My Blog

EN TETE A TETE AVEC LIONEL ROSSO

J’ai beaucoup apprécié échanger avec celui qui est la voix du football sur Europe 1 chaque week-end. En effet, Lionel Rosso présente le multiplex Ligue 1 à la radio et ses nombreuses présentations d’émissions emblématiques (« Jour de Foot », « Les Spécialistes », etc…) font de lui l’un des journalistes sportifs préférés des Français.

C’est sans concession que l’ancien de Canal + s’est livré avec gentillesse sur sa belle carrière, son actualité et ses collaborateurs.

Une interview pleine d’enseignement sur celui qui a fait connaître le poker en France en collaboration avec Patrick Bruel.

– Bonjour Lionel, né à Marseille tu passes ton enfance dans les Bouches-du-Rhône. Ce n’est qu’à l’âge de vingt ans que tu quittes la région marseillaise pour poursuivre tes études à Nancy. Comment s’est déroulée ton enfance? Quel était ton rapport avec le sport dans ta jeunesse? Quels sports pratiquais-tu?

J’ai grandi dans un quartier tranquille de Marseille, où j’ai beaucoup joué au football. Dans des clubs comme Vivaux Marronniers et l’Association Sportive Sainte Marguerite par exemple.

Je jouais au milieu de terrain et ma vague ressemblance physique avec Michel Platini, m’avait valu le surnom de « Michel ». Lorsque mes potes m’appelaient à la maison, ils demandaient à parler à Michel et non pas à Lionel! (Rires)

J’ai passé une enfance relativement classique d’un garçon passionné de football.

– Après de brillantes études, tu obtiens une licence de Droit à la faculté de Nancy. Tu vas enchaîner différents boulots dans plusieurs médias différents (animateur à Radio Méditerranée Marseille, journaliste dans la région Lorraine pour France 3, RTL Télévision, Europe 2 et France Bleu Lorraine Nord, présentation de tranches d’informations sur Medi 1 radio au Maroc et des matinales d’informations sur RFI). Comment se sont déroulés tes premiers pas dans le monde des médias? Qu’est-ce que t’ont apporté ces premières expériences dans la communication?

J’ai commencé dans le monde des médias à Marseille où je travaillais dans une radio associative qui s’appelait Radio Méditerranée. Mon but n’étant pas du tout d’être journaliste sportif, mais plutôt d’être animateur à la Michel Drucker, je me suis donc lancé dans la radio.

Puis, j’ai bifurqué sur des prestations en tant que DJ et ce n’est qu’à Nancy que j’ai pris la direction du métier de journaliste. Au vue de mon empathie pour le football, les personnes que j’ai rencontrées en Lorraine ne m’ont proposé que des métiers en rapport avec le journalisme sportif. J’ai dû improviser car je n’avais aucune formation et au fur et à mesure, j’ai acquis de l’expérience à la radio ou à la télévision.

A partir de là, j’ai été pris dans l’engrenage et je ne me suis plus arrêté de travailler en tant que journaliste.

« J’ai vécu dix années exceptionnelles sur Europe 1 avec Eugène Saccomano »

– C’est en 1996, lorsque tu rejoins Europe 1 et Eugène Saccomano que ta carrière de journaliste sportif va prendre de l’ampleur. Tu vas être le premier présentateur de l’émission « Europe Sport » et deviens l’un des éléments importants du service des sports de la radio. Comment es-tu arrivé sur Europe 1? Que peux-tu nous dire sur ton premier passage au sein de cette radio?

Je suis rentré en France après avoir travaillé au Maroc, car je ne voulais pas tombé dans une sorte de confort. C’était des conditions exceptionnelles pour travailler, mais il fallait que je me mette un coup de pied aux fesses pour revenir travailler en France et surtout à Paris, où je n’avais jamais bossé auparavant.

A mon arrivée dans la capitale, j’ai tout de suite trouvé du boulot à RFI. Après cela, comme j’avais gardé des contacts avec des gars d’Europe 2 que j’avais connu lors de mon premier passage là-bas, j’ai réussi à retourner sur cette radio.

Après quelques mois à Europe 2, j’ai croisé dans les couloirs Eugène Saccomano avec qui j’ai sympathisé et lorsqu’il a créé l’émission « Europe Sport », il m’a demandé de rejoindre l’équipe.

