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EN TETE A TETE AVEC CEDRIC CAMBON

Ma rencontre avec Cédric Cambon fût vraiment un moment très agréable. Cette année, le leader de la défense orléanaise a été l’un des grands artisans de la belle saison du club du Loiret qui a réussi à se maintenir assez facilement en Ligue2.

J’ai vraiment beaucoup apprécié échanger avec une personne possédant de telles qualités humaines et une si grande humilité.

Très valeureux et d’une extrême gentillesse, il n’hésite pas à s’engager dans des causes associatives. En effet, il a créé avec son épouse une association qui s’appelle « Un Jour Meilleur » (https://www.facebook.com/UJM2016/) et qui vient en aide aux enfants atteints de cancer ou de leucémie. Depuis un an et demi, le but de cette noble cause est de réaliser le rêve de ces enfants que la vie n’a pas épargnés.

Pour le plus grand plaisir des lecteurs du Blog de Jayjay, l’ancien de l’Evian Thonon Gaillard a accepté de revenir sur ses débuts sur le rectangle vert, sur son exil en Bulgarie, mais aussi sur ses diverses expériences en Ligue 2 avec Le Havre et Orléans notamment.

 SUR SA CARRIÈRE :

– Bonjour Cédric, né à Montpellier, tu débutes le football au club de Cournonterral avant de rentrer au centre de formation du Montpellier HSC jusqu’à l’intégration du groupe professionnel. Peux-tu nous raconter ton apprentissage du ballon rond pour en arriver jusque-là?

En effet, j’ai commencé le football dans le club de mon village, à Cournonterral. A sept ans, je me fais remarquer par le MHSC et je pars là-bas pour jouer en poussin. Je démarre alors une histoire de quatorze ans avec le club héraultais.

Je garde d’excellents souvenirs de cette période de ma carrière.

– Tu effectues ta première apparition en professionnel à l’âge de dix-neuf ans, lors d’une rencontre à domicile contre Clermont. Que peux-tu nous dire sur cette première en Ligue 2? Quels ont été les joueurs qui ont facilité ton adaptation?

Je ne m’entraînais pas systématiquement avec le groupe professionnel. Ce fût donc un plaisir énorme lorsqu’on m’a annoncé cette première en professionnel.

C’était aussi une énorme fierté personnelle. J’ai grandi avec ce club, j’allais tous les week-ends au stade et pouvoir fouler cette pelouse avec le maillot du club héraultais sur le dos, c’était un rêve! En plus, cette rencontre s’était bien passée avec une victoire un but à zéro.

Au niveau de mes coéquipiers, Frédéric Mendy m’a beaucoup rassuré en me parlant calmement et en me conseillant.

cEDRIC cAMBON mONTPELLIER

– L’année 2005 est exceptionnelle pour toi d’un point de vue personnel. Après ta première en professionnel, tu remportes le Championnat d’Europe des Nations des -19 ans avec la France et participes aux Jeux de la Francophonie. Peux-tu nous parler de ces deux merveilleux souvenirs?

Le Championnat d’Europe reste un souvenir exceptionnel. C’est ce qui a véritablement lancé ma carrière dans le monde du football.

Je ne devais pas forcément faire la préparation avec le groupe professionnel du MHSC, mais la fédération française de football avait obligé les clubs à nous intégrer au sein des effectifs pour être prêt pour le Championnat d’Europe.

Je n’ai joué qu’un match sur les cinq du tournoi, mais cela fût un magnifique moment. Nous avions une équipe extraordinaire qui avait dominé la compétition de bout en bout sans jamais s’affoler.

Après la compétition, je réintègre le club héraultais et Jean-François Domergue m’explique qu’avec les choses que je viens de vivre, il ne pouvait pas me renvoyer avec l’équipe de CFA, car mentalement cela aurait été trop difficile. Je reste donc avec le groupe professionnel et je signe un contrat Elite avec mon club d’origine. C’est pour cela que je dis que ce Championnat d’Europe m’a permis de devenir un joueur professionnel.

« C’est clairement Michel Mézy qui m’a fait partir de Montpellier »

– Malheureusement, tu ne vas pas réussir à t’imposer à Montpellier et tu ne joueras que vingt-cinq matchs lors des deux saisons suivantes. Comment expliques-tu ce manque de temps de jeu? Quels sont tes meilleurs souvenirs du côté de la Paillade?

