My Blog

EN TETE A TETE AVEC JEREMIE ALIADIERE

J’ai vraiment beaucoup apprécié m’entretenir avec Jérémie Aliadière. En effet, très disponible et heureux de pouvoir revenir sur sa carrière qui l’a notamment vu passer par Arsenal, ce fût vraiment un agréable moment.

Pour le Blog, il a accepté de parler de ses débuts dans le football, de son évolution en Angleterre, il s’est aussi exprimé sur ses années lorientaises ainsi que sur son futur club qu’il devrait rejoindre d’ici peu.

D’une grande gentillesse et très respectueux, c’est un entretien plein d’enrichissement que je vous propose pour le plus grand bonheur des lecteurs du Blog de Jayjay.

  • Sur sa carrière :

 – Bonjour Jérémie, tu nais à Rambouillet, en Ile-de-France et commences le football en région parisienne avant de rejoindre l’INF Clairefontaine à l’âge de treize ans. Peux-tu nous parler de tes débuts dans le football?

J’ai commencé le football à l’âge de cinq ans au club de Rambouillet. J’ai suivi toutes les catégories de jeunes jusqu’à mes douze ans.

A l’époque, il y avait le fils d’André Merelle qui était formateur à l’INF Clairefontaine dans mon équipe. En me voyant jouer, il a conseillé à mes parents de me faire rentrer à l’INF Clairefontaine car il trouvait que j’avais d’énormes qualités. Déjà, lorsque j’évoluais à Rambouillet, j’avais des clubs professionnels qui venaient me voir jouer et qui étaient intéressés.

L’INF étant juste à côté de mon domicile, ce fût donc très simple pour mes parents de me laisser partir à Clairefontaine. J’ai donc rejoint le centre où j’étais entre autres dans la promotion de Reynald Lemaitre, Franck Béria et Jean-Michel Badiane.

A l’institut, j’étais entraîné par Claude Dusseau, il disait systématiquement à mes parents que malgré les sollicitations et les promesses des clubs, le plus sage était d’attendre la dernière année de formation avant de signer dans un club professionnel. L’INF m’a fait du bien dans tout ce qui touche au travail technique ou tactique, ainsi que l’apprentissage des bases du football.

– A l’âge de seize ans, tu es repéré par Arsenal et ton transfert en Angleterre va faire beaucoup parler vu ton jeune âge. Tu évolues durant deux saisons en équipe de jeunes chez les Gunners avant d’intégrer le groupe professionnel. Comment s’est réalisé ce transfert? Peux-tu nous raconter ton intégration à la vie en Angleterre?

Durant mon cursus à l’INF, mon père recevait des appels de la majorité des clubs français pour que je signe chez eux, jusqu’au jour où il a reçu un coup de fil d’Arsène Wenger, qui m’avait remarqué lors d’un tournoi avec l’Equipe de France des – 15 ans en Ecosse.

Nous avons accepté son invitation pour visiter les installations d’Arsenal et nous nous sommes mis d’accord pour signer dans le club anglais.

Ce fût très difficile de m’intégrer à la vie en Angleterre. Pourtant, comme il n’y avait pas de centre de formation à l’époque, mes parents avaient négocié que mes grands-parents puissent venir vivre dans une maison à Londres, pour que je reste chez eux.

A mes débuts, je n’évoluais qu’avec les jeunes du club et cette période m’a posé beaucoup de problème. Je ne parlais pas la langue et mon arrivée avait provoqué un peu de jalousie au sein du groupe. Je me souviens que le bus d’Arsenal passait récupérer les jeunes du club pour les amener au centre d’entraînement. Or, la première fois que je suis monté dedans, j’ai serré la main à tous les joueurs qui s’y trouvaient. J’entendais les rires de mes coéquipiers qui ne comprenaient pas ce que je faisais, sachant qu’en Angleterre, on ne se serre pas la main pour dire bonjour.

Heureusement, mes belles prestations m’ont permis de m’intégrer rapidement au sein du groupe. Il est vrai que c’est toujours plus facile de se faire accepter lorsqu’on montre que l’on possède des qualités sur le terrain.