Cette cohabitation a duré quasiment dix ans et j’ai vécu des moments extraordinaires sur Europe 1.

– Après plus de neuf années passées sur Europe 1, tu décides de quitter la radio pour tenter ta chance sur Canal +. Pourquoi être parti d’Europe 1? Qu’est-ce qui t’a poussé à signer chez Canal+?

Un jour, je reçois un coup de téléphone de Michel Denisot  qui cherchait quelqu’un pour intégrer la rédaction. Il voulait quelqu’un de nouveau pour assurer les commentaires, avec de l’expérience et qui pouvait bousculer un peu les personnes déjà en place au sein du groupe Canal.

Au final, je n’ai pas commenté beaucoup de matchs, car Michel Denisot m’a fait passé des castings pour présenter des émissions, or je les ai réussis. Je suis donc très vite devenu présentateur d’émissions sur la chaîne cryptée.

– A Canal +, tu vas présenter la quotidienne « Jour de Sport » et en parallèle l’émission « Jour de Foot » le samedi soir. L’année suivante, tu vas animer « Les Spécialistes » au milieu de grands noms du sport et de consultants reconnus. Comment s’est déroulée ton intégration au sein de la chaîne? Quelles sont les personnes qui ont facilité ton adaptation? Que retiens-tu de ces moments de présentation sur Canal +? 

Au départ, ce fût difficile car une grande partie de la rédaction ne comprenait pas mon arrivée sur la chaîne. En plus, j’étais choisi pour présenter les émissions à la place des journalistes qui étaient en place avant mon arrivée, ce qui n’a fait qu’accentuer ce phénomène de méfiance à mon égard.

Je découvrais une nouvelle façon de travailler, un nouvel univers et c’était difficile de ne pas être aidé par les autres membres de la rédaction.

Heureusement, tout cela a changé au fil des années et lors de mon départ de la chaîne, l’ensemble de la rédaction s’est levée pour m’applaudir. J’étais fier, d’autant plus que le dernier à avoir eu ce privilège à Canal + était Thierry Gilardi.

Michel Denisot et Alexandre Bompard ont été très importants durant cette période. Cyril Linette qui est devenu le patron par la suite m’a fait énormément confiance aussi. Tout comme Jean-François Doisne qui m’a mis sur le poker et Patrick Bruel qui m’a grandement apporté en me donnant beaucoup de conseil.

J’ai présenté des émissions emblématiques et je reste nostalgique de cette superbe époque.

« J’ai présenté le poker sur Canal + un peu par hasard »

– C’est sur la chaîne cryptée que tu vas faire partager tes connaissances et ton amour du jeu en présentant l’émission « World Poker Tour » en compagnie de Patrick Bruel. Cette passion du poker, mais aussi du jeu en général te suivra tout au long de ta carrière de présentateur à la télévision. D’où te vient cet amour pour le jeu et le poker en particulier? A quel niveau pratiques-tu le poker?

J’ai présenté le poker un peu par hasard. En réalité, j’ai surtout saisi l’opportunité lorsqu’elle s’est présentée. En effet, Canal + a racheté les droits du poker et j’ai réussi les castings pour présenter l’émission alors que je ne connaissais rien aux règles de ce jeu!

Par la suite, je me suis intéressé au poker en le pratiquant sur Internet, puis sur des tables en live. J’ai pu jouer à des tables de grands champions internationaux, mais maintenant je ne joue plus du tout.

lionel rosso wpt

– A partir de la fin d’année 2008 et ton départ de Canal +, tu vas multiplier les missions au sein de plusieurs chaînes et médias. Quatre ans plus tard, tu rejoins L’Equipe 21 pour le lancement de la chaîne sur la TNT. Pourquoi avoir quitté Canal +? Qu’as-tu fait durant ces quatre années? Qu’est-ce qui t’as attiré sur L’Equipe 21?

J’ai quitté Canal + car j’ai eu une proposition de la Française des Jeux pour développer des émissions sur le poker et sur le sport. De plus, mon contrat avec la Française des Jeux me permettait de pouvoir faire d’autres choses à côté, notamment de la radio. Or, cette situation était impossible avec Canal + du fait de mon contrat d’exclusivité avec la chaîne.

