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Le Kestu2viens avec Jimmy Algerino

A quelques jours du match retour entre le Paris Saint-Germain et le Real Madrid, le Blog de Jayjay a eu le plaisir d’interroger un ancien joueur important dans l’histoire du club parisien.

En effet, Jimmy Algerino a disputé plus de cent soixante-quinze rencontres avec le club de la capitale et a même disputé la finale perdue de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe face au FC Barcelone.

Le natif de Toulouse revient pour nous sur ses débuts dans le football, sur ses déboires à l’AS Monaco et sur son aventure au PSG.

D’une grande gentillesse et très humble, l’ancien latéral droit a aussi accepté de donner son avis sur le Paris Saint-Germain d’aujourd’hui et de livrer de nombreuses anecdotes sur ses anciens coéquipiers.

Un très bon moment passé avec Jimmy Algerino, pour le plus grand bonheur des lecteurs du Blog de Jayjay.

SUR SA CARRIÈRE :

– Bonjour Jimmy, né à Toulouse, tu débutes le football dans ta région natale. Tu évolues dans les équipes de jeunes du Toulouse Football Club, avant de rejoindre le club du Toulouse Fontaine Club à l’âge de seize ans. Que peux-tu nous dire sur tes débuts sur le rectangle vert?

Depuis tout petit, je savais que je voulais être footballeur professionnel. Je jouais sans arrêt et comme nous habitions dans le quartier d’Empalot, juste en face de l’école de football du Toulouse Football Club, j’ai logiquement commencé le football là-bas.

J’ai toujours privilégié le plaisir du jeu. Du coup, lorsque j’ai senti que c’était bouché du côté du TFC, j’ai préféré partir à Toulouse Fontaine qui m’offrait la chance d’évoluer en cadet nationaux. De plus, l’année précédente, Franck Rizzetto avait fait la même chose et avait pu rejoindre le centre de formation du Montpellier-Hérault au bout d’un an au Toulouse Fontaine. C’était donc un bon tremplin pour réussir à devenir professionnel.

– Tu vas passer trois années dans le club toulousain avant de prendre la direction de Niort pour évoluer en Division 2 avec les Chamois Niortais. Qu’est-ce qui t’as plu dans le challenge niortais?

J’avais la possibilité de réaliser mon rêve et de devenir professionnel en signant chez les Chamois Niortais. Tout jeune, je n’avais qu’une préoccupation qui était le football et j’atteignais mon objectif au moment de la signature de mon contrat.

– Tu vas disputer vingt-neufs matchs de championnat pour ton unique saison à Niort. Peux-tu nous décrire cette saison à Niort?

J’ai réalisé une très bonne saison à Niort. Je venais du niveau amateur et jouer autant de matchs pour ma première saison était quelque chose d’exceptionnel. Malheureusement, cette année-là fût difficile au niveau administratif chez les Chamois Niortais. J’ai vu passer trois présidents différents!

– Après une saison dans les Deux-Sèvres, tu vas rejoindre l’AS Monaco qui évolue en Division 1, sous les ordres d’Arséne Wenger. Comment s’est passé ton transfert à l’ASM?

J’avais fait un essai à l’AS Monaco, lors de ma deuxième année à Toulouse Fontaine. Or, Pierre Tournier et les responsables du club m’avaient jugé trop vieux pour intégrer le centre de formation monégasque.

L’AS Monaco cherchait un arrière latéral droit pour remplacer Patrick Valéry et Patrick Blondeau qui étaient blessés. Ils m’ont donc relancé pour que je vienne sur le Rocher.

Les dirigeants me proposent de rejoindre le centre de formation, mais je ne suis pas d’accord avec cette démarche et je leurs propose de signer chez eux, à la condition que je m’entraîne avec le groupe professionnel. J’étais proche de m’engager avec Cannes, mais Monaco accepte à ma demande et je rejoins la Principauté pour deux saisons.

– Sur le Rocher, tu vas côtoyer le plus haut-niveau du football français. Tu vas disputer trois rencontres de Division 1 à seulement vingt ans, aux côtés de nombreux joueurs internationaux. Peux-tu nous parler de cette année en Principauté?

Je dispute quelques matchs en début de saison, puis Arsène Wenger fait d’autres choix et ne m’utilise plus.