Ma dernière saison au sein du MHSC, je joue tous les matchs aller dans une saison difficile et à la trêve l’arrivée de Michel Mézy, en tant que directeur sportif, a changé la donne. Il a modifié toute l’équipe et a remis de nombreux anciens. Je ne joue que deux matchs durant la phase retour et à l’intersaison qui suit, il me fait comprendre qu’il fallait que j’aille voir ailleurs, si je voulais du temps de jeu. C’est la seule chose qui me reste en travers de la gorge durant ma période du côté de la Mosson.

Mon meilleur souvenir c’est d’avoir pu évoluer en professionnel dans le club qui m’a fait grandir et que je supportais durant ma jeunesse.

– Après trois saisons en Ligue 2 avec Montpellier, tu quittes le club et signes en Bulgarie, au Litex Lovech. Pourquoi avoir choisi le club Bulgare? As-tu eu des propositions d’autres clubs?

Comme je n’avais pas disputé beaucoup de rencontres en professionnel, l’offre du Litex Lovech fût la seule que j’ai reçue.

A Montpellier, on m’a fait comprendre qu’il valait mieux que je quitte le club, mais j’avais aussi envie de voir autre chose. Cela faisait quatorze années que j’évoluais à la Paillade et j’avais besoin de me remettre en question.

C’est pour cela que j’ai sauté sur l’occasion de l’exil en Bulgarie, lorsque j’ai eu cette proposition concrète.

– Tu restes deux saisons en Bulgarie, tu connais la Première Division et la Coupe de l’UEFA avec le Litex. Peux-tu nous expliquer ton adaptation à ce championnat que l’on connaît peu? Que retiens-tu de ces deux belles années?

Je me suis vite adapté, car nous étions plusieurs joueurs français au sein du club bulgare. Il y avait notamment Fabien Boudarène qui m’a beaucoup aidé à m’intégrer.

Au niveau de la vie en Bulgarie, c’était assez difficile. Les infrastructures du club étaient dépassées et le pays inévitablement en retard par rapport à la France.

Je n’avais que vingt-et-un ans à l’époque et cette expérience m’a forgé en tant que footballeur et en tant qu’Homme. J’ai appris une autre culture, une façon différente de voir le football et malgré les difficultés, j’ai beaucoup aimé évoluer au Litex. J’y ai tout de même connu la Coupe d’Europe et j’ai étoffé mon palmarès avec la victoire en Coupe de Bulgarie.

– Tu reviens en France et signes à l’Evian Thonon Gaillard qui évolue en National. Pourquoi ne pas avoir continué l’aventure Bulgare? Qu’est-ce qui t’as convaincu de signer à l’ETG?

Je suis rentré en France car ma femme était enceinte et cela aurait été compliqué d’avoir un enfant en Bulgarie.

J’ai failli signer à l’AC Ajaccio qui évoluait en Ligue 2, mais j’ai beaucoup apprécié le projet des dirigeants du club savoyard et j’ai donc naturellement opté pour aller à Evian. Je savais que je mettais les pieds dans un club ambitieux, qui avait pour objectif de monter rapidement en Ligue 2.

cambon etg

– En Savoie, tu vas connaître les deux montées successives du club jusqu’en Ligue 1, en étant un des membres importants de l’ETG. Peux-tu nous raconter l’évolution du club jusqu’au plus haut niveau? Quelles étaient les forces de cet effectif?

Comme je le disais précédemment, les dirigeants ont mis les moyens pour arriver à mettre le club où ils le voulaient. Dès notre montée en Ligue 2, ils ont réussi à recruter entre autres Bertrand Laquait, qui évoluait en Première Division Belge, Cédric Barbosa et Guillaume Rippert.

L’année du National, nous avons survolé le championnat avec un groupe très costaud et vraiment au-dessus des autres équipes. Le seul inconvénient venait des infrastructures qui laissaient à désirer et ce fût difficile de s’adapter pour certains joueurs qui avaient connu le haut-niveau.

L’année qui a suivi, nous nous retrouvons champion de Ligue 2 alors que nous avions pour objectif de pérenniser le club dans cette division.

Cette période de ma carrière a été exceptionnelle. Le groupe vivait très bien et avait des résultats sur le terrain, c’était beaucoup de plaisir d’évoluer avec des mecs comme ça.

« A l’ETG, il y avait une guerre d’égo à la tête du club et cela a créé un climat malsain »

– Tu vas jouer quatre saisons en Ligue 1 avec l’ETG avec en moyenne vingt-cinq matchs par saison. Comment se sont passées ces années en Savoie?

Connaître la Ligue 1 pour un footballeur, c’est quelque chose de fantastique. Quand tu regardes, le dimanche soir, les matchs de Ligue 1 sur Canal + et que tu te dis que la semaine qui suit, tu vas rencontrer ces équipes, c’est juste énorme.

Nous finissons à une très belle neuvième place la première saison et je me retrouve à jouer avec des joueurs comme Sidney Govou, Thomas Kahlenberg, Christian Poulsen, c’était le rêve!

Les premières saisons étaient parfaites, mais je sentais que sur la durée, ce serait difficile de pérenniser l’ETG à ce niveau. Il y avait une telle guerre d’égo à la tête de ce club que ce n’était pas un environnement propice à installer un climat de sérénité. De nombreuses personnes étaient là pour leurs propres intérêts et c’est à cause de cela que le club a coulé. Pourtant, il y avait un cadre de vie qui pouvait attirer de nombreux joueurs et le club s’améliorait en termes d’infrastructures.

– Malgré tes belles performances, ton contrat ne sera pas prolongé et tu vas quitter le club pour signer au Havre en Ligue 2. Pourquoi ne pas avoir prolongé ton contrat à Evian? Pourquoi avoir choisi le HAC?

L’année de notre descente en Ligue 2, je suis en fin de contrat. Je pars en vacances et je n’ai aucun contact avec les dirigeants du club durant toute cette période pour une éventuelle prolongation de contrat. Je n’attendais pas de la reconnaissance car dans le football, cela n’existe pas, mais au moins quelqu’un du club aurait pu me passer un coup de fil pour m’expliquer que l’on ne comptait plus sur moi.

Je n’ai pas reçu de proposition de clubs de Ligue 1, uniquement des contacts avec des équipes de Ligue 2. J’ai choisi Le Havre, car j’ai eu un bon feeling avec les dirigeants et avec le club en général.

– Lors de la saison 2015/2016, vous finissez quatrième de Ligue 2 égalité au nombre de points et au goal average pour un but, avec le troisième Metz, échouant à rien d’une montée en Ligue 1. Qu’est-ce qui vous a manqué pour monter sur le podium? Est-ce la plus grosse déception de ta carrière?

C’était une super année avec un groupe généreux et qui vivait bien. Sur le terrain, les résultats suivaient et c’était vraiment une belle saison. Je prenais du plaisir à l’entraînement et le week-end dans ce club et c’était ça qui était primordial pour moi durant toute ma carrière.

La conclusion fût tout de même une grosse déception. A vingt-huit ans, tu te dis que tu n’auras plus énormément de chances d’évoluer en Ligue 1 et nous avons échoué  pour un seul but!

– L’année dernière, tu disputes vingt-huit matchs de Ligue 2 avec le HAC et vous terminez à la huitième place du championnat. Peux-tu nous parler de cette saison? Penses-tu qu’avoir raté la montée de rien la saison précédente à jouer un rôle pour cette année?

Vue la saison précédente, je pensais que nous allions jouer le titre cette année. Seulement, j’ai vite vu qu’en ratant certains matchs charnières, nous ne jouerions pas la montée.

En fin de saison, nous n’avions plus rien à jouer et ce fût très frustrant par rapport aux objectifs du début de saison.

Entre ces deux saisons, je pense que le départ de Lys Mousset à Bournemouth nous a fait très mal. Il était au dessus du lot et tu t’aperçois que quand il n’est plus là, il te manque un joueur qui te décante des matchs. Nous perdons aussi Joseph Mendes, qui semblait un joueur banal, mais son absence nous a beaucoup fait défaut la saison suivante.

– Cet été, tu as quitté le HAC pour rejoindre Orléans qui évolue en Ligue 2. Pourquoi avoir quitté le club de la Normandie? Qu’est-ce qui t’as plu dans le projet orléanais?

Je suis parti du HAC, car les dirigeants ne comptaient plus sur moi et l’entraîneur me voyait comme une doublure. Lorsque Orléans m’a contacté, je dois avouer que cela ne m’enchantait guère au départ, mais au fil des discussions et de l’intérêt des dirigeants envers moi, j’ai pris la décision de signer chez eux.

Je connaissais Pierre Bouby qui était déjà au club et qui m’a dit beaucoup de bien de la ville, du club et de l’effectif. Je me suis vite rendu compte que j’allais retrouver du plaisir à évoluer dans le Loiret au sein d’un groupe qui me rappelle aujourd’hui mes premières années à l’ETG.

Cedric Cambon Orléans

« Je me verrais bien finir ma carrière à Orléans »

– Cette année tu disputes donc ta première saison avec Orléans. Vous occupez la douzième place du championnat avant la dernière journée de Ligue 2 en ayant obtenu le maintien facilement. Que penses-tu de l’effectif du club cette année? Que peux-tu nous dire sur cette saison du club du Loiret?

C’est un club qui est en pleine structuration, avec un projet ambitieux qui vient de naître. Nous sommes une bonne bande de potes qui prennent du plaisir ensemble. Les résultats ont aidés aussi à cimenter cet effectif et après la trêve de décembre, nous avons fait un excellent parcours. Nous avons rempli les objectifs du club et sur un plan personnel, je pense finir ma carrière à Orléans si on veut encore de moi. (Rires) 

SUR LES JOUEURS QU’IL A COTOYES :

– Cette saison tu as participé à plus de trente matchs de Ligue 2. Quels sont les équipes et les joueurs qui t’ont le plus impressionné cette année?

Le Stade de Reims m’a vraiment impressionné. C’est une véritable machine qui a survolé la saison. C’est pas spectaculaire dans le jeu, mais pendant quatre-vingt dix minutes, ils sont épuisants. Physiquement, c’est très solide et ils sont très efficaces dans les deux surfaces.

J’avais trouvé Sochaux très costaud aussi dans le même style et le Nîmes Olympique.

Le club qui pratique le plus beau jeu, c’est le FC Lorient. Ils te confisquent le ballon et savent quoi en faire lorsqu’ils l’ont dans les pieds.

Au niveau des joueurs, Diego, du Stade de Reims, confirme que c’est un très bon joueur.

– Quels sont tes meilleurs amis dans le milieu du football?

Nicolas Goussé, Bertrand Laquait, que j’ai côtoyé à l’ETG. Il y a aussi Pierre Bouby, que j’ai comme coéquipier à Orléans. J’ai beaucoup de contacts avec Geoffrey Jourdren que j’ai souvent au téléphone.

– Au sein de l’effectif d’Orléans, quel est le joueur qui est le plus « blagueur »? As-tu une ou deux anecdotes à ce sujet?

Karim Ziani. Il est toujours en train de chambrer. Cela peut être sur ta façon de t’habiller ou de te coiffer. Il est très fort parce que dès qu’il se fait allumer, il arrive toujours à redresser la situation.

– Quel est le joueur qui est le « chouchou » de l’entraîneur et qui ne se fait jamais réprimander?

Adrien Monfray. J’avoue aussi que l’entraîneur ne m’embête pas trop non plus! (Rires)

– Quel est le plus râleur?

A ce niveau-là, je suis pas mal du tout! Gauthier Gallon est pas mal non plus!!

– Quel est le joueur le plus technique? Celui qui est le plus physique?

Le plus technique c’est Karim Ziani. Il a du ballon quand même et pour lui prendre, il faut être costaud!

Physiquement, Edson Seidou, notre latéral est extrêmement puissant. Il est très solide.

« Avec Pascal Dupraz, tout est calculé »

– Quelle est la plus grosse « gueulante » de vestiaire à laquelle tu as assisté?

On reçoit Lorient en demi-finale de Coupe de France avec Evian et on mène trois à zéro à la mi-temps. Pascal Dupraz, notre entraîneur à l’époque, rentre comme un fou dans le vestiaire et commence à crier sur tout le monde, surtout sur les jeunes. Les plus expérimentés savaient que c’était pour nous garder sous pression et empêcher qu’on se relâche, mais certains jeunes comprenaient pas du tout et le regardaient avec des yeux ahuris! (Rires). Quand tu connais le personnage, tu sais que tout est calculé!

cEDRIC cAMBON dUPRAZ

– Quels sont les coéquipiers avec qui tu irais sur une île déserte?

Pierre Bouby, Karim Ziani et Gauthier Gallon. Je pense que je ne m’ennuierais pas!

– Un dernier mot pour les lecteurs du Blog De Jayjay?

Je souhaite une longue vie au Blog de Jayjay. On y retrouve des bonnes interviews et ce fût un plaisir de répondre à tes questions.

JayjayEN TETE A TETE AVEC CEDRIC CAMBON

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