J’ai voulu me mettre en danger et faire des choses un peu plus personnelles avec en parallèle la possibilité de continuer à travailler sur des émissions de football comme « CFoot » ou travailler sur RTL. Ces divers aventures m’ont apporté de la richesse et de la diversité, qui me servent encore aujourd’hui.

J’ai choisi de rejoindre l’Equipe 21 car le projet était très intéressant. Pierre Robert m’a débauché et j’ai participé au début de la chaîne sur la TNT.

– Durant deux années sur L’Equipe 21, tu vas présenter plusieurs émissions (« Question de sport, La cérémonie du Ballon d’Or, etc…) et commenter les matchs en direct. Que retiens-tu de ton passage sur cette chaîne?

Je retiens l’aventure humaine avant tout. Le passage d’une chaîne du câble à la TNT est quelque chose de fabuleux et cela prend une grande ampleur qu’on arrive difficilement à maitriser. La chaîne n’était pas programmée pour grandir si vite et on a dû faire face à des situations d’improvisations assez intéressantes.

Ce fût une bonne période avec beaucoup de travail pour faire grandir cette chaîne.

Lionel Rosso l'equipe

– Après une expérience de chroniqueur à l’émission « Touche pas à mon poste », tu t’engages avec Eurosport où tu travailles maintenant depuis trois ans. Tu animes différentes émissions qui touchent tous les sports (basket, tennis, football) sur l’une des chaînes les plus sportives du PAF. Comment s’est passé ton transfert sur Eurosport?

Je ne me suis pas bien entendu avec la nouvelle direction de l’Equipe 21 et notamment sur l’émission qu’il voulait m’accorder. Dans le même temps, j’étais démarché par Eurosport qui par l’intermédiaire de Jérôme Papin, m’a sollicité pour rejoindre la chaîne.

Comme je n’étais plus en phase avec les dirigeants de L’Equipe 21, j’ai accepté l’offre d’Eurosport.

– En parallèle, tu es retourné à tes premiers amours en t’engageant avec Europe 1. Tu as retrouvé la présentation de l’émission « Europe 1 Sport » et deviens l’un des journalistes sportifs les plus en vues de la station. Qu’est-ce qui t’as poussé à revenir à Europe 1? Qu’est-ce qui a profondément changé entre tes deux passages sur la station? Comment se passe ce retour?

Je suis toujours resté en contact avec les gens d’Europe 1, c’est un peu ma maison, ma famille là-bas. J’y ai tout appris et j’ai toujours été un auditeur fidèle de la station.

Curieusement, il n’y a pas grand-chose qui a changé au sein de la radio et notamment les collaborateurs qui étaient nombreux à être déjà présents il y a dix ans. Je suis parti il y a de longues années, mais à mon retour j’avais l’impression d’avoir quitté Europe 1 il y a quelques mois.

J’ai vite retrouvé mes marques et je reprends beaucoup de plaisir à travailler au sein de la station.

– Tu as écrit des livres, notamment sur le poker, mais aussi sur le football. Tu es d’ailleurs le co-auteur de « Politique football club : Ce qu’ils pensent vraiment du ballon rond » et de « Coach Vahid : Une vie comme un roman ». Comment t’es venue l’idée de l’écriture? Pourquoi avoir choisi un livre sur Vahid Halilhodzic? A l’avenir, aimerais-tu écrire davantage de bouquin?

Concernant Vahid, l’idée est venue naturellement. A l’époque, il était très médiatique en tant qu’entraîneur du Paris Saint-Germain, il avait même son personnage aux Guignols de l’info!

Du coup, avec Laurent Jaoui, nous avons saisi l’occasion d’écrire son histoire absolument irréaliste. Nous connaissions un agent de la sécurité d’Europe 1 qui était d’origine yougoslave et qui était un ami de Vahid. Nous déjeunions régulièrement avec lui et Vahid, ce qui nous a permis de créer des liens avec l’entraîneur du PSG de l’époque.

Je suis en train d’écrire un roman qui n’a rien avoir avec l’univers du football et qui devrait être publié en 2018 si tout se passe bien.

« Cela me choque que les femmes soient moins reconnues que les hommes dans le sport »

 – Tu animes également sur la chaîne You Tube « Sport Pour Elles », consacrée au sport féminin, des débats et des reportages sur des femmes sportives de tout niveau. Est-ce important pour toi de parler de ces sportives qui sont souvent pas reconnus à leur juste valeur? Quel message aimerais-tu faire passer pour que le sport féminin soit davantage médiatisé?