 « Avec certains joueurs d’Arsenal, il a fallu que je prouve sur le terrain pour pouvoir m’intégrer »

 – Tu deviens donc un membre de l’équipe première entraînée par Arsène Wenger et tu vas côtoyer au quotidien des joueurs tels que Patrick Vieira, Thierry Henry, David Seaman ou Dennis Bergkamp. Peux-tu nous décrire ta première arrivée dans le vestiaire de l’effectif professionnel? Quels ont été les joueurs qui ont facilité ton adaptation au sein du groupe?

Le premier entraînement, j’avais une pression énorme. C’était incroyable d’évoluer avec des joueurs de ce calibre. Chez les jeunes, je nettoyais les chaussures de Davor Suker et là, j’allais pouvoir me confronter à eux.

Les Français sont venus vers moi et ont facilité mon intégration. Il y avait des joueurs comme Dennis Bergkamp, Freddie Ljungberg, Tony Adams ou Martin Keown qui étaient plus distants, car ils attendaient de voir ce que je valais sur le terrain. Lorsqu’ils se sont aperçus que j’avais le niveau, ils m’ont considéré comme un membre du vestiaire.

– Au cours de la saison 2001/02, à l’occasion d’une rencontre face à Fulham, tu vas connaître ta première apparition en professionnel. L’année suivante, c’est face à West Bromwich que tu marques ton premier but en Premier League. Que peux-tu nous dire sur ces deux premières sous le maillot des Gunners? Qu’as-tu ressenti?

Mon premier match à Highbury reste un souvenir exceptionnel. Pour moi, c’était un stade mythique et je m’imaginais fouler la pelouse lorsque je venais voir les professionnels avec les jeunes du club.

Avant le match, Thierry Henry m’avait dit : « Quand tu rentres, je vais tout faire pour te faire marquer ». Malheureusement, je rentre à sa place et il était dégoûté (Rires). C’est ce genre de chose qui montre à quel point ces joueurs sont des légendes et cherchaient à faciliter mon intégration. D’ailleurs, il a tenu parole, car pour mon premier but face à West Bromwich, c’est lui qui me donne la passe décisive.

– Au sein d’un effectif impressionnant du côté d’Highbury, tu vas avoir des difficultés à t’imposer au sein de l’attaque d’Arsenal. Tu vas participer à dix-huit matchs de championnat en quatre saisons et tu vas évoluer principalement en League Cup. Comment expliques-tu ce peu de temps de jeu chez les Gunners?

Evidemment, la concurrence m’a forcément desservi. En attaque, il y avait tout de même des joueurs comme Thierry Henry, Sylvain Wiltord, Dennis Bergkamp ou Nwankwo Kanu.

Je pense aussi que j’ai mis du temps à me développer physiquement dans un championnat où tu dois être au top de ce point de vue là.

La dernière chose, c’est que j’étais trop gentil au niveau psychologique. Je n’avais pas assez confiance en moi et cela se reflétait sur mon jeu. Je n’avais pas confiance en moi et je jouais principalement en une ou deux touches de balles afin de perdre le moins de ballon possible. Je n’ai jamais réussi à me lâcher complètement chez les Gunners et à tenter des dribbles ou davantage de choses ce dont j’étais intrinsèquement capable.

« Sportivement et humainement, mon passage à Wolverhampton a été un déclic »

 – Lors de la saison 2005/06, tu vas connaître une année assez atypique. A 22 ans et en manque de temps de jeu, tu vas être prêté au Celtic Glasgow où cela ne va pas forcément bien se passer. Tu vas donc repartir en prêt à West Ham, mais en janvier tu te fais de nouveau prêter à Wolverhampton. Peux-tu nous raconter cette année assez bizarre pour toi?

Je signe au Celtic car les dirigeants me promettent d’être titulaire en attaque. Je signe début juin en Ecosse, je fais la préparation et je suis titulaire à tous les matchs amicaux en marquant des buts.

