Matra Racing où on était égalité deux buts à deux et je marque d’une tête un peu originale. Un but aussi avec Monaco, contre le PSG qui nous fait gagner le match. Mais les souvenirs ne me nourrissent pas, c’est trop vieux tout ça. Je ne vis pas dans mes souvenirs, l’avenir c’est devant moi. J’ai fait une bonne petite carrière et même si j’aurais pu faire autrement certaines choses, je suis heureux.

# Sur la Ligue 1 :

– En Ligue 1, que penses-tu de ce début de championnat? Quelles sont les équipes que tu vois en haut du tableau cette saison?

On a un peu plus de doutes pour savoir qui va être champion, même si je pense que ça sera le Paris Saint-Germain. On a un peu plus de suspense cette année. Il y a Nice qui est pas mal et qui développe un jeu attractif. Monaco se lâche un peu plus cette année et ils ont un joli potentiel offensif.

« La Ligue 1 devrait revenir vingt ans en arrière »

– Le championnat de Ligue 1 est souvent critiqué pour son niveau notamment. Quelle est ton opinion à ce sujet?

Je suis beaucoup la Liga Espagnole et quand je vois Grenade, la Real Sociedad, le Celta Vigo, qui, peu importe contre qui elles jouent, essaient de jouer au football. Ils contrarient l’adversaire et ne cherchent pas à le neutraliser. En France, on entend souvent les entraineurs dirent : « L’important c’est de ne pas encaisser de but », « Il faut rester en place défensivement ». En Espagne, jamais un entraineur ne dira ça et en Argentine, encore moins sinon il se fait brûler sa voiture cinquante fois (Rires). On accepte ça en France, on nous parle de l’organisation, de la rigueur, de la discipline, mais ça c’est la base et la logique du football.

La Ligue 1 devrait revenir vingt ans en arrière, où à l’époque, il y avait de superbes numéros dix, des latéraux qui jouaient très offensifs et surtout c’était un football basé sur la technique et moins sur le physique.

J’ai écouté l’interview de Bruno Génésio après le match de Lyon-Paris Saint Germain (1-2). Il dit : « je pensais qu’il fallait être solide défensivement », résultat : il fait une équipe de merde avec trois milieux défensifs. A la mi-temps, parce qu’il perd un à zéro, il met des joueurs offensifs, mais pourquoi il l’a pas fait en début de match?

En Espagne, ce week-end, il y avait Real Sociedad-FC Barcelone. L’entraîneur de la Sociedad a mis cinq joueurs offensifs! C’est une autre vision du football.

– Quels sont les joueurs qui te plaisent le plus en Ligue 1?

 J’aime le milieu de terrain de Nice. Vincent Koziello, Jean Michael Séri, et William Cyprien. J’adore Nice, il joue à terre et favorise un jeu de possession de balle. Contrairement à beaucoup d’équipes de Ligue 1.

 # Sur l’Argentine :

– Est-ce que tu suis encore le championnat Argentin (A noter que beIN SPORTS diffuse le championnat argentin)?

Oui, je le suis, mais c’est un peu fastidieux car c’est un championnat à trente clubs qui est un vrai foutoir. Le fait de faire partir les meilleurs jeunes très tôt et de les remplacer par des anciennes gloires, ça crée un fossé énorme. Je le suis car je connais encore du monde dans ce championnat, mais en-dehors de certains matchs, ce n’est pas très intéressant. Au niveau des stades, des pelouses et de l’organisation, c’est du n’importe quoi. On ne sait même pas qui est le président de la fédération! Ça ne m’attire plus.

– Que penses-tu de la nomination d’Edgardo Bauza au poste de sélectionneur de l’Argentine?

 C’est un choix par défaut. Ils ont voulu César Sampaoli, Diego Simeone et tant qu’on aura pas un entraineur de cette valeur, on s’en sortira pas. Sans être méchant et avec tout mon respect, il ne représente que très peu pour le pays. Il n’a pas l’aura pour entraîner un Léo Messi ou un Mascherano. L’idéal aurait été Sampaoli, mais il a préféré tenter sa chance en Europe.

# Sur le football en général :

« Barcelone-Real Madrid, c’est le summum »

– Samedi, tu vas commenter Barcelone-Real Madrid. Que représentes cette rencontre pour toi? Quel est ton pronostic?

Ça représente la crème du football, deux puissances de la planète football. Dans les deux villes, il y a une effervescence autour de ça. Chaque équipe à une multitude de stars. C’est le duel entre Ronaldo et Messi, on a énormément d’étoiles dans les yeux et sur le terrain aussi.

Mon pronostic, je pense que le Barça ne gagnera pas, mais comme le Real ne doit pas gagner, je dirais match nul ! (Rires).

– On te dit tu peux assister à qu’un seul match entre un Réal Madrid – Barcelone, ou un River Plate – Boca Junior, tu choisis lequel des deux? Pourquoi?

Je choisirais Real Madrid-Barcelone. River a une équipe très moyenne cette année et Boca, je les ai vu jouer ce week-end, c’est pas terrible non plus. En Argentine, il y a quand même la passion dans les tribunes. Pour répondre à ta question, je dirais Real Madrid-Barcelone, mais avec les supporters argentins. On lâche 50000 malades au Santiago-Bernabeu et on aura le spectacle idéal! (Rires)

– Quels sont les joueurs qui te font vibrer actuellement?

En Europe, j’adore ces joueurs qui ont le contact élégant avec le ballon. Coutinho, Dembele, Hazard, Messi, Reus, Iniesta, Silva, Mata, ce style de joueurs. Parce que moi je suis un vieux con, quand je regarde un match, je veux ressentir l’émotion à travers ce type de joueur. Quand je vois un colosse faire un gros tacle et que tout le monde l’applaudit, je dis « Bien défendu », mais ça m’attire pas. Je préfère un petit extérieur, un bon chewing-gum, un beau dribble. C’est de la créativité.

# Sur la vie :

–  Aujourd’hui, tu es consultant sur beIN SPORTS, et lorsque tu commentes un match, on sent toute ta passion du football qui transpire de ta voix, tu transmets ça aux téléspectateurs, est-ce important pour toi de faire vivre le match quand tu es derrière le micro?

Je viens d’une culture où l’on grandit avec la radio. Quand j’étais jeune, on « regardait » la radio. Mon grand-père l’a mettait au milieu de la pièce et avec mes frères ou mes cousins, on écoutait José Maria Munoz, le commentateur de l’époque. Le mec imageait le match à la perfection et il était hors de question de louper un match lorsqu’il commentait. En Argentine, même à la télévision, là-plupart des commentateurs, ils vivent le match. En-dehors de ce fanatisme pour le foot qui existe en Argentine, le foot reste festif. Même si je comprends que c’est une industrie, pour moi, le football doit rester un jeu.

« Benjamin Da Silva a bien compris mon caractère »

– A beIN SPORTS, tu formes un duo très complémentaire avec Benjamin Da Silva (Omar, en tant que consultant et Benjamin, en tant que journaliste, couvrent la Liga qui est en exclusivité sur beIN SPORTS). Qu’est-ce qui fait la force de votre duo? Tu te taquines aussi pas mal avec ton rival brésilien Sonny Anderson, comment juges-tu votre relation?

Benjamin a fait beaucoup d’efforts pour s’adapter à moi. Parce que moi, je suis assez vieux et j’ai eu un tas de journalistes à mes côtés. J’ai travaillé avec Grégoire Margotton, Alexandre Ruiz, Stéphane Guy. Je pense que notre entente est bonne car Benjamin a bien compris mon comportement et mon caractère. On est souvent dans le dialogue et maintenant on a le bon timing. On essaie de mettre de la chaleur pour accompagner le téléspectateur, car au final c’est un jeu.

Pour Sonny, je le connais depuis très longtemps. C’est le brésilien, le moins brésilien que je connaisse! (Rires). Il est trop sérieux, trop posé (Rires). Même s’il danse bien la samba, il est devenu trop français (Rires). J’aime me moquer de lui, c’est un ami que j’apprécie énormément. C’est pour ça qu’on se permet certaines légèretés, car au fond, la meilleure formation intrinsèque pour les footballeurs, ce sont les brésiliens. Nous, on a « la grinta » comparé à eux.(Rires) Mais, on vient de prendre 3 à 0 contre le Brésil, alors on a rien à dire.

– Beaucoup de tes collègues consultants ont changé de chaîne cette année, as-tu été tenté pour aller voir ailleurs?

 Non, j’ai pas du tout pensé à partir. J’ai été approché, mais je ne peux pas en parler.

– Lorsque il n’est pas sur beIN SPORTS, que fait Omar Da Fonseca?

J’essaie de m’entretenir même si j’ai des prothèses suite à diverses opérations. Je vais voir beaucoup de matchs, mais même si je continue à être dans le football car c’est cela qui me fait vivre, je me réserve le vendredi soir pour aller au théâtre ou au cinéma. Je lis beaucoup aussi, car ça me permet d’apprendre des nouveaux mots, de me donner du vocabulaire. Ca me sert lors de mes commentaires, par exemple, je dois dire « le plat du pied » environ 200 fois dans un match, donc j’essaie de trouver d’autres mots comme « le métatarse » ou ‘le fer à repasser » (Rires). Ca me permet de développer un peu mon langage

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

J’espère que cette interview vous a plu. N’hésitez pas à aimer ce Blog et à partager l’entretien! Rendez-vous samedi pour le Clasico sur beIN SPORTS*!!!

*beIN SPORTS diffusera la rencontre en exclusivité. beIN SPORTS 1 proposera dès 15h l’émission Le Clasico Club en direct du Camp Nou, présentée par Alexandre Ruiz.

Puis à 16h15, place à la rencontre commentée par Benjamin Da Silva et Omar Da Fonseca, accompagnés de John Ferreira et Eric Abidal en bord de terrain.

A la fin de la rencontre, et jusqu’à 19h15, l’émission Le Clasico Show prendra le relais, à l’image du Champions Show présenté par Darren Tulett.

JayjayEN TETE A TETE AVEC OMAR DA FONSECA

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