C’est très important pour moi. Le simple fait de préciser sport « féminin », cela crée un contraste malsain car on ne dit pas sport « masculin ».

Elles méritent la parité autant que les hommes et le fait qu’elles soient moins reconnues et primées que leurs collègues masculins me choquent. Il faut vaincre ce sexisme qui est présent au quotidien.

– Actuellement, tu as beaucoup d’occupations professionnelles avec entre autres BFM, Eurosport, Europe 1. Tu as une grande expérience de la télévision et tu as présenté de nombreuses émissions sur la culture, le sport ou le jeu. Dans quelle catégorie prends-tu le plus de plaisir? Quel programme rêverais-tu de présenter aujourd’hui? 

Je n’ai pas spécialement de préférence et je prends du plaisir quelque soit les supports ou émissions. J’aimerais beaucoup animer un divertissement, mais c’est difficile lorsque tu es catalogué sport.

– Quels sont tes trois meilleurs souvenirs de football en tant que journaliste sportif?

Sans hésitation la Coupe du Monde 1998. J’étais au Stade de France pour recueillir les première impressions des joueurs.

Deuxièmement, je suis obligé de parler de L’Euro 2000, où je commentais le match avec Eugène Saccomano et Raymond Domenech sur Europe 1. Le scénario historique de la rencontre face à l’Italie restera inoubliable.

Mon troisième souvenir, ce n’est pas un souvenir en tant que journaliste, car j’étais trop jeune, mais l’Euro 1982 à Séville. Cette compétition reste pour moi le moment de sport le plus fort que j’ai pu vivre.

– Tu as côtoyé de nombreux footballeurs durant ta carrière. Quels sont les joueurs avec qui tu entretiens les meilleures relations? Lesquels sont devenus tes amis? A l’inverse, as-tu déjà eu des conflits avec certains d’entre eux?

Je m’entends très bien avec Robert Pirès avec qui j’avais travaillé sur Europe 1. Je suis aussi très ami avec Bernard Diomède que j’ai rencontré par hasard et avec qui je pars en vacances maintenant. Puis, il y a Vincent Guérin qui est un très bon ami et que je vois très souvent.

Je n’ai pas eu de gros conflits dans ma carrière. Lorsque j’ai commencé sur Europe 1, j’ai eu quelques mots avec Jean Tigana qui était entraîneur de Monaco à l’époque. Je lui avais demandé de faire une interview au coup de sifflet final d’une rencontre et il m’avait proposé de la faire plus tard. Au vue de mon insistance, il m’avait rétorqué : « J’en ai rien à foutre de ton interview ».

Michel Platini, mon idole de jeunesse, m’avait montré la sortie avec son index en me fusillant du regard, lorsque j’étais rentré dans les vestiaires de l’AS Nancy-Lorraine sans autorisation. Rien de bien méchant donc!

– Quels sont tes meilleurs amis dans le milieu du journalisme? Quels sont ceux avec qui tu as pris le plus de plaisir? Peux-tu nous raconter une ou deux anecdotes de plateau rigolotes?

Je n’ai que des très bons copains dans mon travail. Mes meilleurs amis ne sont pas issus du monde du journalisme.

J’ai pris énormément de plaisir à travailler avec Eugène Saccomano, qui est comme un père professionnel pour moi. J’ai adoré collaborer avec Patrick Bruel aussi, car j’ai beaucoup appris avec lui.

J’ai tellement d’anecdotes à raconter! Une fois avec Eugène à Europe 1, nous avions interviewé Bernard Tapie et je lui étais un peu rentré dedans. Eugène avait peur que Tapie quitte le studio, donc il ramait pour rattraper mes questions un peu perfides.

– Qu’aimes-tu faire en-dehors de ton travail? Hormis le football, as-tu des passions?

Je travaille énormément, mais quand j’ai du temps libre, je pratique la boxe anglaise. Sinon, je suis quelqu’un d’assez tranquille.

–  Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay? 

Continuez à être fidèle au Blog de Jayjay. Soyez aussi fantasque que Jayjay Okocha dans la vie, c’est-à-dire imprévisible et talentueux!

JayjayEN TETE A TETE AVEC LIONEL ROSSO

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *