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LE KESTU2VIENS AVEC DIDIER MARTEL

Avec ses nouvelles fonctions au sein du club hollandais d’Utrecht, on peut dire que Didier Martel a bien réussi sa reconversion. Partagé entre Nîmes, Paris, Dortmund et les Pays-Bas, il a gentiment accepté de répondre à mes questions sur sa belle carrière, ses anecdotes de vestiaires et la relation avec son fils qui marche sur ses traces.

J’ai senti tout au long de l’interview un homme d’une grande sympathie, profitant de la vie et qui a pris du plaisir à partager ses nombreux souvenirs.

Un entretien sans langue de bois de l’ancien joueur du Paris Saint-Germain pour le plus grand plaisir des lecteurs du Blog de Jayjay.

 

– Bonjour Didier, originaire de Fréjus, tu passes ton enfance dans le Var. A l’âge de quatorze ans, tu es repéré par l’AJ Auxerre et intègres leur centre de formation. Peux-tu nous parler de tes premiers pas de footballeur?

J’ai commencé le football dans un petit club amateur à côté de Fréjus où je fais mes gammes de footballeur. C’est lorsque j’évolue avec la sélection régionale de Provence que je suis recruté par les Girondins de Bordeaux à l’âge de douze ans.

Deux ans plus tard, l’AJ Auxerre me contacte pour intégrer le centre de formation et j’y suis resté jusqu’à mes 17 ans.

– Malheureusement, tu ne joueras aucun match en professionnel avec le maillot de l’AJA sur le dos et tu vas signer au Nîmes Olympique qui évolue en Division 1. Que s’est-il passé à l’AJ Auxerre? Qu’est-ce qui t’as séduit dans le projet du Nîmes Olympique?

A Auxerre, je n’ai pas eu ma chance, car j’étais jeune et jouer en professionnel là-bas était difficile. J’ai eu des désaccords avec les gens du club qui ne croyaient pas plus que cela en moi. J’ai donc décidé de quitter Auxerre et en signant au Nîmes Olympique, j’avais la possibilité de signer un contrat de stagiaire professionnel et d’enchaîner la saison suivante avec un contrat professionnel.

– Dès ta première saison au NO, tu vas disputer plus d’une vingtaine de rencontres de Division 1. Malheureusement, l’équipe va terminer à la dernière place et descendre en Division 2. Que peux-tu nous dire sur cette année riche en émotions pour toi? Qu’est-ce qu’il vous a manqué pour vous maintenir?

J’ai vite commencé à jouer et à marquer en équipe réserve, puis Léonce Lavagne m’a appelé pour venir jouer en première.

C’était une équipe un peu de « mercenaires » composée de joueurs comme Philippe Vercruysse, Eric Cantona qui à l’époque n’étaient pas stables. Nous n’étions pas forcément une équipe soudée et à mon avis c’est pour cela que la saison fût difficile.

– Malgré la descente, tu vas rester deux années supplémentaires dans le Gard pour évoluer en Division 2. La première année, tu vas grandement participer à la quatrième place du club en inscrivant onze buts en championnat, mais tu vas moins jouer la saison suivante et l’équipe va terminer à la dernière place de Ligue 2. Que retiens-tu de ces deux saisons chez les Crocos? Comment expliques-tu cette différence de temps de jeu personnelle entre ces deux années?

Personnellement, ma première saison en Ligue 2 fût très intéressante, mais je me suis cassé la cheville lors d’un match de préparation estivale de la deuxième année.

Je n’ai donc quasiment pas joué la deuxième saison, mais mon passage au Nîmes Olympique reste un très bon souvenir et ça a permis de faire mon entrée dans le monde professionnel.

– Lors des deux saisons suivantes, tu vas évoluer du côté de la Berrichonne de Châteauroux et de l’ASOA Valence en Division 2. Comment se sont passées ces deux expériences? Que t’ont apporté ces deux années sur le plan personnel?

Avant ma blessure, j’étais suivi par de nombreux clubs de Ligue 1 ou étrangers, mais malheureusement, cette fracture à la cheville m’a freiné dans mon élan. Je signe à Châteauroux qui jouait le haut de tableau de Division 2. C’était un challenge intéressant.

A la Berrichonne, j’ai pu me consacrer qu’au football. En effet, je suis quelqu’un qui aime profiter de la vie et le fait que Châteauroux soit une ville très calme m’a permis de me focaliser sur le terrain.