Par la suite, j’évolue principalement avec l’équipe réserve où je côtoie entre autres Lilian Thuram et Gilles Grimandi.

Même si je n’ai pas beaucoup évolué en Division 1 avec le aillot de l’ASM sur le dos, j’ai énormément progressé sous les ordres de Wenger et au contact des grands joueurs qu’il y avait dans l’effectif.

« J’ai quitté l’AS Monaco, car ma priorité était de jouer »

 – Après qu’une seule saison à Monaco, tu décides de te faire prêter et de rejoindre le SAS Epinal qui évolue en Division 2. Pourquoi avoir choisi ce prêt?

J’avais envie de jouer et je sentais bien qu’à Monaco, cela sera difficile. J’avais tout de même disputé vingt-neuf matchs de Division 2, l’année précédente.

Lors d’une discussion avec Arsène Wenger, il m’explique qu’il veut me garder et que si je voulais du temps de jeu, il allait me prêter à Nice. L’idée me plaisait énormément, mais à la reprise de la nouvelle saison, j’apprends que je vais être prêté à Epinal.

Je n’ai même pas eu mon mot à dire et malheureusement, c’était le lot de nombreux jeunes joueurs à l’époque.

– Malgré une bonne saison de ta part à Epinal avec trente-trois rencontres disputées, le club ne va pas se maintenir et descendre en National. Peux-tu nous raconter cette année?

Cette saison s’est bien passé d’un point de vue personnel car je joue quasiment tous les matchs de championnat.

Malheureusement, c’était l’année qui précédait la création de la Super D2, or sept équipes de chacune des deux poules étaient rétrogradées en National. Nous finissons à l’antépénultième place du championnat et nous somme donc descendus à l’étage d’en-dessous

– Tu vas continuer ta carrière à Châteauroux qui évolue en National. C’est là-bas que ta carrière va vraiment décoller avec notamment un titre de Champion de France du National. Quel a été le déclic selon toi? Peux-tu nous parler de cette première saison à la Berrichonne?

Monaco ne me garde pas à la fin de mon contrat et j’ai des contacts avec le FC Metz. A cette période, Victor Zvunka était l’entraîneur de Châteauroux et j’avais évolué sous ses ordres durant ma saison à Niort. Il me contacte et je décide de le rejoindre à la Berrichonne.

Je n’avais qu’une envie qui était de jouer. J’arrivais dans un contexte correspondant totalement à ma philosophie humaine et sportive. J’avais la pleine confiance de l’entraîneur et des dirigeants en place et c’était très important pour moi.

L’effectif était de grande qualité et nous finissons champion de France de National en battant l’EA Guingamp.

– Durant deux saisons, tu vas être un élément essentiel de l’équipe castelroussine en ne manquant que six rencontres de championnat. Le club finira à la cinquième et neuvième place de Division 2 lors de ces deux années, où tu vas t’affirmer comme un des meilleurs arrières latéraux de la division. Quels souvenirs gardes-tu de ces deux saisons?

Nous faisons une très bonne première saison en Division 2, en jouant les premiers rôles durant quasiment toute la saison et nous effectuons un beau parcours en Coupe de France (défaite en Quart de Finale face à l’Olympique de Marseille).

Lors de ma troisième année dans l’Indre, je réalise encore une bonne saison et le club finit dans le ventre mou du classement, sans jamais être inquiété par une éventuelle relégation en National.

Je garde un très bon souvenir de l’époque castelroussine. Nous avions un effectif qui vivait bien, avec de très bons joueurs, ce qui a permis de créer une véritable osmose.

« Les dirigeants de Châteauroux m’ont fait comprendre que je devais signer au PSG »

– Grâce à tes belles performances avec Châteauroux, tu vas te faire remarquer par de nombreux clubs. Tu rejoins le Paris Saint-Germain qui vient de terminer à la deuxième place du championnat de France 1995/96 et de remporter la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe. Pourquoi avoir choisi le PSG? As-tu reçu des offres d’autres clubs?

A la fin de ma deuxième saison à Châteauroux, j’ai de nombreux clubs qui s’intéressent à moi et notamment Rennes et Bordeaux.

Les dirigeants de Châteauroux  me font comprendre qu’ils souhaitent me garder et que le Paris Saint-Germain me surveille. Comme les deux clubs étaient très proches à cette époque, ils m’expliquent que j’ai une chance de signer au PSG, l’année suivante, si je confirme mes bonnes performances lors de ma troisième année du côté du stade Gaston-Petit.

– Dés ta première année au sein du club de la capitale, tu vas réaliser une très bonne saison et le club va terminer second du championnat et atteindre la finale de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe perdue face au FC Barcelone. Comment s’est passée ton adaptation au sein du club parisien? Que peux-tu nous dire sur cette saison? Que retiendras-tu de votre parcours européen?

Ce fût l’inverse de ce que j’ai vécu à Monaco. Je m’intègre bien et j’ai la confiance des entraineurs, Joël Bats et Ricardo. Je joue et m’entraîne totalement libéré, avec des joueurs exceptionnels à mes côtés qui me font beaucoup progresser.

J’ai réussi à m’imposer dans le couloir droit, en profitant notamment du départ du club de José Cobos, l’habituel titulaire au poste. Ce fût toutefois difficile, car j’arrivais un peu avec l’étiquette du joueur que Michel Denisot avait fait venir de son ancien club. A force de travail et d’humilité, j’ai réussi à faire ma place et à devenir un membre à part entière de l’effectif parisien. Je pense que mon inconscience et ma volonté de jouer m’ont permis de m’enlever la pression d’évoluer au sein d’une équipe qui venait de remporter une Coupe d’Europe.

J’ai touché ce qui se faisait de mieux en Europe dans l’univers footballistique. C’était une aventure incroyable pour moi. L’année précédente, je jouais en Division 2, j’allais à Charleville ou à Sedan et là, j’affrontais les meilleurs joueurs du monde.

« L’arrivée de Canal + à la tête du PSG n’a pas été assez bien gérée »

– Lors de la saison 1997/1998, le PSG a du mal en championnat et termine à la huitième place de Division 1. Cependant, le club se consolera avec un doublé Coupe de France-Coupe de la Ligue cette année-là. Tu seras titulaire en finale de ces deux compétitions qui sauveront l’année du Paris Saint-Germain. Peux-tu nous parler de cette année parisienne?

Nous faisons un mauvais parcours en Ligue des Champions où nous ne sortons pas des poules. En championnat, nous faisons un excellent parcours en début de saison, mais nous connaissons une mauvaise période entre novembre et février avec de nombreux soucis physiques et suspensions.

De plus, le club est déstabilisé à la suite de l’annonce du départ de Michel Denisot de la présidence et de l’arrivée de Canal + à la tête du club. Cette passation de pouvoir n’a pas été géré de la meilleure des façons et cela a créé des difficultés en interne qui se sont retrouvées sur le terrain. De nombreux joueurs étaient en fin de contrat au terme de cette saison et ils ne savaient pas ce qu’ils allaient devenir avec la nouvelle présidence.

Pour la fin de saison, nous nous sommes remobilisés et ensemble, nous avons réalisé le doublé Coupe de la Ligue et Coupe de France.

Jimmy Algerino PSG

– Les trois saisons suivantes seront plus difficiles sur le plan personnel, mais aussi pour le club de la capitale. Tu vas connaître de nombreux changements d’entraîneur et une grave blessure. Comment expliques-tu les difficultés du club parisien cette année-là? Comment as-tu vécu cette période?

Cette période-là fût rocambolesque. J’ai connu trois présidents et beaucoup d’entraîneurs.

Ce manque de stabilité n’a pas permis au club de se pérenniser et de se stabiliser. Il y a aussi le fait que Canal + a injecté moins d’argent à ce moment-là, ce qui ne nous permettait pas de nous renforcer comme il le fallait.

Personnellement, j’ai très mal vécu ce passage de ma carrière. Je suis dans une bonne forme et je me blesse bêtement.

Après deux saisons magiques, ces trois saisons seront galères. J’ai tout de même continué à disputer la Ligue des Champions, j’ai été capitaine du Paris Saint-Germain au Parc des Princes, j’ai évolué avec des joueurs extraordinaires comme Jayjay Okocha, j’ai fait de belles rencontres comme Philippe Bergeroo, Alain Giresse, Luis Fernandez.

– Après cinq années passées à Paris, tu choisis de rejoindre l’Italie en t’engageant à Venise qui vient de monter en Série A. Pourquoi avoir quitté le PSG? Qu’est-ce qui t’as plu dans le projet vénitien?

C’est cette instabilité chronique au sein du club parisien qui m’a lassé et qui a précipité mon départ du club. J’avais aussi l’impression de ne pas être reconnu à ma juste valeur au sein du club, notamment au niveau de la concurrence. C’est pour ces raisons que, j’ai préféré refuser le contrat de trois ans que les dirigeants me proposaient.

J’avais des contacts avec le Milan AC et la Fiorentina, mais ils avaient des doutes sur ma dernière année et notamment sur ma blessure.

J’avais passé un marché avec mon agent. Je devais faire six bons mois à Venise pour montrer que j’étais toujours à mon niveau, afin que lui puisse finaliser les contacts avec l’une des deux grandes équipes de Série A.

– Malheureusement, cette expérience ne se passe pas très bien. Tu ne disputes que huit matchs de Série A et reviens au bout de six mois en France. Qu’est-ce qu’il s’est passé pour toi en Italie?

Avec le recul, je pense que le fait que je ne parte pas du Paris Saint-Germain dans les meilleures conditions a joué dans cette saison en Italie. Dans ma tête, je n’étais pas spécialement prêt à m’entraîner dans des conditions assez « précaires » en comparaison de ce que j’avais connu au PSG.

De plus, au bout de deux mois, Cesare Prandelli, l’entraîneur à l’époque, qui possédait une bonne philosophie de jeu et de grandes qualités humaines, se fait virer et pour couronner le tout, je me blesse. A cette période aussi, j’étais en couple avec une personne qui était restée sur Paris et qui ne m’avait pas suivi, donc mentalement, cette situation ne m’aidait pas beaucoup non plus.

Je n’étais pas bien dans ma tête, ce qui m’a empêché de retrouver mon niveau et d’être performant sur le terrain.

« A mon départ du PSG, j’ai eu des contacts avec le Milan AC »

Après seulement six mois en Italie, tu signes au FC Sochaux qui évolue en Ligue 1 Pourquoi avoir rejoint le club du Doubs? Que peux-tu nous dire sur ces six mois au FCSM?

Comme la piste du Milan AC n’était plus d’actualité au vue de mes performances avec Venise, j’ai préféré revenir en France. Jean Fernandez, l’entraîneur de Sochaux, m’a appelé et j’ai accepté de signer pour six mois.

Nous avons réalisé une bonne fin de saison en qualifiant le club sochalien pour la Coupe Intertoto. Nous avions un effectif de qualité avec notamment Michaël Isabey, Mickaël Pagis et Nisa Saveljic.

Cela se passe très bien et je me dis que je pourrais continuer l’aventure dans le Doubs, sauf que Jean-Claude Plessis, le président et Jean Fernandez se disputent et l’entraîneur quitte le club sochalien. Comme je recherchais de la stabilité, cette situation m’inquiète et après une discussion qui ne me convient pas avec Guy Lacombe, le nouvel entraîneur, je préfère partir.

Je ne me sentais pas de continuer dans ce projet sans l’assurance de pouvoir être à fond dans l’aventure.

– A 31 ans, tu décides de signer dans le club qui t’a révélé, la Berrichonne de Châteauroux pour évoluer en Ligue 2. Tu vas y rester deux saisons et participer à trente-deux matchs de championnat. Que retiens-tu de ce retour?

J’avais signé à Châteauroux dans un projet de reconversion et pour voir autre chose. Seulement, le club n’était pas loin de la montée et les dirigeants m’ont demandé de rejouer les six derniers mois des deux saisons pour essayer de faire monter le club en Ligue 1.

J’ai accepté pour rendre service au club et mon histoire à Châteauroux se termine par une finale de Coupe de France face à mon ancien club du Paris Saint-Germain. La boucle était bouclée.

PSG-Liban

– Aujourd’hui, où en es-tu au niveau professionnel et sportif?

J’ai longtemps cherché ma voie après le football. Je suis allé à la Faculté pour obtenir des diplômes, j’ai obtenu mon Brevet d’Etat de football pour pouvoir entraîner jusqu’en National, j’ai obtenu des permis.

J’avais la volonté de m’écarter du monde du football dans ma reconversion, mais c’est difficile de sortir de quelque chose qui t’a tant apporté.

Aujourd’hui, j’ai créé ma société de conseil sportif envers des jeunes joueurs ou des joueurs confirmés. J’apporte un avis extérieur et professionnel à une situation dans un club ou au sein d’une famille.

Je suis aussi en lien avec le PSG pour ouvrir des académies de football dans le monde entier. Récemment, nous avons collaboré pour en ouvrir une au Liban et cette entente va continuer dans le futur.

SUR LE PARIS SAINT-GERMAIN ACTUEL :

– Que penses-tu du PSG actuellement et des joueurs de l’effectif comme Neymar par exemple?

Je n’en pense que du bien. Le projet qatari a fait en sorte de remettre le Paris Saint-Germain à une place où il se doit de figurer.

Concernant Neymar, c’est un joueur phénoménal, mais je pense qu’il sera à son potentiel maximal l’année prochaine. Il s’acclimate à la vie en France et à ce changement de championnat. Selon moi, il n’a pas totalement la tête au terrain, car il doit digérer son transfert et les attentes autour de lui.

Je reste persuadé qu’il va exploser après la Coupe du Monde et qu’il n’est aujourd’hui qu’en phase d’apprentissage

« Pour moi, Alain Roche ou Ricardo n’étaient pas inférieurs à Marquinhos ou Thiago Silva »

– Aurais-tu aimé évoluer dans cette équipe-là? Selon toi, quels sont les joueurs de ton époque qui seraient titulaire aujourd’hui au PSG?

(Enthousiaste) Oui, oui, j’aurais adoré jouer avec les joueurs actuels! Moi qui n’aimais pas jouer sur le côté gauche et pourtant j’y ai souvent joué, je me serais régalé de combiner avec Neymar, cela ne m’aurait pas déplu du tout!

A mon avis, des joueurs comme Leonardo, Marco Simone, Raï , Bernard Lama, Ricardo, George Weah, Nicolas Anelka et même Vincent Guérin, par son activité et sa faculté à se servir de ses deux pieds, auraient pu jouer sans problème dans ce PSG-là.

Pour moi, il n’y a pas à rougir entre les joueurs qui ont foulé le Parc des Princes par le passé et ceux qui sont dans l’effectif actuel. Des défenseurs de l’époque comme Alain Roche ou Ricardo ne me semblent pas inférieurs à Marquinhos ou Thiago Silva par exemple.

– Qu’est-ce qu’il manque au Paris Saint-Germain pour remporter la Ligue des Champions?

Il y a cette difficulté à gérer les moments où l’adversaire effectue un pressing haut et harcèle le porteur de balle parisien. Au niveau défensif, je trouve aussi qu’il y a un manque de solidité.

Néanmoins, je ne trouve pas l’effectif parisien moins fort que les autres grands d’Europe.

– Penses-tu que les dirigeants devraient faire davantage confiance aux anciens du club que ça soit au niveau de l’encadrement ou de la formation des jeunes?

Même si cela est en train de changer, je trouve qu’il ne s’appuie pas assez sur l’Histoire du club. C’est un club jeune, mais assez riches en tant que titres et matchs de référence.

Il ne faut pas oublier que l’Institution PSG est plus forte que les individualités et que toutes les choses qui gravitent autour. C’est pour rappeler cela que les anciens du club pourraient être très utiles.

– Qu’as-tu pensé du match aller entre le Real Madrid et le Paris Saint-Germain en Huitième de finale de la Ligue des Champions?

Malgré un bon match des Parisiens, on voit notamment qu’au niveau des individualités, il y a un manque chez un ou deux joueurs du côté du PSG qui a joué dans la balance.

Ce qui a aussi fait principalement défaut au Paris Saint-Germain dans ce match et en général d’ailleurs, c’est qu’avec l’arrivée d’Unai Emery, ils ont fait évoluer leur jeu qui est basé maintenant sur du jeu rapide vers l’avant et sur de la contre-attaque.

Or, on se rend compte, que quand l’équipe est en difficulté, les joueurs reprennent leurs habitudes passées. C’est-à-dire, des longues conservations de balle et des tentatives pour ressortir le ballon proprement de leur camp.

C’est un souci pour moi, car on sent que certains joueurs ne prennent pas d’initiatives en adéquation avec les consignes demandées par l’entraîneur. J’ai l’impression qu’ils reviennent dans leur zone de confort dès qu’ils sont face à une adversité agressive. Cette attitude peut déstabiliser et déséquilibrer l’équipe toute entière.

Ce sont des choses qui reviennent assez fréquemment et c’est arrivé au match aller face au Real Madrid. De son côté, les joueurs de Zinedine Zidane ont joué de la même façon de la première à la dernière minute de jeu, sans jamais changer de système ou d’attitude.

Sans ce changement de comportement des joueurs parisiens, je ne suis pas sur que le PSG perde le match trois à un.

Pour le match retour, je crois à une victoire parisienne. Il faudra que les Parisiens soient d’une grande rigueur défensive et bousculent cette équipe du Real qui, ne l’oublions pas, est double tenante du titre.

SUR LES JOUEURS QU’IL A CÔTOYÉS :

Jimmy Algerino Raî

– Quels sont tes meilleurs amis issus du monde du football?

Je suis très proche de Vincent Guerin, Bruno Rodriguez, Igor Yanovski, Raï, Edvin Murati et Lionel Letizi. Je les vois assez régulièrement.

« Lors du match retour face à Bucarest, Je n’avais jamais ressenti une si grande détermination et une telle envie de gagner dans un vestiaire »

– Peux-tu nous raconter la plus grosse « gueulante » de vestiaires à laquelle tu as assisté?

Ce n’est pas une gueulante. C’est plus un moment important de vestiaire. C’était avant le match retour du tour préliminaire de la Ligue des Champions face au Steaua Bucarest. Nous avions perdu sur tapis vert le match aller trois buts à zéro, car nous avions fait jouer Laurent Fournier qui était normalement suspendu pour cette rencontre.

Dans le vestiaire, nous étions concentrés et nous voulions montrer notre solidarité avec Guy Adam qui était le coordinateur sportif fautif lors de ce malheureux épisode. J’ai rarement ressenti une si grande détermination et envie de gagner dans les yeux de tous les joueurs.

– Quel est le joueur le plus drôle avec qui tu as joué? Peux-tu nous citer une anecdote à ce sujet?

Je rigolais beaucoup avec Bruno Rodriguez. Il avait ce côté corse, qui n’avait peur de rien et c’était assez marrant.

– Quel est le match que tu as disputé que tu n’oublieras jamais?

Il y en a plusieurs, mais comme j’expliquais auparavant, je crois que le match retour en Ligue des Champions face à Bucarest est inoubliable pour moi. Il y avait tout dans cette rencontre.

– Quel est le joueur qui t’as donné le plus de mal?

Alessandro Del Piero. J’ai vraiment galéré face à lui. Il ne payait pas de mine, mais c’était un grand joueur.

– Quel est le joueur que tu as perdu de vue et que tu aimerais revoir aujourd’hui?

J’aimerais bien revoir Julio César Dely Valdés avec qui je m’entendais très bien au Paris Saint-Germain. Il y a aussi Hélder Baptista, qui était un milieu portugais que j’avais côtoyé au PSG lors de la saison 1999/2000.

Ça serait sympa aussi de revoir Rui Barros aussi avec qui j’ai joué à l’AS Monaco.

– Avec quel ancien coéquipier irais-tu sur une île déserte? Pourquoi?

J’irais avec Rai. Nous avons tellement de choses à nous raconter sur nos nouvelles vies.

– Quel est le coéquipier qui t’as le plus impressionné?

Je pense que techniquement, c’est Jayjay Okocha. C’était un phénomène. Sur le plan physique, Igor Yanovski était costaud et très endurant.

Après, des joueurs comme Bernard Lama, Vincent Guérin, Dély Valdes étaient impressionnants chacun dans leurs registres.

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog de Jayjay?

Je pense que certains lecteurs du Blog de Jayjay doivent être des supporters parisiens et j’aimerais leurs dire que je suis toujours agréablement surpris par leurs marques de reconnaissance.

C’est une belle marque de respect et d’appartenance, que de croiser des personnes de tout âge qui sont au courant de ce que les anciens ont fait pour ce club. J’en suis très fier et heureux.

Je trouve ça extraordinaire et je félicite les fans du PSG pour l’amour qu’ils donnent à leur club en espérant qu’ils seront bientôt récompensés.

JayjayLe Kestu2viens avec Jimmy Algerino

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1 comment

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  • Lova - 10 mars 2018 reply

    Merci beaucoup pour la recommandation, je note !!

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