A la fin juillet, le club fait signer l’attaquant polonais Maciej Zurawski et à partir du moment où il signe, je ne joue plus et ne rentre même plus en cours de match. Le club est éliminé en barrage de la Ligue des Champions et il ne reste que dix jours avant que le mercato d’été ferme. L’entraîneur vient me voir et me fait comprendre que je n’aurais que peu de temps de jeu. Je décide donc d’arrêter ma collaboration avec le club écossais.

Je rebondis à West Ham juste avant la fin du mercato, mais c’est un peu la même chose qu’au Celtic. Le club tourne bien et le duo d’attaquants Bobby Zamora/Marlon Harewood fonctionnent remarquablement. Je suis sur le banc et ne joue quasiment pas. Je partage avec David Bellion le peu de temps de jeu que l’entraîneur nous accorde et même si c’était un super club, je partais d’Arsenal pour jouer.

En janvier, je demande à partir, mais je ne pouvais pas évoluer dans trois clubs du même niveau la même saison. Arsène Wenger me conseille de signer chez les Wolves où Glenn Hoddle, l’entraîneur apprécie mes qualités.

Je finis donc les six derniers mois de la saison à Wolverhampton en Championship, où pour la première fois de ma carrière, je vais être titulaire. A ce moment-là, je vais avoir un déclic et prendre conscience de mes qualités. Mon jeu s’est transformé, je prenais plus d’initiatives et n’hésitais pas à aller provoquer les défenseurs adverses. De plus, c’est durant cette période que j’ai fait la connaissance de ma femme et cela m’a beaucoup stabilisé en dehors du football. A Wolverhampton, j’ai grandi sportivement et humainement.

– Après une ultime saison à Arsenal où tu évolueras à onze reprises en championnat, tu décides de quitter les Gunners et de rejoindre Middlesbrough qui évolue en Premier League. Pourquoi avoir quitté Arsenal? Qu’est-ce qui t’as poussé à rejoindre Boro?

A mon retour à Arsenal, je réalise une belle saison chez les Gunners et à la fin de l’année, je commence à recevoir des offres de contrat de clubs de Premier League. Je me dis que c’est peut-être le moment de partir et de tenter ma chance loin d’Highbury, où je ne serais pas titulaire.

Middlesbrough m’avait déjà contacté en janvier pour les rejoindre, mais Wenger ne m’avait pas laissé partir. Gareth Southgate, l’entraîneur du club, m’envoyait des textos d’encouragements assez fréquemment, je sentais un réel désir de me recruter. Lorsque Boro m’a recontacté au mercato suivant, ma décision était prise et même si Arsène a tenté de me retenir, j’avais cette envie de jouer et d’être quelqu’un d’important au sein d’un club.

– Tu restes trois années à Middlesbrough où, malgré quelques blessures à répétition, tu vas participer à 78 matchs de championnat et inscrire onze buts. Peux-tu nous raconter ton passage du côté du Riverside Stadium? Pourquoi avoir quitté le club au bout de trois ans?

J’avais signé trois ans avec une quatrième année en option. Je fais une bonne première saison et lors de la préparation de l’année suivante, Gareth Southgate vient me voir et me demande si je veux jouer milieu droit, car le club a recruté des attaquants. Même si cela ne m’enchante pas, car je veux marquer des buts et que ce n’est pas mon vrai poste, je prends sur moi pour cette saison. Systématiquement, je suis aligné à droite et forcément je marque moins de buts. Je suis critiqué pour cela, sans que les gens analysent le fait que j’ai changé de poste et que je joue moins haut sur le terrain.

Cette situation m’agace et je trouve que le club ne prend pas assez ma défense par rapport aux critiques des médias et des supporters, ce qui tend un petit peu les choses entre le club et moi.

A la fin de la saison, nous sommes relégués en Championship et j’essaie de partir, mais le club m’en empêche. Je suis un peu en froid avec tout le monde, je ne joue pas beaucoup et lorsque c’est le cas, j’évolue toujours comme milieu droit. En cours de saison, Gareth Southgate se fait virer et c’est l’entraîneur que j’avais côtoyé au Celtic Glasgow, Gordon Strachan qui le remplace.