J’ai fait une bonne saison en Ligue 2, mais j’ai eu des soucis avec Victor Zvunka, l’entraineur de l’époque. J’ai donc décidé de me faire prêter à Valence où j’ai retrouvé Léonce Lavagne qui m’avait fait confiance à Nîmes.

Dans la Drôme, j’ai eu un très bon rendement et à cette époque j’avais déjà tapé dans l’œil du Paris Saint-Germain.

Didier Martel 2

« Je regrette de ne pas avoir eu véritablement ma chance au PSG »

– Tu retrouves la Ligue 1 en retournant à Châteauroux durant six mois avant de rejoindre le Paris Saint-Germain. Cependant, tu ne vas disputer que trois matchs de championnat avec le PSG. Comment s’est passé ton transfert au sein du club de la capitale? De quels joueurs étais-tu le plus proche? Que retiens-tu de ton passage au Parc des Princes?

J’ai commencé très fort la saison avec la Berrichonne en inscrivant un doublé face à l’AS Monaco. Sur ma lancée, je réalise six mois remarquables au sein de l’attaque du club en Ligue 1.

Au mercato d’hiver, Michel Denisot qui me suivait depuis quasiment deux ans, m’a contacté et j’ai tout de suite accepté cette offre que je ne pouvais refuser. Cela m’a permis de côtoyer des joueurs comme Raï, Jay-Jay Okocha, Marco Simone, Patrice Loko et j’en passe.

C’était une expérience particulière, car je n’ai pas beaucoup joué, mais je m’entraînais avec de très grands joueurs tous les jours. Je regrette tout de même de ne pas avoir eu véritablement ma chance au sein du club de la capitale.

C’était une année difficile pour le club avec notamment trois changements d’entraîneurs, nous avons tout de même gagné la Coupe de France et la Coupe de la Ligue. Ça reste un bon moment de ma carrière qui m’a permis d’être sollicité par des clubs étrangers à la fin de mon contrat au PSG.

– A 27 ans, tu décides de quitter la France et de rejoindre les Pays-Bas où tu vas évoluer au FC Utrecht. Lors de ta seconde année, tu vas te révéler et être élu joueur de l’année du club. Peux-tu nous raconter ces deux années au FC Utrecht? Quel a été le déclic pour toi?

Je suis allé là-bas pour assister à une rencontre et je suis tombé amoureux du stade et de l’atmosphère.

Mes débuts au club se sont bien passés et un peu comme mon passage à Châteauroux, j’ai pu me consacrer qu’au football sans être tenté par la vie extérieure. Je fais une deuxième saison pleine, où je sentais que j’avais la pleine confiance de mes coéquipiers, des dirigeants et des supporters.

– Tu signes au Vitesse Arnhem qui vient de finir quatrième du championnat et qui dispute la Coupe de l’UEFA. Pourquoi avoir quitté le FC Utrecht? Qu’est-ce qui t’as poussé à signer au Vitesse Arnhem? As-tu reçu des offres d’autres clubs?

J’avais des clubs anglais qui étaient intéressés, mais c’est Ronald Koeman, l’entraîneur de l’époque du Vitesse Arnhem qui m’a convaincu de signer là-bas. J’avais la possibilité de jouer la Coupe d’Europe et je franchissais un palier dans un pays qui m’a plu. Le club d’Utrecht a pour sa part récupéré une belle somme d’argent, donc tout le monde y a trouvé son compte.

Didier Martel

– Durant trois saisons et demi du côté du Vitesse Arnhem, tu vas alterner le bon et le moins bon, notamment à cause de blessures. Comment s’est passé ton passage dans l’un des plus grands clubs hollandais? As-tu des regrets sur cette période?

Mon manque de sérieux en-dehors du terrain m’a freiné et m’a causé des blessures. Je n’ai pas de regret, car je ne suis pas quelqu’un qui revient sur le passé, mais c’est vrai que j’aurais pu faire une autre carrière si j’avais pris conscience de ce qu’était le football de haut-niveau.

J’ai passé d’excellents moments à Arnhem où j’ai disputé des rencontres exceptionnelles face à l’Ajax, le PSV ou Feyenoord. Chaque année, nous terminions dans le Top 4 du classement ce qui nous a permis de disputer la Coupe de l’UEFA. J’ai ainsi pu goûter aux joies des confrontations européennes pour la première fois de ma carrière.

– En France, tu as eu des difficultés à t’imposer dans un club de Ligue 1. Ce n’est que lorsque tu t’es exilé en Hollande, que tu as connu la reconnaissance du milieu footballistique. Comment expliques-tu cela? Penses-tu que certains choix de clubs est influés sur cela?

Disons que tous mes entraîneurs m’ont toujours dit que j’avais d’énormes qualités, mais que je ne faisais pas assez d’efforts pour un joueur de haut-niveau. Par rapport à mon mode de vie par exemple et cela m’a desservi durant toute ma carrière.

J’ai toujours eu du tempérament et cela n’a pas toujours plu dans ce milieu. Je me suis accroché avec certains de mes entraîneurs, notamment Victor Zvunka à Châteauroux ou au PSG.

Au Pays-Bas, on a été juste avec moi contrairement à la France où on ne m’a pas reconnu à ma juste valeur. Je suis plus connu au Pays-Bas que dans mon pays d’origine.

– Actuellement, tu es recruteur pour le club néerlandais d’Utrecht, tu as entre autre fait venir Sebastien Haller qui s’est révélé au sein de l’équipe première. Etait-ce important pour toi de trouver une reconversion dans le football? Quelles est ton rôle exact et tes missions au sein du staff hollandais?

Pouvoir se reconvertir dans le football est plaisant, car cela reste ma passion. C’est un métier extraordinaire, je peux voyager, voir des matchs, je suis habilité à découvrir des talents.

J’ai eu l’opportunité de faire ce travail avec Utrecht qui m’a contacté il y a quatre ans. Je suis recruteur pour le club sur la France et c’est très intéressant. J’ai déniché Sébastien Haller qui était au placard à Auxerre et qui explose littéralement chez nous.

« Mon fils sait maintenant que le football demande des sacrifices »

– Tu es le papa d’Anthony Ribelin, qui est prêté par le Stade Rennais au Paris FC et qui évolue comme attaquant. Comment vis-tu le fait de voir jouer ton fils au plus haut niveau? Peux-tu nous parler de votre relation?

Anthony n’a pas encore franchi le cap pour jouer comme titulaire en Ligue 1. Cette saison il fallait trouver un club où il allait accumuler du temps de jeu et le Paris FC lui a permis de se montrer. Il n’a que 21 ans et possède des qualités de passes et de finition qui sont intéressantes.

J’ai de très bons rapports avec mon fils et même si je n’ai pas été beaucoup présent dans son enfance à cause de mon travail, il sait maintenant ce que le football représente et les sacrifices que cela demande. Nous nous appelons après ses matchs pour débriefer de ses prestations et je suis très proche de lui.

– Quels sont les joueurs qui t’ont le plus impressionné durant ta carrière?

Evidemment, des joueurs comme Raï, Okocha, Marco Simone, Jérôme Leroy sont remarquables par leur classe et leur niveau de jeu. Ce sont des joueurs très humbles, des grands Hommes sur et en-dehors du terrain.

– Quels sont tes amis issus du monde du football?

 Jérôme Leroy, Patrice Loko, Florian Maurice, Ronald Koeman entre autres. Ce sont des personnes du football avec qui j’ai gardé des relations.

– Peux-tu nous raconter la plus grosse gueulante dans un vestiaire à laquelle tu aies assisté?

A l’époque du Nîmes Olympique, c’était entre Michel Mézy qui était président et Franck Lucchesi, le capitaine. Ils avaient failli se battre à la fin d’un match, il avait fallu les séparer.

– Quel est le joueur que tu as perdu de vue et que tu aimerais revoir? A l’inverse, celui qui ne te manque pas?

 Je dirais Raï. C’était quelqu’un d’une grande classe dans tous les domaines.

Celui qui ne me manque pas c’est Patrick Guillou que j’ai connu à Châteauroux. Je n’aime pas les gars qui font de la lèche pour jouer, que ça soit au niveau de l’entraîneur ou des supporters. Je lui ai dis ce que je pensais de lui et c’est souvent parti au clash. Il en faisait trop.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

Continuez à suivre le Blog de Jayjay. Il est intéressant, avec des interviews sérieuses de joueurs actuels ou d’anciens joueurs. C’est une bonne initiative!!!

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