Alors que je m’attendais à ne plus du tout être considéré par un entraîneur qui m’avait écarté au Celtic, il me met titulaire en attaque dès son premier match à la tête de Middlesbrough.

Je termine très bien la saison, mais nous ne parvenons pas à remonter en Premier League. Du coup, le club ne me déclenche pas mon année optionnelle et je me retrouve libre.

– Après ton départ de Boro, tu vas malheureusement connaître une période difficile de ta carrière. Lors d’un essai avec West Ham, tu vas te blesser gravement au genou et te retrouver sans contrat. Que peux-tu nous dire sur ce malheureux passage de ta vie de footballeur?

Je suis sans contrat depuis mon départ de Middlesbrough et j’attends des propositions qui tardent à arriver. Ce n’est que début août que West Ham me propose de signer chez eux. A la suite de ma visite médicale, les médecins me disent qu’ils ont vu un léger problème à ma cheville. Ils m’expliquent qu’ils sont inquiets et qu’il préféreraient que je fasse deux ou trois entraînements avant de me faire signer pour être sur que je sois prêt physiquement. J’accepte, mais lors du premier entraînement, je me pète le ligament croisé postérieur du genou.

Je me retrouve en galère, sans contrat et livré à moi-même. Je vais voir des spécialistes pour savoir si l’opération est obligatoire et ils me conseillent de faire une grosse rééducation sans forcément me faire opérer. Je suis soulagé, car j’avais prévenu ma femme que si je devais me faire réopérer d’un genou, j’arrêtais le football.

J’ai effectué ma rééducation avec le staff technique de Middlesbrough jusqu’en janvier et j’ai pu m’entraîner normalement avec l’équipe première du club. Après avoir poliment refusé une offre de contrat de Boro, j’ai été contacté par Al-Aïn, un club des Emirats Arabes Unis, mais j’ai été recalé à la visite médicale par rapport à mon genou. Ce fût un gros moment de doute pour moi, car tout était remis en question.

Fin février, j’appelle Arsène Wenger et je lui demande si je peux me préparer au centre d’entraînement d’Arsenal. Il accepte et met à ma disposition un préparateur pendant un mois pour me remettre au niveau physiquement, avant de me prendre à l’entraînement avec l’effectif professionnel.

« J’appréhendais de revenir jouer en France après être parti si jeune »

 – C’est en Ligue 1 et au FC Lorient que tu rebondis après ce coup dur. Après une première année perturbée par les blessure, tu réalises la meilleure saison de ta carrière en 2012/13 où tu inscris quinze buts et fais onze passes décisives. Comment s’est passée ton intégration au sein des Merlus? Peux-tu nous raconter cette saison exceptionnelle sur le plan personnel?

J’appréhendais mon retour en France. J’étais parti très jeune et cela avait fait beaucoup de bruit. Je pensai être mal accueilli, mais au contraire les gens étaient heureux et impatients de voir ce que je valais. De plus, au sein du FCL, je connaissais Grégory Bourillon avec qui je m’entendais bien et Maxime Baca qui m’ont permis de m’intégrer plus facilement.

Lorient est un club familial, avec un environnement qui aide à être dans les meilleures dispositions possibles. Je me sentais super bien sur et en-dehors du terrain jusqu’au jour où je me claque au quadriceps, ce qui était prévisible au vu de mon année précédente où je n’ai pas joué de la saison.

Lors de la deuxième saison, je fais une préparation individualisée avec Tiburce Darou et cela me permet d’attaquer la saison en pleine possession de mes moyens pour la première fois de ma carrière. Cette saison-là, je suis avant-centre dans un style de jeu qui me correspond et je fais un gros début de saison  en marquant au Parc des Princes, puis à domicile face à Montpellier. Ma saison était lancée et les blessures m’ont laissé en paix.

aliadiere 2

– L’année suivante, tu vas faire une bonne saison du côté du Moustoir en inscrivant huit buts en Ligue 1 et lors de la saison 2014/2015, tu décides de quitter l’Hexagone pour rejoindre le Qatar et le club d’Umm Salal. Pourquoi ne pas être resté à Lorient ou dans un club de Ligue 1? Hormis l’aspect financier évident, qu’est-ce qui t’as poussé à partir au Qatar?

Le Qatar a toujours été une destination qui m’a attiré. Chaque année, j’y allais en vacances et j’aimais la vie dans ce pays.

Ça faisait deux ans que je faisais de bonnes saisons en Ligue 1 et malgré cela, je ne recevais aucune offre de clubs français plus huppés que Lorient. Ce fût le détonateur. J’avais fait les meilleurs années de ma carrière et aucun club du Top 5 m’avait fait confiance, j’ai compris que ça ne se ferait jamais. Quand j’ai eu cette proposition d’Umm Salal, dans mon esprit c’était le moment d’y aller.

– Durant deux saisons, tu vas évoluer à Umm Salal et tu vas grandement participer à la belle sixième place du club la première année en inscrivant six buts. Tu vas moins jouer la saison suivante (douze matchs), mais tu vas inscrire trois buts en championnat. Comment s’est passée ton aventure en terre Qatarie? Quels sont les points forts et les points faibles de ce championnat méconnu en France?

C’était une super expérience. Au niveau familial, la vie au Qatar est extraordinaire. Après, le point négatif, c’est que les clubs ne sont pas du tout organisés. Ils n’ont pas envie de développer le football, ce n’est pas dans leur culture.

Individuellement, tu as des supers joueurs dans ce championnat. Par contre, tactiquement, c’est très faible. Les joueurs changent de clubs tous les six mois, il est donc impossible de mettre en place quoi que ce soit au niveau tactique.

– L’année dernière, tu es revenu à Lorient afin d’apporter ton expérience au groupe. Après une première partie de saison difficile au niveau personnel, tu as davantage participé lors de la phase retour. Malgré cela, le FCL est descendu en Ligue 2 à la suite du barrage face à Troyes. Que peux-tu nous dire sur cette saison difficile en Bretagne? Qu’est-ce qu’il vous a manqué pour vous maintenir?

Le club avait pris un départ catastrophique avec cinq défaites lors des cinq premiers matchs de championnat. Cette spirale négative fût très difficile à rattraper plus tard dans la saison. Pourtant, nous possédions des qualités indéniables et je pense que nous avions l’effectif pour nous maintenir.

J’avais envie de tout donner pour mon club de cœur, mais étant arrivé le 19 septembre, ce fût donc très difficile d’être apte dès le début de championnat.

Certains joueurs ne se sont pas rendus compte de l’enjeu et des efforts qu’il fallait fournir pour éviter une relégation. A force de rejeter la faute sur les autres, ils ont créé des distensions au sein du vestiaire, alors que dans ce genre de situation, il faut que le groupe soit soudé et prêt à se battre pour le maintien.

Lors du barrage contre Troyes, je sentais que cela serait difficile face à une équipe euphorique. Nous n’étions pas prêt et malheureusement nous l’avons payé.

« J’ai des contacts pour jouer en Inde et j’espère concrétiser cela d’ici une semaine »

 – Aujourd’hui, tu n’as pas été prolongé par le FC Lorient et tu te retrouves au chômage. A 34 ans et alors que tu t’entretiens physiquement, quels sont tes objectifs personnels et quel sont les challenges qui t’attirent? As-tu eu des contacts avec des clubs? Privilégies-tu de rester en France ou un départ à l’étranger?

J’ai toujours la motivation et les jambes pour jouer. Pour être honnête, je pense que j’aurais pu rester à Lorient si je l’avais souhaité. Mais, par rapport à ma situation familiale (sa femme est anglaise), j’ai tellement fait de sacrifices et ma famille aussi, que  je préfère trouver un endroit où tout le monde sera épanoui.

C’est pour cela que jouer en France sera difficile, même si j’ai eu des contacts avec des clubs de Ligue 1, Ligue 2. J’ai même eu une discussion très intéressante avec le président de Martigues, Baptiste Giabiconi qui évolue en CFA. Je pense que si je n’avais pas été dans cette situation familiale, j’aurais accepté sa proposition.

J’ai des contacts assez soutenus avec l’Inde et d’ici une semaine, j’espère concrétiser ces discussions pour tenter l’aventure en Inde.

– Malgré un beau palmarès et une carrière très intéressante, penses-tu que tes nombreuses blessures t’ont empêché de réaliser un parcours de footballeur encore plus grand? As-tu des regrets sur ta carrière?

C’est sur que les blessures ne m’ont pas forcément aidé, mais comme je le disais au préalable, je pense que mon manque de confiance fût vraiment préjudiciable pour ma carrière durant mes années chez les Gunners.

Avec le recul, je regrette un peu d’être parti d’Arsenal sachant que Wenger m’avait demandé de rester en estimant que j’allais jouer davantage. Mais, à ce moment-là, je pense avoir pris une décision logique. Je regrette ce départ car peu de temps après, de nombreux joueurs qui étaient devant moi dans la hiérarchie sont partis et j’aurais pu avoir ma chance.

  • Sur les joueurs qu’il a côtoyés :

 – Quels sont tes meilleurs amis issus du football?

C’est compliqué d’avoir des amis dans le football, mais je suis toujours en contact avec Robert Pirès qui est un super gars, Gael Clichy, Grégory Bourillon, Yann Jouffre et Didier Digard. Je m’entends aussi très bien avec Jean-Michel Badiane. Plus récemment, j’ai tissé des liens avec Walid Mesloub avec qui j’étais à Lorient et avec qui je vais garder contact.

– Peux-tu nous raconter la plus grosse « gueulante » de vestiaire à laquelle tu as assistée?

C’était lors de la défaite six buts à un à Old Trafford contre Manchester United. Arsène Wenger avait pété un câble à la mi-temps. C’était la première et unique fois où je l’ai vu dans cet état, mais c’était justifié!

– Quel est le joueur que tu as perdu de vue et que tu aimerais revoir? A l’inverse quel est celui qui ne te manque pas?

Je n’ai pas trop eu de feeling avec Innocent Emeghara à Lorient. Il ne parlait pas beaucoup et même si je n’ai rien contre lui, il ne m’a pas marqué.

Par contre, je serais ravi de revoir Emmanuel Eboué qui m’a fait mourir de rire avec Arsenal. J’aimerais beaucoup le recroiser pour qu’on se remémore nos souvenirs.

– Quels est le joueur le plus drôle avec qui tu as joué? Peux-tu nous citer une ou deux anecdotes à ce sujet?

Comme je le dis précédemment, Emmanuel Eboué, je n’ai jamais connu un joueur si drôle.

Un jour, nous sommes invités à Buckingham Palace où nous devions rencontrer la reine d’Angleterre. Nous étions tous debout en ligne droite, avec nos costumes et on nous avait prévenu de ne pas serrer la main à la reine sauf si elle nous tendait la sienne. Elle nous tend la main et lorsqu’elle arrive à Emmanuel, il était quasiment à plat ventre en train de jouer avec les chiens de la reine (Rires). Tout le monde a rigolé et même la reine n’a pu s’empêcher de rire.

« Patrick Vieira était le capitaine que tu rêves d’avoir »

– Quel est le joueur qui t’as le plus impressionné en général?

Patrick Vieira. C’était le capitaine que tu rêves d’avoir. Peu importe qui tu étais, il s’occupait de toi. C’était la classe sur et en-dehors du terrain. Si tu avais une embrouille sur le terrain, il était le premier à venir te défendre. Cela ne m’étonne pas qu’il réussisse en tant qu’entraîneur.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

Continuez à suivre ce Blog qui porte le surnom d’un de mes idoles de jeunesse, « Jayjay » Okocha. Je me souviens de son premier but exceptionnel dans le championnat de France avec le Paris Saint-Germain face à Bordeaux. J’ai eu le plaisir de jouer contre lui, de le rencontrer et même de manger avec lui, ce fût un excellent moment! Très bon choix de nom pour ce Blog 😉 Au plaisir!

JayjayEN TETE A TETE AVEC JEREMIE ALIADIERE

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *